L’imam Aḥmad (1) a dit : « Yazīd ibn Hārūn nous a rapporté, (en disant) : Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté, qui m’a informé, d’après az-Zuhrī, d’après ‘Abd Allāh ibn Tha‘labah, qu’Abū Jahl déclara lorsque les deux camps se rencontrèrent : “Ô Dieu, que celui qui est le plus coupable de rupture des liens de parenté et qui nous est venu avec ce que nous ne connaissons pas – anéantis-le ce matin.” C’est ainsi qu’il fut celui qui invoqua la sentence divine en premier. Ibn Isḥāq a également mentionné ce fait dans sa Sīra (2). »
An-Nasā’ī (3) l’a aussi rapporté, selon la chaîne de transmission de Ṣāliḥ ibn Kaysān, d’après az-Zuhrī. Al-Ḥākim (4) l’a rapporté d’après az-Zuhrī également, puis il a jugé ce ḥadīth « authentique selon les conditions des deux Shaykhs » (al-Bukhārī et Muslim), bien qu’ils ne l’aient pas consigné.
Al-Umawī (5) a dit : « Asbāṭ ibn Muḥammad al-Qurashī nous a rapporté, d’après Muṭarraf, d’après ‘Aṭiyyah, au sujet de ce verset : ﴿إِنْ تَسْتَفْتِحُوا فَقَدْ جَاءَكُمُ الْفَتْحُ﴾ (Si vous demandez la sentence (ou la victoire), eh bien la voici qui vous est venue). Il raconta : “Abū Jahl s’était écrié : ‘Ô Dieu, accorde la victoire au groupe le plus puissant, à la tribu la plus noble et à la faction la plus nombreuse.’ C’est alors que ce verset fut révélé : ﴿إِنْ تَسْتَفْتِحُوا فَقَدْ جَاءَكُمُ الْفَتْحُ﴾.” »
‘Alī ibn Abī Ṭalḥah (6) a rapporté, d’après Ibn ‘Abbās, au sujet de la parole divine ﴿وَإِذْ يَعِدُكُمُ اللَّهُ إِحْدَى الطَّائِفَتَيْنِ أَنَّهَا لَكُمْ﴾ (al-Anfāl, 7) : « La caravane des gens de La Mecque se rendait en Syrie. Les habitants de Médine en furent informés, alors ils sortirent, le Messager de Dieu ﷺ étant avec eux, dans l’intention d’intercepter la caravane. Les gens de La Mecque l’apprirent à leur tour et se hâtèrent de rejoindre la caravane pour qu’elle ne tombe pas aux mains du Prophète ﷺ et de ses Compagnons. La caravane arriva avant que le Messager de Dieu ﷺ ne puisse la saisir. Or Dieu leur avait promis l’une des deux parties (la caravane ou l’armée). Ils préféraient rencontrer la caravane. De son côté, le Messager de Dieu ﷺ avança avec les musulmans pour affronter la troupe (mecquoise). Les compagnons répugnaient ce combat à cause de la force ennemie. Le Prophète ﷺ et les musulmans s’arrêtèrent : entre eux et l’eau se trouvait un terrain sablonneux légèrement élevé (rāmla di‘ṣah) (7). Les musulmans furent alors touchés par une grande faiblesse, et le diable jeta la colère dans leurs cœurs, leur susurrant : “Vous prétendez être les alliés de Dieu, avec Son Envoyé parmi vous, pourtant les polythéistes vous ont devancés à la source… Est-ce cela votre situation ?” »
« Alors Dieu fit tomber sur eux une forte pluie, dont ils burent et avec laquelle ils se purifièrent. Dieu dissipa ainsi leurs impuretés diaboliques, et le sable se raffermit, permettant aux hommes comme aux montures d’avancer. Ils se mirent donc en route à la rencontre de l’ennemi, et Dieu (8) soutint Son Prophète ﷺ et les croyants avec mille anges. Jibrīl (Gabriel) était à la tête de cinq cents anges, disposés d’un côté, et Mīkā’īl (Michaël) était à la tête de cinq cents autres, disposés de l’autre. Quant à Iblīs, il arriva avec une troupe de démons portant sa bannière (9), sous l’apparence d’hommes de Banū Mudlij, tandis que le diable… »