Il se tint à la droite du Messager de Dieu (ﷺ), avec Abou Bakr à ses côtés, tandis qu’Isrâfîl se trouvait sur l’aile gauche avec mille hommes, au nombre desquels j’étais, et Jibrîl (Gabriel) avec mille autres. Il déclara : « Ce jour-là, j’ai lancé des coups de lance au point que le sang atteignit mon aisselle. »
Le compilateur de « lʽAqd »(2) et d’autres ont rapporté que les plus nobles vers que les Arabes aient jamais composés sont ceux de Ḥassân ibn Thâbit :
(vers extrait du mètre al-kâmil)
« Et près du puits de Badr, lorsque leurs montures furent retenues…
Jibrîl (Gabriel) était sous notre bannière, et (le Prophète) Muḥammad. »
Al-Bukhârî(5) a rapporté qu’Ishâq ibn Ibrâhîm nous raconta, d’après Jarîr, d’après Yaḥyâ ibn Saʽîd, d’après Muʽâdh ibn Rifâʽa ibn Râfiʽ az-Zuraqî, d’après son père – lequel était des gens de Badr – ceci : « Jibrîl vint trouver le Messager de Dieu (ﷺ) et lui dit : “Comment considérez-vous chez vous les gens de Badr ?” Le Prophète répondit : “Parmi les meilleurs des musulmans” – ou un propos proche de cela. “Il en va de même pour ceux des anges qui ont assisté à Badr”, répondit Jibrîl. » Ce récit est rapporté uniquement par Al-Bukhârî.
Dieu – Le Très-Haut – a dit(6) : « (Et rappelle-toi) quand ton Seigneur révéla aux Anges : “Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui ont cru. Je jetterai l’effroi dans le cœur de ceux qui ont mécru ; frappez (donc) au-dessus des cous” (c’est-à-dire les têtes) “et frappez-les sur tous les bouts des doigts.” » [Al-Anfâl, 8 : 12].
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim(7), selon la chaîne rapportée par ʽIkrima ibn ʽAmmâr, d’après Abû Zumayl, Ibn ʽAbbâs raconta : « Alors qu’un homme parmi les musulmans, ce jour-là(8), poursuivait un polythéiste qui se trouvait devant lui, il entendit soudain comme un coup de fouet au-dessus de lui et la voix d’un cavalier disant : “En avant, Ḥayzûm !” Il vit alors le polythéiste s’écrouler sur le dos, le nez entaillé(9) et le visage fendu comme s’il avait reçu un coup de fouet ; le tout devint verdâtre. L’Anṣârî se rendit auprès du Messager de Dieu (ﷺ) pour lui rapporter la scène. Le Prophète lui dit : “Tu dis vrai, c’était un renfort venu du troisième ciel.” Ce jour-là, ils tuèrent soixante-dix hommes et en firent soixante-dix prisonniers. »
Ibn Isḥâq(10) a rapporté – [et] il me fut transmis par ʽAbd Allâh ibn Abî Bakr ibn Ḥazm, d’après celui qui le rapporta d’Ibn ʽAbbâs, d’après un homme des Banû Ghifâr – ceci : « Mon cousin et moi étions présents à Badr, alors que nous étions encore polythéistes. Nous nous trouvions sur une hauteur, guettant le dénouement de la bataille afin de piller les vaincus. C’est alors qu’un nuage s’avança ; quand il fut proche de la montagne, nous y entendîmes le hennissement des chevaux. »