Nous avons entendu un cavalier s’écrier : « En avant, Ḥayzūm ! » Quant à mon compagnon, le voile de son cœur fut levé et il mourut sur-le-champ, tandis que moi, j’ai failli périr, mais je me suis rétabli par la suite.
Ibn Isḥāq (2) rapporta : « ʿAbd Allāh b. Abī Bakr me raconta, d’après certains membres des Banū Sāʿidah, d’après Abū Usayd Mālik b. Rabīʿah – lequel assista à la bataille de Badr. » Celui-ci, après avoir perdu la vue, dit : « Si j’étais aujourd’hui à Badr et que je recouvre ma vue, je vous montrerais le ravin d’où sortirent les anges, sans en douter ni hésiter. »
Lorsque les anges descendirent et que Satan les aperçut, Dieu leur communiqua (3) : « Je suis avec vous. Affermissez donc ceux qui ont cru. » (Al-Anfâl, 12). Leur affermissement se manifesta en ce que les anges venaient à un homme sous l’apparence d’une personne qu’il connaissait et lui disaient : « Réjouissez-vous, ils ne comptent pour rien. Dieu est avec vous, attaquez-les de nouveau ! »
Lorsque Satan vit les anges, « il rebroussa chemin et dit : “Je me désavoue de vous, je vois vraiment ce que vous ne voyez pas.” » (Al-Anfâl, 48), alors qu’il se trouvait sous les traits de Surāqah. Abū Jahl, de son côté, exhortait ses hommes, en disant : « Que l’abandon de Surāqah ne vous effraie pas. Il avait un accord avec Muḥammad et ses compagnons. » Puis il s’écria : « Par al-Lāt et al-ʿUzzā, nous ne reviendrons pas avant d’avoir dispersé Muḥammad et ses compagnons dans les montagnes. Ne les tuez pas, mais capturez-les vivants. »
Al-Wāqidī (4) rapporta : « Ibn Abī Ḥabībah me dit, d’après Dāwūd b. al-Ḥuṣayn, d’après ʿIkrimah, d’après Ibn ʿAbbās, que l’ange se présentait sous la forme de quelqu’un que les gens connaissaient et leur disait : “Je me suis approché d’eux et les ai entendus dire : ‘S’ils nous chargent, nous ne tiendrons pas.’ Ils ne sont rien”, et d’autres propos de la sorte. C’est là le sens de Sa parole : “Lorsque ton Seigneur révéla aux anges : ‘Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui ont cru.’” »
Al-Bayhaqī (5) rapporta, par la voie de Salamah, d’ʿUqayl, d’Ibn Shihāb, d’Abū Ḥāzim, d’après Sahl b. Saʿd, qu’Abū Usayd, après avoir perdu la vue, déclara : « Ô mon neveu, par Dieu, si toi et moi avions été à Badr et que Dieu eût rétabli ma vue, je t’aurais montré le passage d’où les anges nous apparurent, sans aucune incertitude ni contestation. »
Al-Bukhārī (6) rapporta, d’après Ibrāhīm b. Mūsā, d’après ʿAbd al-Wahhāb, d’après Khālid, d’après ʿIkrimah, d’après Ibn ʿAbbās, que le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) dit, le jour de Badr : « Voici Gabriel tenant la bride de son cheval, équipé pour le combat. »