Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Prophète (ﷺ) fit appel à des volontaires et dit : « Que celui dont la monture est présente parte en campagne avec nous. » Alors, des hommes vinrent lui demander la permission d’aller récupérer leurs montures restées en hauteur dans la ville, mais il répondit : « Non, sauf pour celui dont la monture est ici. » Le Messager de Dieu (ﷺ) se mit donc en route avec ses Compagnons et ils précédèrent les polythéistes à Badr. Puis les polythéistes arrivèrent, et le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : « Que nul d’entre vous n’avance vers quoi que ce soit avant que je ne l’y autorise. » Lorsque les polythéistes s’approchèrent, il dit : « Levez-vous pour une Paradis dont l’étendue couvre les cieux et la terre. »

À ce moment, ‘Oumayr ibn al-Hammâm al-Ansârî s’exclama : « Ô Messager de Dieu ! Un Paradis dont l’étendue couvre les cieux et la terre ? » Il répondit : « Oui. » Alors ‘Oumayr dit : « Bakhin, bakhin ! » Le Messager de Dieu (ﷺ) lui demanda : « Qu’est-ce qui te fait dire : “Bakhin, bakhin” ? » Il répondit : « Par Dieu, ô Messager de Dieu, rien d’autre que l’espoir d’en faire partie. » Le Prophète (ﷺ) lui dit : « Tu en feras partie. » ‘Oumayr sortit alors quelques dattes de son carquois et se mit à en manger. Puis il déclara : « Si je survis jusqu’à terminer ces dattes, ce sera vraiment une longue vie ! » Il se débarrassa aussitôt de ces dattes, combattit jusqu’à être tué, qu’Allah lui fasse miséricorde.

Ce récit a été rapporté également par Muslima (2), d’après Abou Bakr ibn Abî al-Nadr (3) et plusieurs autres, via Abou al-Nadr Hâshim ibn al-Qâsim, d’après Soulaymân ibn al-Moughîra, avec la même chaîne de transmission. Ibn Jarîr (4) rapporte qu’Oumayr combattit tout en disant (qu’Allah lui fasse miséricorde) :

[Vers de rajoz]
« Je me lance vers Dieu sans autre provision
Que la piété et l’œuvre du retour,
La patience en Dieu dans le combat.
Tout viatique est voué à disparaître,
Sauf la piété, la bonté et la droiture. »

L’imam Ahmad (5) a dit : « Nous ont rapporté Hadjâj, Isrâ’îl, Abou Ishâq, Haritha ibn Moudarrib, que ‘Alî a dit : “Lorsque nous sommes arrivés à Médine, nous avons mangé des fruits du pays et nous en sommes tombés malades, pris de fièvres. Or, le Messager de Dieu (ﷺ) se renseignait au sujet de Badr. Quand nous sûmes que les polythéistes approchaient, le Messager de Dieu (ﷺ) se rendit à Badr, qui est un puits. Nous sommes arrivés avant les polythéistes et y avons trouvé deux hommes d’entre eux : un Qouraychite et l’affranchi de ‘Oqba ibn Abî Mou’ayt. Le Qouraychite réussit à s’enfuir, mais nous avons capturé l’affranchi. Nous lui demandâmes : ‘Combien sont-ils ?’ Il répondait : ‘Par Dieu, ils sont très nombreux et redoutables.’ Chaque fois qu’il disait cela, les musulmans le frappaient. Puis ils l’amenèrent devant le Messager de Dieu (ﷺ). Alors, il lui demanda : ‘Combien…’” »

