Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit :
« J’ai répondu : “Oui.” »

Il reprit : « Ainsi, lorsque je passais devant lui, il m’interpellait en disant : “Ô ‘Abd al-Ilâh !” Je lui répondais et je discutais avec lui, jusqu’au jour de Badr. Je passai alors devant lui, tandis qu’il se tenait avec son fils ‘Alî, la main de celui-ci dans la sienne.

J’avais sur moi des cottes de mailles que j’avais prises (comme butin) et que je transportais. Lorsqu’il me vit, il m’appela : “Ô ‘Abd ‘Amr !” Mais je ne lui répondis pas. Il dit alors : “Ô ‘Abd al-Ilâh !” Je lui dis : “Oui ?” Il demanda : “Veux-tu me prendre (avec toi) ? Je vaux mieux pour toi que ces cottes de mailles que tu portes.” Je lui répondis : “Oui, par Dieu [c’en est ainsi] (1).” Alors je jetai mes cottes de mailles, et je pris sa main ainsi que celle de son fils, tandis qu’il disait : “Je n’ai jamais vu de journée comme celle-ci. Ne voudriez-vous pas du lait (2) ?” Puis je partis en marchant avec eux.

Ibn Isḥâq (3) a rapporté : on m’a transmis, d’après ‘Abd al-Wâḥid ibn Abî ‘Awn, lui-même le tenant de Sa‘d ibn Ibrâhîm, qui le tenait de son père, d’après ‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Awf, celui-ci ayant dit : « Umayya ibn Khalaf me dit, alors que je me trouvais entre lui et son fils, les tenant tous deux par la main : “Ô ‘Abd al-Ilâh, qui est donc cet homme parmi vous, marqué d’une plume d’autruche sur sa poitrine ?” Je répondis : “C’est Ḥamza.” Il me dit : “C’est lui qui nous a infligé tant de maux.” »

‘Abd al-Raḥmân poursuit : « Par Dieu, je les emmenais, quand Bilâl me vit avec eux — or c’était lui que Umayya avait torturé à la Mecque pour l’empêcher (d’embrasser) l’Islam. Dès qu’il le remarqua, il s’écria : “Voici la tête de l’incrédulité, Umayya ibn Khalaf ! Je ne survivrai pas s’il survit !” Je lui dis : “Ô Bilâl, ce sont mes prisonniers !” Il répliqua : “Je ne survivrai pas s’il survit !” Puis il cria de toutes ses forces : “Ô vous les Anṣâr de Dieu ! Voici la tête de l’incrédulité, Umayya ibn Khalaf ! Je ne survivrai pas s’il survit !” Ils nous cernèrent alors, de sorte qu’ils nous emprisonnèrent comme dans un filet (5). Je cherchais à les repousser.

Alors, un homme retourna son sabre et frappa le fils (d’Umayya) à la jambe, qui tomba. Umayya poussa un cri comme je n’en avais jamais entendu de pareil. Je lui dis : “Sauve ta vie tant que tu peux, car par Dieu, je ne peux rien faire de plus pour toi.” Finalement, ils les abattirent (6) à coups d’épée jusqu’à ce qu’ils en aient fini. ‘Abd al-Raḥmân disait : “Que Dieu fasse miséricorde à Bilâl ! Il m’a fait perdre mes cottes de mailles et mes deux prisonniers.” »

C’est ainsi que al-Bukhârî le rapporte dans son « Ṣaḥîḥ » (7) avec un récit comparable à celui-ci. Il dit dans (le Livre de) al-Wikâlah : « Nous a rapporté ‘Abd al-‘Azîz — c’est ‘Abd Allâh —, nous a rapporté Yûsuf — c’est Ibn al-Mâjishûn — d’après Ṣâliḥ ibn Ibrâhîm ibn ‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Awf, d’après son père, d’après son grand-père ‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Awf, qui a dit : “J’avais conclu un pacte écrit avec Umayya ibn Khalaf selon lequel il me protégerait en ce qui concerne mes faibles (8) à la Mecque, et de mon côté, je le protégerais pour ce qui concerne les siens à Médine. Mais lorsque je mentionnai (le nom) ar-Raḥmân (Le Tout-Miséricordieux), il dit : ‘Je ne connais pas ar-Raḥmân ; rédige plutôt ce pacte en utilisant le nom que tu portais à l’époque de la Jâhiliyyah.’ C’est ainsi que je le conclus sous le nom de ‘Abd ‘Amr. Quand vint le jour de Badr, je me dirigeai vers la montagne pour le protéger durant le sommeil des gens, et c’est alors qu’il l’aperçut…” »

