Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

D’après ʿAbd Allāh ibn Abī Awfā, le Messager d’Allah (ﷺ) accomplit deux unités de prière le jour où il reçut la bonne nouvelle de la tête d’Abū Jahl.

Ibn Abī al-Dunyā (1) rapporta : « Mon père nous a rapporté, nous dit Hushaym (2), qui l’a tenu de Mujālid, lui-même le tenant d’al-Shaʿbī, qu’un homme vint dire au Messager d’Allah (ﷺ) : “Je suis passé près de Badr et j’ai vu un homme surgir de terre. Un autre homme, muni d’une massue, le frappait jusqu’à ce qu’il retourne sous terre, puis il réapparaissait, et son persécuteur recommençait la même chose plusieurs fois.” Le Messager d’Allah (ﷺ) répondit : “C’est Abū Jahl ibn Hishām, châtié ainsi jusqu’au Jour de la Résurrection.” »

Al-Umawī déclare, dans son livre « al-Maghāzī » : « J’ai entendu mon père dire : “Mujālid ibn Saʿīd nous a rapporté, d’après ʿĀmir, qu’un homme vint informer le Messager d’Allah (ﷺ) : ‘J’ai vu un homme assis à Badr, et un autre qui le frappait sur la tête avec une barre de fer, au point qu’il s’enfonçait dans la terre.’ Le Messager d’Allah (ﷺ) dit : ‘C’est Abū Jahl. Un ange est chargé de le tourmenter chaque fois qu’il sort de terre. Il restera ainsi secoué (3) jusqu’au Jour de la Résurrection.’” (4)

Al-Bukhārī (5) rapporta : « ʿUbayd ibn Ismāʿīl nous raconta qu’Abū Usāma, d’après Hishām, lui-même d’après son père, transmit ces propos d’al-Zubayr : “Le jour de Badr, je me suis retrouvé face à ʿUbayda ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣ, qui était équipé d’une lourde armure, si bien que seuls ses yeux étaient visibles. Il se faisait appeler Abū Dhāt al-Karsh. Il s’exclama : ‘[C’est moi] (6) Abū Dhāt al-Karsh !’ Alors je me suis élancé contre lui avec une ‘anaza (une lance courte), et je l’ai transpercé à l’œil, ce qui l’a tué.” Hishām ajouta : “On m’a rapporté qu’al-Zubayr a dit : ‘J’ai posé mon pied sur lui, puis j’ai dû déployer toute ma force pour extraire ma lance, car elle était difficile à retirer et ses deux extrémités s’étaient courbées.’”

ʿUrwa raconta : « Le Messager d’Allah (ﷺ) demanda alors à al-Zubayr de lui donner cette lance [c’est-à-dire la ‘anaza] (7), et il la lui remit. À la mort du Messager d’Allah (ﷺ), al-Zubayr la reprit. Quand Abū Bakr la lui demanda, il la lui confia. À la mort d’Abū Bakr, ʿUmar voulut la récupérer, et al-Zubayr la lui donna. Lorsqu’ʿUmar mourut, al-Zubayr la reprit à nouveau. Ensuite, ʿUthmān la lui réclama ; il la lui confia. Puis, lorsque ʿUthmān fut tué, elle resta auprès de la famille de ʿAlī. Plus tard, ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr la réclama et la conserva jusqu’à sa propre mort.”

Ibn Hishām (8) rapporta : « Abū ʿUbayda et d’autres connaisseurs des campagnes militaires (maghāzī) m’ont informé que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb déclara à Saʿīd ibn al-ʿĀṣ, alors qu’il passait devant lui : “Je perçois que tu nourris un sentiment intérieur, comme si tu pensais que c’est moi qui ai tué ton père. Sache que si je l’avais effectivement tué, je ne m’en excuserais nullement. En vérité, c’est mon oncle maternel, al-ʿĀṣ ibn Hishām ibn al-Mughīra, que j’ai tué. Quant à ton père, je l’ai seulement croisé alors qu’il était…””

