Les propos, qui sont corroborés par la lecture de ceux qui récitent : « bi-ʾalfin mina l-malāʾikati murdafīna » (1) en ouvrant la lettre d (dal), et Dieu est le plus Savant.
Al-Bayhaqī (2) a dit : « Al-Ḥākim nous a informés, Al-Aṣamm nous a informés, Muḥammad ibn Sanān al-Qazzāz nous a transmis, ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd al-Majīd Abū ʿAlī al-Ḥanafī nous a transmis, ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Mūhib nous a raconté, Ismāʿīl ibn ʿAwn ibn ʿUbayd Allāh ibn Abī Rāfiʿ m’a informé, d’après ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿUmar ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib, de son père, de son grand-père, d’après ʿAlī qui a dit :
“Lorsque vint le jour de Badr, je combattis un moment, puis je revins en hâte pour voir ce qu’avait fait le Messager de Dieu (ﷺ). À mon arrivée, je le trouvai prosterné, répétant : ