Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Chapitre : Une autre histoire qui lui ressemble.

Al-Bayhaqī (1) a dit : « Je suis Abū ʿAbd Allāh al-Ḥāfiẓ, j’ai reçu le récit de Muḥammad b. Ṣāliḥ, qui le tenait de al-Faḍl b. Muḥammad al-Shaʽrānī, lequel déclara : “Ibrāhīm b. al-Mundhir nous informa, et ʿAbd al-ʿAzīz b. ʿImrān me raconta : Rafaʿa b. Yaḥyā m’a transmis, d’après Muʿādh b. Rafaʿa b. Rāfiʿ, d’après son père, Rafaʿa b. Rāfiʿ b. Mālik, qui tenait cela de son propre père : lorsqu’arriva le jour de Badr, les gens se rassemblèrent autour d’Umaiyya (2) b. Khalaf. Je m’approchai de lui et j’aperçus une partie de sa cotte de mailles qui s’était déchirée sous son aisselle. Je le frappai alors d’un coup d’épée à cet endroit, un coup qui le trancha en deux (3). Ce jour-là, à Badr, on me décocha une flèche qui me creva un œil ; le Messager de Dieu (ﷺ) y cracha et invoqua Dieu en ma faveur, et je n’en fus plus jamais incommodé. Ce récit, bien que rare par cette voie, possède une chaîne de transmission solide, et ils (les compilateurs) ne l’ont pas inclus (4). »

Al-Ṭabarānī l’a également rapporté d’après le hadith d’Ibrāhīm b. al-Mundhir.

Ibn Hishām dit (5) : « Abū Bakr appela son fils ʿAbd al-Raḥmān, lequel était encore du côté des polythéistes, car il n’avait pas encore embrassé l’islam, et il lui dit : “Où est mon bien, espèce de malfaisant ?” Alors ʿAbd al-Raḥmān répondit par ce vers de rajas :

« Il ne reste qu’une lance acérée et un fier destrier.
Et une épée qui abat les vieillards égarés. »

Il voulait dire qu’il ne lui restait plus que son équipement de guerre et son cheval — qu’on appelle le « yaʿbūb » —, sur lequel il combattait les “vieux de l’égarement”. Il proféra ces paroles alors qu’il était encore mécréant.

Nous avons également rapporté dans les Maghāzī d’al-Umawī que, le jour de Badr, le Messager de Dieu (ﷺ) marchait en compagnie d’Abū Bakr al-Ṣiddīq parmi les tués, tandis qu’il (ﷺ) récitait :

[Vers de la mètre al-ṭawīl]

« Nous brisons les crânes… »

Et Abū Bakr al-Ṣiddīq (6) ajoutait :

« … de ces hommes puissants contre nous,
Alors qu’ils étaient les plus rebelles et les plus injustes. »

(1) Voir « Dalāʾil al-Nubuwwa » (3/100). (2) Dans les éditions (A) et (Ṭ) : « Abī ». La correction est tirée de « Dalāʾil al-Nubuwwa ». (3) Le mot « Qaṭʿtuhu » a été omis dans l’édition (Ṭ). (4) Voir « al-Mustadrak ʿalā al-Ṣaḥīḥayn » (3/232). Al-Ḥāfiẓ al-Dhahabī a dit dans son résumé : ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿImrān est contredit. (5) Voir « al-Sīra al-Nabawiyya » d’Ibn Hichām (1/638). (6) Abū Bakr complète ce que le Messager de Dieu (paix et bénédictions soient sur lui) a dit du poème de Ḥuṣayn ibn al-Ḥammām. Voir « al-Shiʿr wa al-Shuʿarāʾ » (2/648). Le hadith est mentionné par l’auteur dans son « Tafsīr » (3/565‑566).
فصل قصةٌ أُخرى شبيهةٌ بها قال البيهقيُّ (١) : أنا أبو عبد اللَّه الحافظُ، أنا محمدُ بنُ صالحٍ، أنا الفضلُ بنُ محمدٍ الشّعرانيُّ، ثنا إبراهيمُ بنُ المنذر، أخبرنا عبدُ العزيز بنُ عمران، حدّثني رفاعةُ بنُ يحيى، عن مُعاذ بن رفاعة بن رافعٍ، عن أبيه رفاعة بن رافع بن مالكٍ، عن أبيه قال: لمّا كان يومُ بدرٍ تجمّع الناسُ على أُميّة (٢) بن خلفٍ، فأقبلتُ إليه، فنظرتُ إلى قطعةٍ من درعه قد انقطعت من تحت إبطه. قال: فطعنتُه بالسيف فيها طعنةً قَطَعَتْهُ (٣) ، ورُميتُ بسهمٍ يوم بدرٍ، ففُقئت عيني فبصق فيها رسولُ اللَّه ﷺ ودعا لي، فما آذاني منها شيءٌ. وهذا غريبٌ من هذا الوجه، وإسنادُه جيّدٌ، ولم يُخرجُوه (٤) . ورواه الطّبرانيُّ من حديث إبراهيم بن المُنذر. قال ابنُ هشامٍ (٥) : ونادى أبو بكرٍ ابنه عبد الرحمن وهو يومئذٍ مع المشركين لم يُسلم بعدُ، فقال: أين مالي يا خبيثُ؟ فقال عبدُ الرحمن: [من الرجز] لم يبق إلا شكّةٌ ويعبُوبْ … وصارمٌ يقتُلُ ضُلّال الشّيبْ يعني لم يبق إلّا عُدّةُ الحرب، وحِصانٌ -وهو اليعبُوبُ- يقاتلُ عليه شيوخ الضلالة، هذا يقولُه في حال كفره. وقد روينا في "مغازي الأمويّ" أنّ رسول اللَّه ﷺ جعل يمشي يوم بدرٍ هو وأبو بكرٍ الصّدّيقُ بين القتلى، ورسولُ اللَّه ﷺ يقولُ: [من الطويل] نُفلّقُ هامًا. . . . … . . . . . . . . . . . . فيقولُ الصديقُ (٦) : . . . من رجالٍ أعزّةٍ … علينا وهم كانوا أعقَّ وأظلما
(١) انظر "دلائل النبوة" (٣/ ١٠٠). (٢) في (أ) و (ط): "أبي". والتصحيح من "دلائل النبوة". (٣) لفظ "قطعته" سقط من (ط). (٤) انظر "المستدرك على الصحيحين" (٣/ ٢٣٢)، وقال الحافظ الذهبي في تلخيصه: عبد العزيز بن عمران ضعّفوه. (٥) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٣٨). (٦) يكمل أبو بكر ﵁ ما قاله رسول اللَّه ﷺ من شعر حصين بن الحمام. انظر "الشعر والشعراء" (٢/ ٦٤٨). والحديث ذكره المؤلف في "تفسيره" (٣/ ٥٦٥ - ٥٦٦).

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