Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Je ne partage pas l’avis d’Abou Bakr, mais je pense plutôt que tu me confies untel – un proche de ‘Omar – afin que je lui tranche le cou, que tu confies ‘Alî à ‘Aqîl pour qu’il lui tranche le cou, et que tu confies untel, le frère de Hamza, à Hamza, pour qu’il lui tranche le cou. Ainsi Dieu saura qu’il n’y a aucune indulgence dans nos cœurs pour les polythéistes, car ceux-ci sont leurs champions, leurs chefs et leurs guides. Mais le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) préféra l’avis d’Abou Bakr et non le mien, et il accepta d’eux la rançon.

Le lendemain, ‘Omar déclara : « Je me rendis au matin chez le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) ainsi que chez Abou Bakr, et je les trouvai tous deux en train de pleurer. Je dis : “Ô Messager de Dieu, informe-moi de ce qui te fait pleurer, toi et ton compagnon. Si je peux trouver un motif de pleurer, je pleurerai ; sinon, je ferai semblant de pleurer en vous voyant pleurer.” Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) répondit : “C’est à cause de la suggestion qu’ont faite tes compagnons, celle de prendre la rançon. Il m’a été montré votre châtiment, proche de cet arbre” – et il s’agissait d’un arbre tout près. » Puis Dieu – Exalté soit-Il – fit descendre : « Il n’appartient pas à un Prophète d’avoir des prisonniers tant qu’il n’a pas prévalu sur la terre. Vous convoitez les biens de ce monde, tandis que Dieu veut l’au-delà. Dieu est Puissant et Sage. N’eût été une prescription préalable de Dieu, un terrible châtiment vous aurait touchés à cause de ce que vous avez pris… » (Coran 8:67-68). Ensuite Il leur rendit licites les dépouilles de guerre, et le texte poursuit.

L’imam Ahmad rapporte : « Abou Ma‘awiya nous transmit, selon Al-A‘mach, d’après ‘Amr ibn Mourra, d’après Abou ‘Oubayda, d’après ‘Abdallah. Il raconta ceci : “Au jour de Badr, le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) dit : ‘Que pensez-vous de ces prisonniers ?’ Abou Bakr répondit : ‘Ô Messager de Dieu, ce sont ton peuple et ta famille. Épargne-les et traite-les avec douceur, peut-être que Dieu leur accordera la repentance.’ ‘Omar répliqua : ‘Ô Messager de Dieu, ils t’ont chassé et t’ont traité de menteur. Rapproche-les de nous et tranchons-leur le cou !’ Quant à ‘Abdallah ibn Rawâha, il dit : ‘Ô Messager de Dieu, repère un vallon bien rempli de bois, fais-les y entrer puis allume un feu pour qu’ils y brûlent.’ Alors Al-‘Abbâs déclara : ‘Tu viens de rompre le lien de parenté !’ Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) rentra sans répondre. Certains dirent : ‘Il adoptera l’avis d’Abou Bakr.’ D’autres : ‘Non, l’avis de ‘Omar.’ Et d’autres encore : ‘Celui d’Abdallah ibn Rawâha.’”

Il (que la paix et le salut soient sur lui) ressortit alors et dit : “Dieu adoucit le cœur de certains hommes à Son service, si bien qu’ils deviennent plus tendres que le lait, tandis qu’Il endurcit le cœur d’autres, leur cœur devenant plus dur que la pierre. Ô Abou Bakr, tu ressembles à Abraham (sur lui la paix) qui a dit : ‘Et quiconque me suit est des miens ; et pour celui qui me désobéit… Tu es, Toi, Absoluteur et Miséricordieux.’ (Coran 14:36). Et tu ressembles aussi à Jésus (sur lui la paix), lorsqu’il dit : ‘Si Tu les punis, ils sont Tes serviteurs ; et si Tu leur pardonnes, c’est Toi le Puissant, le Sage.’ (Coran 5:118). Et toi, ‘Omar, tu ressembles à Noé (sur lui la paix), lorsqu’il dit : ‘Seigneur ! Ne laisse pas sur terre un seul infidèle !’ (Coran 71:26), et aussi à Moïse (sur lui la paix), quand il dit : ‘Ô notre Seigneur ! Anéantis leurs biens, endurcis leurs cœurs et qu’ils ne croient pas avant d’avoir vu le châtiment douloureux.’ (Coran 10:88). Vous êtes dans le besoin, alors que personne ne reste sans s’acquitter d’une rançon ou sans qu’on lui tranche le cou.” »

‘Abdallah conclut : « Je dis : “Ô Messager de Dieu, sauf (peut-être) Souhayl ibn…” »

