Le récit relatif à Surâqa ibn Mâlik ibn Juʿshum. Et le Diable dit aux polythéistes : « Personne ne peut vous vaincre aujourd’hui parmi les gens, et assurément je suis votre protecteur » (Al-Anfâl, v. 48).
Lorsque les gens se mirent en rangs, Abû Jahl déclara : « Ô Dieu, accorde la victoire à celui qui est le plus digne de la vérité. » Alors, le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) leva les mains et dit : « Ô Seigneur, si ce groupe est anéanti, Tu ne seras plus jamais adoré sur terre. »
Puis Gabriel (Jibrîl) lui dit : « Prends une poignée de terre. » Il en prit alors une et la lança sur leurs visages. Il n’y eut pas un seul polythéiste qui ne fut atteint de cette poussière dans les yeux, les narines et la bouche, si bien qu’ils prirent la fuite. Gabriel se dirigea ensuite vers Iblis, et quand ce dernier le vit — alors qu’il tenait la main d’un homme parmi les polythéistes — il libéra sa main et s’enfuit avec ses troupes. L’homme s’écria : « Ô Surâqa, n’affirmais-tu pas que tu nous protégerais ? » Il répondit : « En vérité, je vois ce que vous ne voyez pas. Je crains Dieu ; Dieu est sévère en punition » (Al-Anfâl, v. 48). C’est à ce moment qu’il vit les anges. Ce hadith est rapporté par al-Bayhaqî dans “Dalâ’il”.
At-Tabarânî rapporta également (1) : « Masʿadah ibn Saʿd al-ʿAttâr nous a transmis, Ibrahim ibn al-Mundhir al-Hizâmî nous a transmis, ʿAbd al-ʿAzîz ibn ʿImrân nous a transmis, Hishâm ibn Saʿd nous a transmis d’après ʿAbd Rabbih ibn Saʿîd ibn Qays al-Ansârî, d’après Rifâʿah ibn Râfiʿ, qui a dit : “Lorsque Iblis vit ce que les anges infligeaient aux polythéistes le jour de Badr, il craignit que le massacre ne l’atteigne. Al-Hârith ibn Hishâm le saisit alors, pensant qu’il s’agissait de Surâqa ibn Mâlik. Iblis frappa la poitrine d’al-Hârith et le renversa, puis s’enfuit en courant jusqu’à se jeter dans la mer, levant les mains et disant : ‘Ô Dieu, je Te demande Ton indulgence à mon égard.’ Il craignait d’être tué. Abû Jahl arriva et dit : ‘Ô gens, ne soyez pas troublés (2) par le lâchage de Surâqa ibn Mâlik, car il avait un accord avec Muhammad. Ne soyez pas non plus troublés par la mort de Shaybah, ʿUtbah et al-Walîd : ils ont simplement été devancés. Par al-Lât et al-ʿUzzâ, nous ne rebrousserons pas chemin tant que nous ne les aurons pas dispersés dans les montagnes (3). Que je ne trouve personne parmi vous qui en ait tué un seul. Arrêtez-les tous afin de leur faire comprendre la gravité de leur acte : ils vous ont quittés et ont renié al-Lât et al-ʿUzzâ.’” »
Puis Abû Jahl récita à titre d’exemple (dans un poème en rajaz) : « Qu’est-ce que la guerre fougueuse me reproche ? Je suis comme une chamelle de deux ans, aux dents toutes neuves ; c’est pour ce genre de choses que ma mère m’a enfanté. »
Al-Wâqidî rapporta (4), d’après Mûsâ ibn Yaʿqûb az-Zamʿî, [d’après son oncle] (5), d’après Abû Bakr ibn Abî Sulaymân ibn (6) Abî Hithmah : « J’ai entendu Marwân ibn al-Hakam interroger Hakîm ibn Hizâm au sujet du jour de Badr, et le vieillard répugnait à [en parler]. »