Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Des hommes parmi les Anṣâr se tenaient à la porte de l’abri, leurs épées à la main, craignant qu’un groupe de polythéistes ne revienne vers le Prophète ﷺ.

Ibn Isḥāq (1) a dit : « Lorsque les hommes mirent la main sur leurs ennemis pour faire des prisonniers, le Messager de Dieu ﷺ, selon ce que l’on m’a rapporté, perçut sur le visage de Saʿd ibn Muʿâdh qu’il réprouvait ce que faisaient les gens. Il lui dit : “On dirait, ô Saʿd, que tu désapprouves ce qu’ils font ?” Saʿd répondit : “Oui, par Dieu, ô Messager de Dieu : c’était la première bataille que Dieu infligeait aux idolâtres, et pour moi, les frapper sans relâche m’était plus cher que de garder des hommes en vie.” »

Ibn Isḥāq (2) a également rapporté, selon un récit transmis par ʿAbbâs ibn ʿAbd Allâh ibn Maʿbad, passant par certains membres de sa famille jusqu’à ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs, que le Prophète ﷺ déclara ce jour-là à ses compagnons : « Je sais que des hommes de Banû Hâshim et d’autres encore ont été contraints de sortir pour combattre, sans aucun désir de nous affronter. Ainsi, que celui qui rencontre l’un des Banû Hâshim ne le tue pas ! Que celui qui rencontre Abû al-Bakhtarî ibn Hishâm ibn al-Ḥârith ibn Asad ne le tue pas non plus ! Et que celui qui rencontre al-ʿAbbâs ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, l’oncle du Messager de Dieu ﷺ, ne le tue pas, car lui aussi est sorti contre son gré. »

Alors Abû Ḥudhayfa ibn ʿUtba ibn Rabîʿa dit : « Allons-nous tuer nos pères, nos fils et nos frères, et épargner al-ʿAbbâs ? Par Dieu, si je le rencontre, je le frapperai de mon épée ! » Lorsque ces paroles parvinrent au Messager de Dieu ﷺ, il s’adressa à ʿUmar : « Ô Abû Ḥafṣ ! » — ʿUmar raconte : « Par Dieu, ce fut le premier jour où le Messager de Dieu ﷺ m’appela “Abû Ḥafṣ”. Pourrait-on frapper de l’épée le visage de l’oncle du Messager de Dieu ? » — Puis il ajouta : « Ô Messager de Dieu, permets-moi de lui trancher le cou, car, par Dieu, il a bien montré son hypocrisie. » Abû Ḥudhayfa reprit alors : « Je ne me sens pas en sécurité à cause de la parole que j’ai prononcée ce jour-là, et je ne cesserai de la redouter qu’en la rachetant par le martyre. » Il fut tué en martyr à la bataille d’al-Yamâma — qu’Allah lui accorde Sa miséricorde.

Le sort d’Abû al-Bakhtarî ibn Hishâm

Ibn Isḥāq (3) a rapporté que si le Messager de Dieu ﷺ avait interdit de tuer Abû al-Bakhtarî, c’est parce que, durant le séjour du Prophète à La Mecque, il s’était abstenu de le malmener, et l’on ne savait rien de lui qui pût déplaire. De plus, il fut l’un de ceux qui se levèrent pour annuler la “Feuille” (le pacte qui imposait le boycott). Or, lors du combat, Abû al-Bakhtarî rencontra al-Mujadhdar ibn Dhiyâd al-Balawî, l’allié des Anṣâr, qui lui dit : « Le Messager de Dieu ﷺ nous a défendu de te tuer. » Abû al-Bakhtarî voyageait alors avec un compagnon, Jûnâda ibn Mulayḥa, de la tribu de Layth. Abû al-Bakhtarî demanda : « Et qu’en est-il de mon compagnon ? » Al-Mujadhdar répondit : « Non, par Dieu ! Nous n’avons reçu l’ordre d’épargner que toi seul. » Il répliqua : « Par Dieu, alors nous mourrons tous les deux ensemble, pour que les femmes de Quraysh à La Mecque ne puissent dire de moi que j’ai abandonné mon compagnon par désir de rester en vie. » Abû al-Bakhtarî engagea alors le combat contre al-Mujadhdar et s’exclama (en vers de rajaz) :

