Al-Bukhârî (1) a dit : « Yaʿqūb ibn Ibrâhîm nous a rapporté, [en disant] : “Ibrâhîm ibn Saʿd nous a rapporté, d’après son père, d’après son grand-père, qui a dit : ʿAbd al-Raḥmân a déclaré : ‘Je me trouvais dans le rang le jour de Badr, et, en me retournant à droite et à gauche, je vis deux jeunes gens d’un âge encore tendre, si bien que je n’étais pas sûr de pouvoir compter sur eux. L’un d’eux me dit alors en secret, à l’insu de son compagnon : « Mon oncle, montre-moi Abû Jahl ! » Je lui demandai : « Mon neveu, que veux-tu faire de lui ? » Il répondit : « J’ai fait un pacte avec Dieu : si je le vois, je le tuerai ou je mourrai (en tentant de le tuer). » L’autre me fit la même requête en secret, à l’insu de son compagnon. Je fus heureux de ne pas me trouver entre deux hommes à leur place. Je leur désignai donc Abû Jahl, et ils se précipitèrent sur lui tels deux faucons et le frappèrent. Il s’agissait des deux fils de ʿAfra.” »
Dans les deux Ṣaḥîḥ (2), selon un ḥadîth rapporté par Sulaymân al-Taymî, d’après Anas ibn Mâlik, le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de bénédiction et de salut) a dit : « Qui ira voir ce qu’il est advenu d’Abû Jahl ? » Ibn Masʿûd répondit : « Moi, ô Messager de Dieu. » Il s’en alla donc et le trouva déjà frappé à mort par les deux fils de ʿAfra. Il raconta : « J’ai attrapé sa barbe et j’ai dit : “Es-tu Abû Jahl ?” » Il répondit : « Quel rang y a-t-il plus élevé pour un homme que vous avez tué ? » (ou : « un homme tué par son propre peuple »).
Al-Bukhârî (3) rapporte également, selon Abû Usâma, d’après Ismâʿîl, d’après Qays (4), d’après Ibn Masʿûd, que ce dernier trouva Abû Jahl et lui dit : « Dieu t’a couvert d’ignominie. » (5) Abû Jahl répondit : « Quelle ignominie y a-t-il pour un homme que son propre peuple a tué ? »
Al-Aʿmash (6) rapporte, d’après Abû Isḥâq, d’après Abû ʿUbayda, d’après ʿAbd Allâh, que ce dernier a dit : « Je suis parvenu jusqu’à Abû Jahl, qui gisait déjà au sol, coiffé d’un casque, tenant une bonne épée tandis que la mienne était de moindre qualité. Je me mis à frapper son crâne, me rappelant les coups qu’il m’avait donnés à la tête à La Mecque, jusqu’à ce que sa main s’affaiblisse et que je saisisse son épée. Il releva alors la tête et dit : “À qui la victoire ? À nous ou à eux ? N’es-tu pas celui qui gardait nos moutons à La Mecque ?” Je l’ai alors tué, puis je suis allé trouver le Prophète (que Dieu le couvre de bénédiction et de salut) pour lui annoncer : “J’ai tué Abû Jahl.” Il demanda : “Par Dieu, Celui en dehors de qui il n’y a point de divinité ?” Il me fit jurer trois fois, puis il se leva, vint avec moi et invoqua une malédiction sur ses ennemis. »
L’imâm Aḥmad (7) rapporte : « Wakîʿ nous a transmis, [en disant] : “Isra’îl nous a rapporté, d’après Abû Isḥâq, d’après Abû ʿUbayda, qui a dit : ʿAbd Allâh a raconté : ‘Le jour de Badr, je suis arrivé auprès d’Abû Jahl, dont on avait déjà frappé la jambe (8), et il était gisant tout en repoussant les gens avec son épée. Je lui ai alors dit : “Louange à Dieu qui t’a humilié, ô ennemi de Dieu !” Il répondit : “Ne suis-je qu’un homme que son propre peuple a tué ?” Puis je me suis mis à…” »