«Qui t’a fait prisonnier ?»
Je répondis : «Je ne le connais pas.» Et je répugnais à lui faire part de ce que j’avais vu. Alors le Messager de Dieu (ﷺ) dit : «C’est un ange parmi les anges qui t’a fait prisonnier. Va, ô Ibn ‘Awf, avec ton prisonnier.»
Al-Waqidî (1) a rapporté : «‘Â’idh ibn Yaḥyâ m’a raconté, d’Abû l-Ḥuwayrith, d’après ‘Umâra ibn Uqayma, d’après Ḥakîm ibn Ḥizâm, qui a dit : “Je nous ai vus le jour de Badr, alors qu’un ‘bijâd’ (3) était tombé du ciel dans la vallée de Khalṣ (2), bouchant ainsi l’horizon. Soudain, la vallée s’emplissait de fourmis (4). Il me vint à l’esprit que c’était là quelque secours céleste apporté à Muḥammad, et il ne s’ensuivit rien d’autre qu’une défaite pour l’ennemi et la rencontre avec les anges.”»
Ishâq ibn Râhûyah (5) a dit : «Wahb ibn Jarîr ibn Ḥâzim nous a rapporté, d’après son père, d’après Muḥammad ibn Isḥâq, qui tenait de son père, d’après Jubayr ibn Muṭ‘im : “Avant même la défaite de l’ennemi, tandis que les hommes combattaient, j’ai vu comme un ‘bijâd’ noir qui descendait du ciel, semblable à des fourmis noires. Je n’ai pas douté qu’il s’agissait des anges. Il ne s’ensuivit qu’une défaite pour l’ennemi.”»
Lorsque les anges descendirent pour leur prêter secours et que le Messager de Dieu (ﷺ) les vit, il s’assoupit légèrement puis se réveilla et annonça à Abû Bakr : «Réjouis-toi, Abû Bakr. Voici Jibrîl qui mène son cheval, la poussière couvrant ses dents !» — signifiant la poussière du champ de bataille. Ensuite, le Messager de Dieu (ﷺ) sortit de l’abri, vêtu de sa cuirasse, incitant à combattre et annonçant aux gens la bonne nouvelle du Paradis. Il fortifiait leur courage par la descente des anges. Les combattants étaient toujours en rang sans avoir encore chargé l’ennemi ; ils ressentaient la quiétude et la tranquillité. La somnolence les gagna, signe de paix, de fermeté et de foi, comme l’évoque le verset (6) : «(7) Quand Il vous enveloppait de sommeil comme une sécurité de Sa part…» [Al-Anfâl : 11].
Il en fut ainsi plus tard, le jour de Uḥud, selon le texte explicite du Coran, et c’est pourquoi Ibn Mas‘ûd (8) a dit : «La somnolence en position de combat procède de la foi, tandis que la somnolence en prière relève de l’hypocrisie.»
Dieu — Exalté soit-Il — dit encore (9) : «Si vous implorez la victoire, la voilà certes qui vous est venue ! Mais si vous cessez (les hostilités), cela vous sera meilleur. Et si vous y revenez, Nous reviendrons. Et votre troupe, même nombreuse, ne vous servira à rien. Car Dieu est avec les croyants.» [Al-Anfâl : 19].