(1) Ainsi dans (A) « takūn » avec un tāʾ, c’est la lecture de Abū ʿAmr, tandis que les autres ont lu « yakūn » avec un yāʾ, ce qui est rapporté dans (Ṭ). Voir « Ḥujjat al-Qirāʾāt » d’Ibn Mujāhid, p. 313. (2) Rapporté par Aḥmad dans « al-Musnad » (1/383-384), dont la chaîne de transmission est faible. (3) Dans (Ṭ) : « ʿUbaidah ». C’est une erreur ; ce qui est dans (A) correspond à ce qui est dans « Musnad al-Imām Aḥmad », qui mentionne Abū ʿUbaidah ʿĀmir ibn ʿAbdallāh ibn Masʿūd al-Huḏalī. Voir « Tahḏīb al-Kamāl » (14/61). (4) Cela signifie (Ibn Masʿūd) ; et lorsque « ʿAbdallāh » est mentionné seul chez les muhaddithīn, il s’agit de ʿAbdallāh ibn Masʿūd (رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ). (5) Dans « Musnad al-Imām Aḥmad » : « ʾAḍram ». (6) Dans (Ṭ) : « min al-līn ».
ما أرى ما رأى أبو بكرٍ، ولكن أرى أن تمكّنني من فلانٍ -قريبٍ لعمر- فأضرب عنقه، وتمكّن عليًّا من عقيلٍ فيضرب عنقه، وتمكّن حمزة من فلانٍ أخيه فيضرب عنقه، حتى يعلم اللَّه أنّه ليست في قلوبنا هوادةٌ للمشركين، وهؤلاء صناديدهم وأئمتهم وقادتهم. فهويَ رسول اللَّه ﷺ ما قال أبو بكرٍ، ولم يهوَ ما قلت، وأخذ منهم الفداء، فلمّا كان من الغد قال عمر: فغدوت إلى النبيّ ﷺ وأبي بكرٍ وهما يبكيان، فقلت: يا رسول اللَّه، أخبرني ماذا يبكيك أنت وصاحبك، فإن وجدتُ بكاءً بكيت، وإن لم أجد بكاءً تباكيت لبكائكما؟ فقال رسول اللَّه ﷺ : "لِلّذي عرض عليّ أصحابك من أخذهم الفداء، قد عُرض عليّ عذابكم أدنى من هذه الشّجرة" -لشجرةٍ قريبةٍ- وأنزل اللَّه تعالى: ﴿مَا كَانَ لِنَبِيٍّ أَنْ تكون (١) لَهُ أَسْرَى حَتَّى يُثْخِنَ فِي الْأَرْضِ تُرِيدُونَ عَرَضَ الدُّنْيَا وَاللَّهُ يُرِيدُ الْآخِرَةَ وَاللَّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌ (٦٧) لَوْلَا كِتَابٌ مِنَ اللَّهِ سَبَقَ لَمَسَّكُمْ فِيمَا أَخَذْتُمْ﴾ من الفداء، ثم أحلّ لهم الغنائم، وذكر تمام الحديث. وقال الإمام أحمد (٢) : حدّثنا أبو معاوية، حدّثنا الأعمش، عن عمرو بن مرّة، عن أبي عبيدة (٣) ، عن عبد اللَّه (٤) قال: لما كان يوم بدرٍ، قال رسول اللَّه ﷺ : "ما تقولون في هؤلاء الأسرى؟ " قال: فقال أبو بكرٍ: يا رسول اللَّه، قومك وأهلك، استبقهم واستأن بهم؛ لعلّ اللَّه أن يتوب عليهم. قال: وقال عمر: يا رسول اللَّه، أخرجوك وكذّبوك، قرّبهم فاضرب أعناقهم. قال: وقال عبد اللَّه بن رواحة: يا رسول اللَّه، انظر واديًا كثير الحطب فأدخلهم فيه ثم أضرمه (٥) عليهم نارًا. فقال العباس: قطعت رحمك. قال: فدخل رسول اللَّه ﷺ ولم يردّ عليهم شيئًا، فقال ناسٌ: يأخذ بقول أبي بكرٍ. وفال ناسٌ: يأخذ بقول عمر. وقال ناسٌ: يأخذ بقول عبد اللَّه بن رواحة، فخرج عليهم فقال: "إنّ اللَّه ليُلين قلوب رجالٍ فيه حتّى تكون ألين من اللّبن (٦) ، وإنّ اللَّه ليشدّ قلوب رجالٍ فيه حتّى تكون أشدّ من الحجارة، وإنّ مثلك يا أبا بكرٍ، كمثل إبراهيم، (عليه السلام) ، قال: ﴿فَمَنْ تَبِعَنِي فَإِنَّهُ مِنِّي وَمَنْ عَصَانِي فَإِنَّكَ غَفُورٌ رَحِيمٌ﴾. ومثلك يا أبا بكرٍ كمثل عيسى، قال: ﴿إِنْ تُعَذِّبْهُمْ فَإِنَّهُمْ عِبَادُكَ وَإِنْ تَغْفِرْ لَهُمْ فَإِنَّكَ أَنْتَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ﴾ وإنّ مثلك يا عمر كمثل نوحٍ، قال: ﴿رَبِّ لَا تَذَرْ عَلَى الْأَرْضِ مِنَ الْكَافِرِينَ دَيَّارًا﴾ وإنّ مثلك يا عمر كمثل موسى، قال: ﴿رَبَّنَا اطْمِسْ عَلَى أَمْوَالِهِمْ وَاشْدُدْ عَلَى قُلُوبِهِمْ فَلَا يُؤْمِنُوا حَتَّى يَرَوُا الْعَذَابَ الْأَلِيمَ﴾ أنتم عالةٌ، فلا يبقينَّ أحدٌ إلّا بفداءٍ أو ضربة عنقٍ. قال عبد اللَّه: فقلت: يا رسول اللَّه، إلا سهيل بن
(١) كذا في (أ) "تكون" بالتاء وهي قراءة أبي عمرو، وقرأ الباقون "يكون" بالياء وهو ما جاء في (ط) انظر "حجة القراءات" لابن مجاهد ص (٣١٣). (٢) رواه أحمد في "المسند" (١/ ٣٨٣ و ٣٨٤)، وإسناده ضعيف. (٣) في "ط": "عبيدة". وهو خطأ وما جاء في (أ) موافق لما في "مسند الإمام أحمد" وهو أبو عبيدة عامر بن عبد اللَّه بن مسعود الهذلي. انظر "تهذيب الكمال" (١٤/ ٦١). (٤) يعني (ابن مسعود) وإذا أطلق (عبد اللَّه) عند المُحدِّثين فالمعني بذلك (عبد اللَّه بن مسعود ﵁ . (٥) في "مسند الإمام أحمد": "أضرم". (٦) في (ط): "من اللين".

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