[Vers de rajaz]

(1) Voir "La Sirah du Prophète" d'Ibn Hichâm (1/628). (2) Voir "La Sirah du Prophète" d'Ibn Hichâm (1/628-629). (3) Voir "La Sirah du Prophète" d'Ibn Hichâm (1/629-630).
من الأنصار على باب العريش ومعهم السيوفُ؛ خيفة أن تكُرّ راجعةٌ من المشركين إلى النبيّ ﷺ . قال ابنُ إسحاق (١) : ولمّا وضع القومُ أيديهم يأسرُون، رأى رسولُ اللَّه ﷺ ، فيما ذُكر لي، في وجه سعد بن مُعاذٍ الكراهية لما يصنعُ الناسُ، فقال له: "كأنّي بك يا سعدُ تكرهُ ما يصنعُ القومُ؟ " . قال: أجل واللَّه يا رسول اللَّه، كانت أول وقعةٍ أوقعها اللَّه بأهل الشرك، فكان الإثخانُ في القتل أحبّ إليّ من استبقاء الرجال. قال ابنُ إسحاق (٢) : وحدثني العباسُ بنُ عبد اللَّه بن معبَدٍ، عن بعض أهله، عن عبد اللَّه بن عباسٍ، أنّ النبيّ ﷺ قال لأصحابه يومئذٍ: "إنّي قد عرفتُ أنّ رجالًا من بني هاشم وغيرهم قد أُخرجُوا كرهًا، لا حاجة لهم بقتالنا، فمن لقي منكم أحدًا من بني هاشمٍ فلا يقتُله، ومن لقي أبا البَختريّ بن هشام بن الحارث بن أسدٍ فلا يقتُله، ومن لقي العباس بن عبد المطلب عمّ رسول اللَّه ﷺ فلا يقتُله، فإنه إنّما خرج مستكرهًا" . فقال أبو حُذيفة بنُ عُتبة بن ربيعة: أنقتلُ آباءنا وأبناءنا وإخواننا ونترُكُ العباس، واللَّه لئن لقيتُه لألحمنّه بالسيف. فبلغت رسول اللَّه ﷺ فقال لعُمر: "يا أبا حفصٍ، قال عُمرُ: واللَّه إنّه لأولُ يومٍ كنّاني فيه رسولُ اللَّه ﷺ بأبي حفصٍ، أيُضربُ وجهُ عمّ رسول اللَّه بالسيف؟ " . فقال عمرُ: يا رسول اللَّه، دعني فلأْضربْ عنقه بالسيف، فواللَّه لقد نافق. فقال أبو حُذيفة: ما أنا بآمنٍ من تلك الكلمة التي قُلتُ يومئذٍ، ولا أزالُ منها خائفًا إلّا أن تُكفّرها عنّي الشهادةُ، فقُتل يوم اليمامة شهيدًا، (رضي الله عنه) . مقتلُ أبي البختريّ بن هشامٍ قال ابنُ إسحاق (٣) : وإنّما نهى رسولُ اللَّه ﷺ عن قتل أبي البختريّ؛ لأنّه كان أكفّ القوم عن رسول اللَّه ﷺ وهو بمكة، كان لا يُؤذيه ولا يبلُغُه عنه شيءٌ يكرهُه، وكان ممن قام في نقض الصحيفة، فلقيه المُجذّرُ بنُ ذيادٍ البلويُّ حليفُ الأنصار فقال له: إنّ رسول اللَّه ﷺ نهانا عن قتلك. ومع أبي البختريّ زميلٌ له خرج معه من مكة، وهو جُنادةُ بنُ مُليحة، وهو من بني ليثٍ. قال: وزميلي؟ فقال له المُجذّرُ: لا واللَّه، ما نحنُ بتاركي زميلك، ما أمرنا رسولُ اللَّه إلّا بك وحدك. قال: لا واللَّه، إذًا لأمُوتنّ أنا وهو جميعًا، لا يتحدّثُ عنّي نساءُ قريش مكّة أنّي تركتُ زميلي حرصًا على الحياة. وقال أبو البختريّ وهو يُنازلُ المُجذّر: [من الرجز]
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٢٨). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٢٨ - ٦٢٩). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٢٩ - ٦٣٠).

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