Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ceux qui sont restés fermes sous les bannières n’ont pas reçu de privilège particulier, contrairement à ce qu’ont pu prétendre certains. Cela n’empêche pas pour autant de prélever le cinquième (khoms) et de le répartir comme il se doit, contrairement à ce que certains savants – parmi lesquels Abū ʿUbayd (1) et d’autres – ont cru comprendre. Dieu est plus savant.

Bien au contraire, le Messager de Dieu (ﷺ) s’était déjà octroyé son sabre Dhu-l-Fiqqār parmi les dépouilles de la bataille de Badr. Ibn Jarīr (2) raconte qu’il choisit également le chameau d’Abū Jahl, qui portait un anneau d’argent dans le nez, et cela avant même de prélever le cinquième.

L’imam Aḥmad (4) a rapporté : « Nous a transmis Muʿāwiya ibn ʿAmr, qui tenait [son récit] d’Abū Isḥāq (5), d’après ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAyyāsh (6) ibn Abī Rabīʿa, d’après Sulaymān ibn Mūsā, d’après Abū Sallām, d’après Abū Umāma, d’après ʿUbāda ibn al-Ṣāmit. Celui-ci dit :

“Nous sommes sortis avec le Prophète (ﷺ), et j’ai participé à la bataille de Badr à ses côtés. Les armées s’affrontèrent et Dieu mit l’ennemi en déroute. Un groupe partit à leur poursuite, pour les disperser et les tuer. Un autre groupe resta près du camp, s’occupant de rassembler et de regrouper les butins. Quant au troisième groupe, il entourait le Messager de Dieu (ﷺ), de peur qu’il ne soit attaqué par surprise. Lorsque la nuit tomba, tous se rejoignirent. Alors, ceux qui avaient réuni le butin dirent : ‘C’est nous qui l’avons amassé et regroupé, personne n’y a droit hormis nous.’ Ceux qui avaient poursuivi l’ennemi répliquèrent : ‘Vous n’avez pas plus de droit que nous, car c’est nous qui avons repoussé et vaincu l’ennemi.’ Ceux qui entouraient le Messager de Dieu (ﷺ) ajoutèrent : ‘Nous avons craint qu’il ne soit attaqué à l’improviste, alors nous sommes restés pour le protéger.’ C’est à ce moment-là que fut révélée la Parole de Dieu : « Ils t’interrogent au sujet des butins. Dis : ‘Les butins appartiennent à Dieu et à Son Messager. Craignez Dieu, réconciliez-vous mutuellement et obéissez à Dieu et à Son Messager, si vous êtes croyants’ » (Sourate al-Anfāl, 8 : 1). Le Messager de Dieu (ﷺ) partagea alors ces butins entre les musulmans. Lorsqu’il effectuait une expédition sur le territoire ennemi, il accordait un quart (en guise d’attribution) et, à son retour, il accordait un tiers, tout en n’aimant pas les attributions (anfāl).” »

Al-Tirmidhī et Ibn Mājah (10) ont également rapporté, par l’intermédiaire de Sufyān al-Thawrī, d’après ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Ḥārith, la fin de ce hadith, et Al-Tirmidhī déclare : « Ce hadith est bon (ḥasan). »

