Al-Waqidî déclara (1) : « ʿAbd Allâh ibn Mûsâ ibn Abî Umayya m’a rapporté, d’après Muṣʿab ibn ʿAbd Allâh, d’après un affranchi (mawlā) de Suhayl ibn ʿAmr, que j’ai entendu Suhayl ibn ʿAmr dire : “Le jour de Badr, j’ai vu des hommes d’un blanc éclatant, chevauchant des chevaux mouchetés (2), entre le ciel et la terre. Ils étaient marqués et tuaient, puis faisaient des prisonniers.” »
Abû Usayd raconta, après avoir perdu la vue : « Si j’étais aujourd’hui parmi vous à Badr et que j’eusse la vue, je vous montrerais le défilé d’où sont sortis les anges, sans en douter ni hésiter. »
Il dit (3) : « Khârija ibn Ibrâhîm m’a rapporté, d’après son père, que le Messager d’Allâh (ﷺ) demanda à Jibrîl : “Qui était celui, parmi les anges, qui a dit le jour de Badr : ‘En avant, Ḥayzûm !’ ?” Jibrîl répondit : “Ô Muhammad, tous les habitants du ciel ne se connaissent pas forcément.” »
Je (l’auteur) dis : « Ce récit est mursal (transmis avec une rupture de chaîne). Il contredit l’opinion de ceux qui ont prétendu que Ḥayzûm était le nom de la monture de Jibrîl, comme l’ont avancé as-Suhaylî et d’autres (4). Et Allâh sait mieux. »
Al-Waqidî dit encore (5) : « Isḥâq ibn Yaḥyâ m’a rapporté, d’après Ḥamza ibn Ṣuhayb, d’après son père, ceci : “Je ne sais pas combien de mains tranchées et de coups profonds, dont la plaie ne saignait pas abondamment, j’ai vus le jour de Badr !” »
Il me rapporta (6), de Muḥammad ibn Yaḥyâ, d’après Abû ʿUfayr (7), d’après Râfiʿ ibn Khadîj, d’après Abû Burda ibn Niyâr, qui dit : « Je suis venu le jour de Badr avec trois têtes, que j’ai posées devant le Messager d’Allâh (ﷺ). J’ai dit : “Quant à deux d’entre elles, je les ai tuées moi-même, et pour la troisième, j’ai vu un homme très grand la tuer. J’en ai alors récupéré la tête.” Le Messager d’Allâh (ﷺ) répondit : “C’était untel, parmi les anges.” »
Il me rapporta (9), de Mûsâ ibn Muḥammad ibn Ibrâhîm, d’après son père, que s-Sâʾib ibn Abî Ḥubash racontait à l’époque de ʿUmar : « Par Allâh, personne parmi les hommes ne m’a fait prisonnier. » On lui disait alors : « Par qui donc ? » Il répondait : « Lorsque Quraych a pris la fuite, je me suis enfui avec eux. Un homme blanc, de grande taille, m’a alors rattrapé, m’a solidement ligoté, puis ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAwf est arrivé et m’a trouvé attaché. Il a interpellé l’armée (10) : ‘Qui a fait ce prisonnier ?’ [et nul ne prétendait l’avoir fait] (12), jusqu’à ce qu’on m’emmenât devant le Messager d’Allâh (ﷺ). Il déclara : … »