Bilal sortit alors et se posta devant un groupe d’Ansâr, puis il s’écria : « Umayya ibn Khalaf ?! Je ne survivrai pas s’il s’en sort vivant ! » Un groupe d’Ansâr se lança donc à notre poursuite. Lorsque je craignis qu’ils ne nous rattrapent, je fis en sorte de leur livrer son fils pour les occuper, et ils le tuèrent. Puis ils nous rejoignirent. C’était un homme corpulent, et lorsqu’ils nous eurent rejoints, je lui dis : « Mets-toi à genoux. » Il s’agenouilla et je me jetai sur lui pour le protéger, mais ils le transpercèrent de leurs épées en dessous de moi jusqu’à ce qu’ils le tuent. L’un d’entre eux me porta aussi un coup d’épée à la jambe. ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAwf nous montrait la trace de cette blessure (1) sur le dos de son pied.
Yūsuf tenait son récit de Ṣāliḥ, et Ibrâhîm de son père. Al-Bukhârî est le seul, parmi tous (les rapporteurs), à avoir transmis ce récit. Dans le Musnad de Rafaʿa ibn Râfiʿ (2), il est dit que c’est lui (3) qui tua Umayya ibn Khalaf.
• Le meurtre d’Abû Jahl, qu’Allah le maudisse.
Ibn Hishâm (4) rapporte : Ce jour-là, Abû Jahl avança en chantonnant [tandis qu’il combattait] (5) et disait [sous forme de rajaz] :
« Qu’a donc cette guerre acharnée à me reprocher ?
Vieil homme vigoureux depuis deux ans, je viens à peine d’entrer dans ma force,
C’est pour ce genre d’occasion que ma mère m’a enfanté. »
Ibn Isḥâq (6) déclare : Lorsque l’Envoyé d’Allah (ﷺ) en eut fini avec son ennemi, il ordonna qu’on cherche Abû Jahl parmi les corps. Le premier qui l’aperçut, ainsi que me l’a rapporté Thawr ibn Zayd, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbâs — et ʿAbd Allâh ibn Abî Bakr me l’a également mentionné — dirent ceci : « Muʿâdh ibn ʿAmr ibn al-Jamûḥ, le frère des Banû Salama, raconta : “J’entendis des gens, Abû Jahl se trouvait là comme retranché (7), et ils disaient : ‘Abû l-Ḥakam est hors de portée !’ Lorsque j’entendis cela, je me mis en tête de l’atteindre. Je le vis et, quand ce fut possible, je l’attaquai et lui assénai un coup qui lui trancha le pied au milieu du mollet. Par Allah, je ne l’ai comparé, quand elle a volé, qu’à un noyau qui jaillit d’un pilon quand on écrase les noyaux.’ » Il poursuivit : « Son fils ʿIkrima me frappa alors à l’épaule, et mon bras ne tenait plus qu’à un lambeau de peau sur mon flanc. Malgré cela, je continuai de combattre presque toute la journée en le traînant derrière moi. Quand il m’importuna, je le piétinai et m’en écartai brusquement jusqu’à m’en séparer. » — (Ajout d’Ibn …)