(1) Le texte entre les doubles parenthèses est un complément tiré de la "Sīra nabawiyya" d'Ibn Hichām, et dans le "Tārīkh al-Ṭabarī" : "Viens donc". (2) Ibn Hichām explique : par "le lait", il entend que celui qui m'a capturé, je me suis racheté auprès de lui avec de nombreux chameaux laitiers. Voir la "Sīra nabawiyya" (1/631). (3) Voir la "Sīra nabawiyya" d'Ibn Hichām (1/632). (4) Le texte entre les doubles parenthèses est un complément tiré de la "Sīra nabawiyya" d'Ibn Hichām (1/632). (5) C'est-à-dire : ils nous ont enfermés dans un cercle comme un bracelet et nous ont encerclés. "An-Nihāya" (4/331). (6) C'est-à-dire : ils leur ont tranché la chair. Voir le "Sharḥ Gharīb as-Sīra" (2/37-38). (7) Rapporté par al-Bukhārī, n° (2301). (8) "Aṣ-Ṣāghiya" : avec un ṣād sans point et un ghayn emphatique, désignant spécifiquement l'homme. Tiré de "Fatḥ al-Bārī" d'Ibn Ḥajar al-’Asqalānī (5/248).
قال: قلتُ: نعم. قال: فكنتُ إذا مررتُ به قال: يا عبد الإله. فأجيبُه فأتحدّثُ معه، حتى إذا كان يومُ بدرٍ، مررتُ به وهو واقفٌ مع ابنه عليٍّ، وهو آخذ بيده. قال: ومعي أدراعٌ لي قد استلبتُها، فأنا أحملُها، فلمّا رآني قال: يا عبد عمروٍ. فلم أُجبه. فقال: يا عبد الإله. فقلتُ: نعم. قال: هل لك فيّ، فأنا خيرٌ لك من هذه الأدراع التي معك؟ قال: قلتُ: نعم، ها اللَّه [ذا] (١) . قال: فطرحتُ الأدراعُ من يدي، وأخذتُ بيده وبيد ابنه، وهو يقولُ: ما رأيتُ كاليوم قطُ، أما لكم حاجةٌ في اللَّبن (٢) ؟ ثُم خرجت أمشي بهما. قال ابنُ إسحاق (٣) : حدّثني عبدُ الواحد بنُ أبي عونٍ، عن سعد بن إبراهيم، عن أبيه، عن عبد الرحمن بن عوفٍ قال: قال لي أُميّةُ بنُ خلفٍ وأنا بينه وبين ابنه آخذٌ بأيديهما: يا عبد الإله، من الرجلُ منكم، المُعلَمُ بريشة نعامةٍ في صدره؟ قال: قلتُ: حمزةُ. قال: ذاك الذي فعل بنا الأفاعيل. قال عبدُ الرحمن: فواللَّه إنّي لأقُودُهما إذ رآه بلالٌ معي؛ وكان هو الذي يُعذّبُ بلالًا بمكّة على [ترك] (٤) الإسلام، فلمّا رآه قال: رأسُ الكُفر أُميّةُ بنُ خلفٍ، لا نجوتُ إن نجا. قال: قلتُ: أي بلالُ، أسيريَّ؟. قال: لا نجوتُ إن نجا. قال: ثُم صرخ بأعلى صوته: يا أنصار اللَّه، رأسُ الكفر أُميّةُ بن خلفٍ، لا نجوتُ إن نجا. فأحاطُوا بنا حتى جعلُونا في مثل المَسَكَةِ (٥) ، فأنا أذُبُّ عنه. قال: فأخلف رجلٌ السيف، فضرب رجل ابنه فوقع، وصاح أُميّةُ صيحة ما سمعتُ بمثلها قطُّ. قال: قلتُ: انجُ بنفسك ولا نجاء، فواللَّه ما أُغني عنك شيئًا. قال: فهبرُوهما (٦) بأسيافهم حتى فرغُوا منهما. قال: فكان عبدُ الرحمن يقولُ: يرحمُ اللَّه بلالًا، فجعني بأدراعي وبأسيريّ. وهكذا رواه البخاريُّ في "صحيحه" (٧) قريبًا من هذا السّياق، فقال في الوكالة: حدّثنا عبدُ العزيز، هو ابنُ عبد اللَّه -حدّثنا يوسفُ- هو ابنُ الماجشُون عن صالح بن إبراهيم بن عبد الرحمن بن عوفٍ، عن أبيه، عن جدّه عبد الرحمن بن عوفٍ قال: كاتبتُ أُميّة بن خلفٍ كتابًا بأن يحفظني في صاغيتي (٨) بمكة، وأحفظه في صاغيته بالمدينة، فلمّا ذكرتُ الرحمن قال: لا أعرفُ الرحمن، كاتبني باسمك الذي كان في الجاهليّة. فكاتبتُه عبد عمروٍ، فلمّا كان يومُ بدرٍ، خرجتُ إلى جبل لأُحرزه حين نام الناسُ، فأبصره
(١) ما بين الحاصرتين مستدرك من "السيرة النبوية" لابن هشام، وفي "تاريخ الطبري": "هلم إذًا". (٢) قال ابن هشام: يريد باللبن: أن من أسرني افتديت منه بإبل كثيرة اللبن. انظر "السيرة النبوية" (١/ ٦٣١). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٣٢). (٤) ما بين الحاصرتين مستدرك من "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٣٢). (٥) أي: جعلونا في حلقة كالسوار، وأحدقوا بنا. "النهاية" (٤/ ٣٣١). (٦) أي: قطعوا لحمهما. انظر "شرح غريب السيرة" (٢/ ٣٧ - ٣٨). (٧) رواه البخاري رقم (٢٣٠١). (٨) الصاغية: بصاد مهملة وغين معجمة، خاصة الرجل. عن "فتح الباري" لابن حجر العسقلاني (٥/ ٢٤٨).

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