Ibn Hibbân l’a rapporté dans son « Ṣaḥîḥ » et al-Ḥâkim dans son « Mustadrak », d’après ʿAbd ar-Raḥmân. Al-Ḥâkim déclara : « C’est un ḥadith authentique selon les critères de Muslim, mais ce dernier ne l’a pas recensé »(1).
Abû Dâwud, an-Nassâ’î, Ibn Hibbân et al-Ḥâkim(2) ont également rapporté, par plusieurs voies, d’après Dâwud ibn Abî Hind, d’après ʿIkrimah, d’après Ibn ʿAbbâs qui a dit : « Lors de la journée de Badr, le Messager de Dieu (ﷺ) dit : “Que celui qui fait telle et telle action reçoive telle et telle récompense.” Les jeunes hommes se précipitèrent alors, tandis que les aînés demeurèrent sous les étendards. Puis, quand on procéda au partage du butin, les jeunes réclamèrent ce que le Prophète leur avait promis. Les aînés dirent : “Ne vous accaparez pas tout ! Nous vous soutenions, et si vous aviez reculé, vous seriez revenus vers nous.” Ils se disputèrent, et Dieu fit alors descendre : « Ils t’interrogent au sujet des butins. Dis : “Les butins appartiennent à Dieu et à Son Messager. Craignez Dieu, réconciliez-vous et obéissez à Dieu et à Son Messager si vous êtes croyants.” » [al-Anfâl, 8 : 1]. »
Nous avons déjà mentionné d’autres traditions concernant la cause de la révélation de ce verset, dont l’exposé détaillé serait trop long ici. Le sens général du passage est que les butins (al-anfâl) doivent revenir au jugement de Dieu et de Son Messager, lesquels statuent de la manière la plus avantageuse pour les serviteurs en ce monde et dans l’au-delà. C’est pourquoi Dieu, Exalté soit-Il, a dit : « Les butins appartiennent à Dieu et à Son Messager. Craignez donc Dieu, réconciliez-vous et obéissez à Dieu et à Son Messager si vous êtes croyants. » Il est ensuite question de ce qui advint lors de la bataille de Badr, jusqu’à ce que Dieu dise : « Et sachez que, de tout butin que vous obtenez, le cinquième appartient à Dieu, à Son Messager, à ceux de la parenté, aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs » [al-Anfâl, 8 : 41].
Apparemment, ce verset expose le jugement divin sur les butins, dont Dieu décréta que la décision retourne à Lui et à Son Messager (ﷺ). Dieu l’a clarifié et a statué ainsi pour Ses serviteurs, comme l’a mentionné Ibn Zayd(3)(4). Abû ʿUbayd al-Qâsim ibn Sallâm(5) – qu’Allah lui fasse miséricorde – a prétendu que le Messager de Dieu (ﷺ) aurait d’abord réparti les dépouilles de Badr de manière égale entre tous, sans prélever le cinquième, puis la révélation concernant ce dernier serait par la suite venue abroger la disposition précédente. C’est aussi ce qu’a rapporté al-Wâlibî, d’après Ibn ʿAbbâs, et c’est l’avis de Mujâhid, ʿIkrimah et as-Suddî. Toutefois, il y a matière à réflexion sur ce point, et Dieu sait mieux. En effet, le contexte des versets précédant et suivant le verset relatif au cinquième du butin concerne la bataille de Badr, ce qui laisse entendre que la révélation eut lieu en une seule fois, sans intervalle qui justifierait l’abrogation de certaines dispositions par d’autres. Par ailleurs, dans les deux « Ṣaḥîḥ »(7), d’après ʿAlî – qu’Allah l’agrée – celui-ci raconta, à propos de ses chamelles dont Ḥamzah trancha… « En vérité… »