(1) Dans l'édition (ṭ): « ʿUbaidah ». Voir aussi « Kitāb al-Amwāl » d'Abū ʿUbayd, pp. 382‑388. (2) Voir « Taʾrīkh al-Ṭabarī » (2/479). (3) Al-Birrah : un anneau placé dans la chair du nez. C’est ce que dit Ibn al-ʿAthīr dans « An-Nihāyah fī Gharīb al-Ḥadīth wa-l-Athar » (1/122). (4) Rapporté par Aḥmad dans « Al-Musnad » (5/323‑324). C’est un ḥadīth ḥasan (« bon ») selon d’autres. (5) Le texte entre parenthèses est un rajʿa extrait du « Musnad de l’Imām Aḥmad » et son emplacement dans l'édition (ṭ) est : « Thannā Ibn Isḥāq ». (6) Dans les éditions (a) et (ṭ) : « Ibn ʿAbbās », qui est une erreur; la correction est celle mentionnée. Voir « Tahdhīb al-Kamāl » (17/37). (7) Dans l'édition (ṭ) : « ʿalā al-mughnam » (« sur le butin »). (8) Le texte entre parenthèses est une addition tirée du « Musnad de l’Imām Aḥmad ». (9) Dans les éditions (a) et (ṭ) : « bih ». La formulation attestée est celle du « Musnad de l’Imām Aḥmad ». (10) Rapporté par At-Tirmidhī (1561) et Ibn Mājah (2852), c’est un ḥadīth ḥasan.
الذين ثبتوا تحت الرايات، لم يخصّص بها فريقًا منهم ممّن ادّعى التخصيص بها، ولا ينفي هذا تخميسها وصرف الخمس في مواضعه، كما قد يتوهّمه بعض العلماء؛ منهم أبو عبيدٍ (١) وغيره، واللَّه أعلم. بل قد تنفّل رسول اللَّه ﷺ سيفه ذا الفقَّار من مغانم بدرٍ. قال ابن جريرٍ (٢) : وكذا اصطفى جملًا لأبي جهلٍ، كان في أنفه برةٌ (٣) من فضّةٍ، وهذا قبل إخراج الخمس أيضًا. وقال الإمام أحمد (٤) : ثنا معاوية بن عمروٍ، ثنا [أبو إسحاق] (٥) ، عن عبد الرحمن بن الحارث بن عبد اللَّه بن عيّاش (٦) بن أبي ربيعة، عن سليمان بن موسى، عن أبي سلّامٍ، عن أبي أمامة، عن عبادة بن الصّامت قال: خرجنا مع النبيّ ﷺ ، فشهدت معه بدرًا، فالتقى الناس فهزم اللَّه العدوّ، فانطلقت طائفةٌ في آثارهم يهزِمون ويَقتُلون، وأكبّت طائفةٌ على العسكر (٧) يحوزونه ويجمعونه، وأحدقت طائفةٌ برسول اللَّه ﷺ ؛ لا يصيب العَدُوُّ منه غِرَّةً، حتى إذا كان الليل، وفاء الناس بعضهم إلى بعضٍ، قال الذين جمعوا الغنائم: نحن حويناها [وجمعناها] (٨) وليس لأحدٍ فيها نصيبٌ. وقال الذين خرجوا في طلب العدوّ: لستم بأحقّ بها (٩) مِنَّا، نحن نفينا منها العدوّ وهزمناهم. وقال الذين أحدقوا برسول اللَّه ﷺ : خفنا أن يصيب العدوّ منه غِرَّةً؛ فاشتغلنا به. فنزلت: ﴿يَسْأَلُونَكَ عَنِ الْأَنْفَالِ قُلِ الْأَنْفَالُ لِلَّهِ وَالرَّسُولِ فَاتَّقُوا اللَّهَ وَأَصْلِحُوا ذَاتَ بَيْنِكُمْ وَأَطِيعُوا اللَّهَ وَرَسُولَهُ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ﴾ [الأنفال: ١] . فقسمها رسول اللَّه ﷺ بين المسلمين، وكان رسول اللَّه ﷺ إذا أغار في أرض العدوّ نفّل الرّبع، فإذا أقبل راجعًا نفّل الثّلث، وكان يكره الأنفال. وقد روى التّرمذيّ وابن ماجه (١٠) من حديث الثوريّ، عن عبد الرحمن بن الحارث آخره. وقال الترمذيّ: هذا حديثٌ حسنٌ.
(١) في (ط): "عبيدة". وانظر "كتاب الأموال" لأبي عبيد ص (٣٨٢ - ٣٨٨). (٢) انظر "تاريخ الطبري" (٢/ ٤٧٩). (٣) البرة: حَلْقة تجعل في لحم الأنف. قاله ابن الأثير في "النهاية في غريب الحديث والأثر" (١/ ١٢٢). (٤) رواه أحمد في "المسند" (٥/ ٣٢٣ - ٣٢٤). وهو حديث حسن لغيره. (٥) ما بين الحاصرتين مستدرك من "مسند الإمام أحمد" ومكانه في (ط): "ثنا ابن إسحاق". (٦) في (أ) و (ط): "ابن عباس" وهو تصحيف، والصواب ما أثبته، وانظر "تهذيب الكمال" (١٧/ ٣٧). (٧) في (ط): "على المغنم". (٨) ما بين الحاصرتين زيادة من "مسند الإمام أحمد". (٩) في (أ) و (ط): "به". وأثبت لفظ "مسند الإمام أحمد". (١٠) رواه الترمذي (١٥٦١)، وابن ماجه (٢٨٥٢)، وهو حديث حسن.

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