Rapporté également par Muslim (1), d’après Hudba Ibn Khalid, d’après Hammad Ibn Salama, avec la même chaîne de transmission.
Ibn Ishaq (2) a dit : « Hassan Ibn Thabit (3) a déclaré :
[vers du mètre al-wafir]
• “J’ai reconnu les demeures de Zaynab à al-Kathib,
Tel un trait de la révélation sur un parchemin neuf.
• Les vents se sont relayés sur ces lieux, tandis que chaque nuée noire
De la saison des pluies s’y répandait à torrents.
• Les traces en sont désormais effacées, et voilà qu’elles sont désertes
Après que l’aimé qui y demeurait les a quittées.
• Cesse donc de te rappeler cela chaque jour
Et apaise l’ardeur de ce cœur affligé.
• Annonce plutôt, avec véracité et sans défaut,
Ce que ne saurait annoncer le menteur.
• Raconte ce que le Souverain accomplit, à l’aube de Badr,
Pour nous accorder notre part sur les polythéistes.
• En ce matin où leur troupeau semblait être comme (le mont) Hirâ’,
Dont on aperçoit la base quand tombe le crépuscule.
• Nous les avons affrontés avec nos forces,
Tels des lions des forêts, jeunes et vieux confondus.
• Derrière Muhammad, ils l’ont soutenu
Contre ses ennemis, au plus fort de la bataille.
• Leurs mains brandissaient des sabres effilés ;
Chacun d’eux était un combattant aguerri, solide sur ses appuis.
• Les fils d’al-Aws, guerriers valeureux, épaulés
Par les fils an-Najjâr dans cette religion inébranlable.
• Nous avons laissé Abû Jahl gisant,
Et nous avons abandonné ‘Utba dans la plaine ouverte.
• Quant à Shayba, nous l’avons laissé parmi ceux qui
Possédaient un lignage noble aux yeux des gens.
• Le Messager de Dieu les interpella, lorsque nous les jetâmes
Un à un dans la citerne.
• ‘N’avez-vous pas constaté que mes propos étaient véridiques ?
Le Décret de Dieu, certes, agit sur les cœurs.’
• Ils ne répondirent pas, mais s’ils avaient parlé, ils auraient dit :
‘Tu as dit vrai, et tes décisions étaient justes.’”
Ibn Ishaq (5) a également rapporté : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) ordonna de jeter les cadavres dans la citerne, ‘Utba Ibn Rabi‘a fut saisi et traîné jusque-là, puis, selon ce qui m’est parvenu, le Messager de Dieu (ﷺ) posa le regard sur le visage d’Abou Hudhayfa Ibn ‘Utba. Celui-ci semblait abattu et son teint avait changé. Le Prophète (ﷺ) lui dit alors : “Ô Abou Hudhayfa (6), se peut-il qu’un sentiment t’ait envahi au sujet de ton père ?” — ou des paroles similaires prononcées par le Messager de Dieu (ﷺ).
Abou Hudhayfa répondit : “Non, par Dieu, ô Messager de Dieu ! Je n’ai jamais eu le moindre doute concernant mon père ni au sujet de la manière dont il a fini. Seulement, je connaissais chez lui la raison, la sagesse et de grandes qualités…”.”