«Ton propos.
Les Juifs dirent : “Zayd n’est venu que vaincu.” Osâma raconta : “Je vins jusqu’à être seul avec mon père et lui dis : ‘Est-ce vrai, ce que tu dis ?’ Il répondit : ‘Oui, par Dieu, c’est vrai, ô mon fils.’ Cela me rassura, et je retournai auprès de cet hypocrite pour lui dire : ‘C’est toi qui alarmes les gens au sujet du Messager de Dieu et des musulmans ; nous te livrerons au Messager de Dieu quand il arrivera, et il te fera certainement trancher la tête.’ Il répondit : ‘Je ne fais que rapporter ce que j’ai entendu dire par les gens.’”
Ils dirent ensuite : “On amena les prisonniers, sous la surveillance de Shoukrân, affranchi du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), qui avait déjà combattu avec eux à Badr. Ils étaient quarante-neuf hommes recensés.” Al-Wâqidî (1) déclara : “Ils étaient en réalité soixante-dix, sur quoi il y a unanimité, sans aucun doute.”
Il dit : “Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) rencontra à ar-Rûhâ’ les notables qui le félicitèrent de la victoire que Dieu lui avait accordée. Usayd ibn al-Hudayr lui dit : ‘Ô Messager de Dieu, louange à Dieu qui t’a accordé ce triomphe et réjoui ton regard. Par Dieu, ô Messager de Dieu, je ne me suis pas abstenu de participer à Badr en pensant que tu allais affronter un ennemi ; je croyais plutôt que vous ne feriez qu’intercepter une caravane. Si j’avais su que nous combattrions effectivement un adversaire, je ne me serais pas dérobé.’ Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lui répondit : ‘Tu dis vrai.’”
Ibn Isḥâq (2) rapporta : “Ensuite, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) repartit vers Médine, ramenant avec lui les prisonniers, parmi lesquels ‘Uqbah ibn Abî Mu‘ayṭ et an-Naḍr ibn al-Ḥârith. Il confia la gestion du butin (‘an-nafl’) à ‘Abd Allâh ibn Ka‘b ibn ‘Amr ibn ‘Awf ibn Mabdhûl ibn ‘Amr ibn Ghanm ibn Mâzin ibn an-Najjâr. Un poète parmi les musulmans — d’après Ibn Hishâm, il s’agirait de ‘Adiyy ibn Abî adh-Dhughubâ’ — chanta alors ces vers (rajaz) :
‘Redresse leur poitrail, ô Basbas –
Ce n’est pas sous l’acacia qu’elles feront halte,
Ni dans le désert de Ghamîr qu’elles seront retenues,
Car les montures du peuple ne sont point immobilisées.
Les conduire sur la route est plus avisé.
Dieu a accordé la victoire, et al-Akhnas a fui.’”
Il poursuivit : “Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) quitta le défilé de aṣ-Ṣafrâ’, il fit halte sur une dune entre ce défilé et an-Nâziyya, appelée Siyar, à l’ombre d’un grand arbre. C’est là qu’il répartit, à parts égales, le butin que Dieu avait accordé aux musulmans sur les polythéistes. Puis il se remit en route. Parvenu à ar-Rûhâ’, il croisa d’autres musulmans qui le félicitèrent de la victoire que Dieu lui avait donnée, ainsi qu’aux croyants qui l’accompagnaient. Salama ibn Salama ibn Waqsh leur dit — ainsi que me l’ont rapporté ‘Âsim ibn ‘Umar et Yazîd ibn Rumân : ‘De quoi nous félicitez-vous donc ? Par Dieu, nous n’avons fait que rencontrer de vieilles femmes chauves, semblables à des chamelles attachées, puis nous les avons égorgées.’ Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) sourit, puis déclara : ‘Ô fils de mon frère, c’étaient eux les notables.’” Ibn Hishâm (3) commenta : “Cela signifie qu’il s’agissait des nobles et des dirigeants.”