(1) Il est également rapporté par al-Bayhaqî dans "Dalāʾil al-Nubuwwa" (3/89-90), dont la chaîne de transmission est faible. (2) Dans les versions (A) et (T), il est écrit « Hichâm », ce qui est une erreur ; la bonne version est celle qu'il a établie. Voir "Tahdhīb al-Kamāl" (30/272) et (27/219). (3) Cela signifie : il s'enfonce dans la terre lorsqu'il est englouti. Voir "al-Nihāya" (1/284). (4) Sa chaîne de transmission est faible. (5) Rapporté par al-Bukhārī (n°3998). (6) Le mot « anā » (je) est omis dans (A) et attesté dans (T). (7) Le mot « iyyāhā » (la) est omis dans (A) et attesté dans (T). (8) Voir "Sīra al-Nabawiyya" d'Ibn Hisâm (1/636-637).
عبد اللَّه بن أبي أوفى، أنّ رسول اللَّه ﷺ صلّى يوم بُشِّر برأس أبي جهلٍ ركعتين. وقال ابنُ أبي الدُّنيا (١) : حدّثنا أبي، حدّثنا هُشيمٌ (٢) ، أخبرنا مُجالدٌ، عن الشّعبيّ، أنّ رجلًا قال لرسول اللَّه ﷺ : إنّي مررتُ ببدرٍ فرأيتُ رجلًا يَخْرُجُ من الأرض، فيضربُه رجلٌ بمقمعةٍ معه حتى يغيب في الأرض، ثُم يخرُجُ فيفعلُ به مثل ذلك مرارًا. فقال رسولُ اللَّه ﷺ : "ذاك أبو جهل بنُ هشامٍ يُعذّبُ إلى يوم القيامة" . وقال الأُمويُّ في "مغازيه" : سمعتُ أبي، ثنا المُجالدُ بنُ سعيدٍ، عن عامرٍ قال: جاء رجلٌ إلى رسول اللَّه ﷺ فقال: إنّي رأيتُ رجلًا جالسًا في بدر، ورجلٌ يضربُ رأسه بعمودٍ من حديدٍ، حتى يغيب في الأرض. فقال رسولُ اللَّه ﷺ : "ذاك أبو جهل، وُكّل به ملَكٌ يفعلُ به كلّما خرج، فهو يتجلجلُ (٣) فيها إلى يوم القيامة" (٤) . وقال البخاريُّ (٥) : حدّثنا عُبيدُ بنُ إسماعيل، ثنا أبو أُسامة، عن هشامٍ، عن أبيه قال: قال الزُّبيرُ: لقيتُ يوم بدرٍ عُبيدة بن سعيدٍ بن العاص، وهو مُدجّجٌ لا يُرى منه إلّا عيناه، وهو يُكنى أبا ذات الكرش، فقال: [أنا] (٦) أبو ذات الكرش. فحملتُ عليه بعنَزةٍ، فطعنتُه في عينه فمات. قال هشامٌ: فأُخبرتُ أنّ الزُّبير قال: لقد وضعتُ رجلي عليه، ثُم تمطّيتُ فكان الجهد أن نزعتُها، وقد انثنى طرفاها. قال عُروةُ: فسأله إيّاها رسولُ اللَّه ﷺ فأعطاه [إيَّاها] (٧) ، فلمّا قُبض رسولُ اللَّه ﷺ أخذها، ثُم طلبها أبو بكرٍ، فأعطاه، فلمّا قُبض أبو بكرٍ سألها إيّاه عمرُ، فأعطاه إيّاها، فلمّا قُبض عمرُ أخذها، ثُم طلبها عثمانُ منه، فأعطاه إيّاها، فلمّا قُتل عثمانُ وقعت عند آل عليٍّ، فطلبها عبدُ اللَّه بنُ الزُّبير، فكانت عنده حتى قُتل. وقال ابنُ هشامٍ (٨) : حدّثني أبو عُبيدة وغيرُه من أهل العلم بالمغازي، أنّ عُمر بن الخطاب قال لسعيد بن العاص، ومرّ به: إنّي أراك كأنّ في نفسك شيئًا، أراك تظُنُّ أنّي قتلتُ أباك، إنّي لو قتلتُه لم أعتذر إليك من قتله، ولكني قتلتُ خالي العاص بن هشام بن المُغيرة، فأمّا أبوك فإنّي مررتُ به وهو
(١) ورواه أيضًا البيهقي في "دلائل النبوة" (٣/ ٨٩ - ٩٠)، وإسناده ضعيف. (٢) في (أ) و (ط): "هشام" وهو خطأ، والصواب ما أثبته وانظر "تهذيب الكمال" (٣٠/ ٢٧٢) و (٢٧/ ٢١٩). (٣) أي: يغوص في الأرض حين يخسف به. انظر "النهاية" (١/ ٢٨٤). (٤) وإسناده ضعيف. (٥) رواه البخاري (٣٩٩٨). (٦) لفظ "أنا" سقط من (أ) وأثبته من (ط). (٧) لفظ "إياها" سقط (أ) وأثبته من (ط). (٨) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٣٦ - ٦٣٧).

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