Il l’attaquait comme un taureau chargeant de sa corne (1); je me suis donc écarté, et son cousin ʿAlī s’est alors avancé pour le tuer.
Ibn Isḥāq rapporte (2) : « Le jour de Badr, ʿUkkāsha ibn Miḥṣan ibn Ḥurthān al-Asadī, allié des Banū ʿAbd Shams, combattit avec son épée jusqu’à ce qu’elle se brise dans sa main. Il se rendit alors auprès du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), qui lui donna un morceau de bois en disant : “Combat avec ceci, ô ʿUkkāsha.” Lorsqu’il le reçut du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), il l’agita, et cela redevint une épée dans sa main : longue, solide, d’un blanc éclatant. Il se battit avec elle jusqu’à ce que Dieu accorde la victoire aux musulmans. On appelait cette épée “al-ʿawn” (l’assistance). ʿUkkāsha la conserva par la suite et assista à d’autres batailles aux côtés du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), jusqu’à ce que Ṭulayḥa al-Asadī le tue durant les jours de l’apostasie (al-ridda). À ce propos, Ṭulayḥa composa un poème dont voici un vers :
[du mètre al-ṭawīl]
“Le jour où je laissai Ibn Aqram gisant… Et ʿUkkāsha al-Ghanmī au champ de bataille.”
Par la suite, Ṭulayḥa embrassa l’islam, comme cela sera précisé.
Ibn Isḥāq dit encore (3) : « ʿUkkāsha est celui qui, lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) annonça à sa communauté que soixante-dix mille d’entre eux entreraient au Paradis sans jugement (4) ni châtiment, demanda : “Invoque Dieu pour qu’Il fasse de moi l’un d’eux.” Le Prophète répondit : “Ô Dieu, fais qu’il soit des leurs.” Ce ḥadith est rapporté dans les recueils reconnus comme “ṣaḥīḥ” et “ḥasan”, et dans d’autres (5).
Ibn Isḥāq poursuit (6) : « Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), d’après ce qui m’est parvenu, a dit : “Parmi nous se trouve le meilleur cavalier des Arabes.” Ils demandèrent : “Qui est-ce, ô Messager de Dieu ?” Il répondit : “ʿUkkāsha ibn Miḥṣan.” Alors Ḍirār ibn al-Azwar al-Asadī dit : “Cet homme est des nôtres, ô Messager de Dieu.” Il répliqua : “Il n’est pas des vôtres, mais il est des nôtres (7).” » (en raison de son alliance).
Al-Bayhaqī a rapporté (8), par l’intermédiaire d’al-Ḥākim, à partir de la chaîne de transmission de Muḥammad ibn ʿUmar al-Wāqidī, qui dit : « ʿUmar ibn ʿUthmān al-Jaḥshī (9) m’a informé, selon son père, d’après sa tante, qu’elle avait entendu ʿUkkāsha ibn Miḥṣan dire : “Mon épée s’est brisée le jour de Badr ; le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) m’a alors donné un bâton, et celui-ci s’est transformé en une épée longue et blanche. Je l’ai utilisée au combat jusqu’à ce que Dieu mette les polythéistes en déroute, et elle resta auprès de moi jusqu’à ma mort.””