(1) Al-Qarn : une carquois fait de peaux fendues dans lequel on place les flèches, c’est-à-dire des traits en bois. Voir al-Nihāya fī Gharīb al-Ḥadīth wa al-Athar (4/55). (2) Rapporté par Muslim (1901). (3) Dans les éditions (A) et (T) : « ʿAn Abī Bakr ibn Abī Shayba » ; la correction provient de Ṣaḥīḥ Muslim. Voir Tahdhīb al-Kamāl (33/149). (4) Voir Tārīkh al-Ṭabarī (2/448). (5) Rapporté par Aḥmad dans al-Musnad (1/117), il s’agit d’un ḥadīth authentique. (6) Dans les éditions (A) et (T) : « Fawajadnāhu » ; correction provenant du Musnad de l’Imam Aḥmad.
طلبةً، فمن كان ظهره حاضرًا، فليركب معنا. فجعل رجالٌ يستأذنونه في ظهورهم في علو المدينة، قال: لا، إلّا من كان ظهره حاضرًا. وانطلق رسول اللَّه ﷺ وأصحابه حتى سبقوا المشركين إلى بدرٍ، وجاء المشركون، فقال رسول اللَّه ﷺ : "لا يتقدّمنّ أحدٌ منكم إلى شيء، حتى أكون أنا أُوذنه" . فدنا المشركون، فقال رسول اللَّه ﷺ : "قوموا إلى جنّةٍ عرضها السماوات والأرض" . قال: يقول عمير بن الحمام الأنصاريّ: يا رسول اللَّه، جنّةٌ عرضها السماوات والأرض؟ قال: "نعم" . قال: بخٍ بخٍ. فقال رسول اللَّه ﷺ : "ما يحملك على قول: بخٍ بخٍ؟ " . قال: لا واللَّه يا رسول اللَّه، إلّا رجاء أن أكون من أهلها. قال: "فإنّك من أهلها" . قال: فأخرج تمراتٍ من قرَنه (١) ، فجعل يأكل منهنّ، ثم قال: لئن أنا حييت حتى آكل تمراتي هذه، إنّها حياةٌ طويلةٌ. قال: فرمى ما كان معه من التمر، ثم قاتلهم حتى قتل، (رحمه الله) . ورواه مسلمة (٢) ، عن أبي بكر بن أبي النّضر (٣) ، وجماعةٍ، عن أبي النضر هاشم بن القاسم، عن سليمان بن المغيرة به. وقد ذكر ابن جريرٍ (٤) أنّ عميرًا قاتل وهو يقول، (رضي الله عنه) : [من الرجز] ركضًا إلى اللَّه بغير زادِ … إلّا التّقى وعمل المعادِ والصّبر في اللَّه على الجهادِ … وكلّ زادٍ عرضة النّفادِ غير التّقى والبرّ والرّشادِ وقال الإمام أحمد (٥) : حدّثنا حجّاجٌ، حدّثنا إسرائيل، عن أبي إسحاق، عن حارثة بن مضرّبٍ، عن عليٍّ قال: لمّا قدمنا المدينة أصبنا من ثمارها، فاجتويناها، وأصابنا بها وعكٌ، وكان رسول اللَّه ﷺ يتخبّر عن بدرٍ، فلمّا بلغنا أن المشركين قد أقبلوا، سار رسول اللَّه ﷺ إلى بدرٍ، وبدرٌ بئرٌ، فسبقنا المشركين إليها، فوجدنا فيها رجلين منهم؛ رجلًا من قريش، ومولًى لعقبة بن أبي معيط، فأمّا القرشيّ فانفلت، وأمّا المولى فأخذناه (٦) ، فجعلنا نقول له: كم القوم؟ فيقول: هم واللَّه كثيرٌ عددهم، شديدٌ بأسهم. فجعل المسلمون إذا قال ذلك ضربوه، حتى انتهوا به إلى رسول اللَّه ﷺ ، فقال له: "كم
(١) القَرَن: جعبة من جلود تشق ويجعل فيها النُّشَّاب، وهو النبل. انظر "النهاية في غريب الحديث والأثر" (٤/ ٥٥). (٢) رواه مسلم (١٩٠١). (٣) في (أ) و (ط): "عن أبي بكر بن أبي شيبة" والتصحيح من "صحيح مسلم" وانظر "تهذيب الكمال" (٣٣/ ١٤٩). (٤) انظر "تاريخ الطبري" (٢/ ٤٤٨). (٥) رواه أحمد في "المسند" (١/ ١١٧) وهو حديث صحيح. (٦) في (أ) و (ط): "فوجدناه" والتصحيح من "مسند الإمام أحمد".

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