Al-Bukhârî (1) a rapporté : « ʿAbd Allâh ibn Muḥammad nous a informés, ayant entendu Rūḥ ibn ʿUbâda, lequel reçut le hadith de Saʿīd ibn Abî ʿArūba, d’après Qatâda qui dit : “Anas ibn Mâlik nous a rapporté, de la part d’Abû Ṭalḥa, que le Messager de Dieu (ﷺ) ordonna, le jour de Badr, de jeter vingt-quatre hommes parmi les principaux notables de Quraysh dans l’un des puits (2) de Badr, un puits mauvais et repoussant. Lorsque le Prophète (ﷺ) triomphait d’un peuple, il séjournait sur le champ de bataille pendant trois nuits. Ainsi, le troisième jour à Badr, il commanda que l’on prépare sa monture en y fixant la selle, puis il s’en alla, suivi de ses Compagnons, qui se dirent : ‘Il ne part que pour régler un besoin quelconque.’ Il se tint alors au bord du puits (3) et se mit à les interpeller en citant leurs noms et ceux de leurs pères : ‘Ô untel, fils d’untel ! Ô untel, fils d’untel ! Vous plairait-il d’avoir obéi à Dieu et à Son Messager ? Car nous avons bel et bien trouvé la promesse que notre Seigneur nous avait faite ; avez-vous trouvé la promesse que votre Seigneur vous avait faite, véridique ?’” »
ʿUmar s’exclama : « Ô Messager de Dieu, comment parles-tu à des corps qui n’ont plus d’âmes ? » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Par Celui qui tient l’âme de Muḥammad dans Sa main, vous n’entendez pas mieux ce que je dis qu’eux. »
Qatâda (4) dit alors : « Dieu leur a rendu la vie afin qu’ils entendent Ses paroles, en guise de réprimande, de rabaissement, de châtiment, de chagrin et de regret. » Ce hadith fut rapporté par l’ensemble des auteurs (à l’exception d’Ibn Mâjah) selon plusieurs chaînes de transmission, d’après Saʿīd ibn Abî ʿArūba (5).
Imâm Aḥmad (6) transmit également ce récit par l’intermédiaire de Yûnus ibn Muḥammad al-Muʾaddib, puis de Shaybân ibn ʿAbd al-Raḥmân, lui-même le tenant de Qatâda, qui dit : « Anas ibn Mâlik a rapporté... »; il mentionna un hadith similaire, sans évoquer Abû Ṭalḥa. Cette chaîne de transmission est authentique, mais la première est plus solide et plus explicite. Dieu est plus savant.
Imâm Aḥmad (7) raconta : « ʿAffân nous rapporta, que Ḥammâd le reçut de Thâbit, lequel le reçut d’Anas : ‘Le Messager de Dieu (ﷺ) laissa les morts de Badr trois jours, jusqu’à ce qu’ils commencent à se décomposer. Puis il se rendit auprès d’eux, se dressa au-dessus de leurs corps et s’écria : “Ô Umayya ibn Khalaf, ô Abû Jahl ibn Hishâm, ô ʿUtba ibn Rabîʿa, ô Shayba ibn Rabîʿa ! Avez-vous trouvé ce que votre Seigneur vous avait promis, véridique ? Pour ma part, j’ai bel et bien trouvé que la promesse que mon Seigneur m’avait faite est vraie.”’” »
Anas poursuit : « ʿUmar entendit alors sa voix et dit : “Ô Messager de Dieu, les appelles-tu après trois jours ? Peux-tu leur faire entendre ?” Or Dieu – Exalté soit-Il – dit : “En vérité, tu ne peux faire entendre les morts.” (Coran, 27:80) » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, vous n’entendez pas mieux ce que je dis qu’eux, mais ils ne peuvent pas répondre. »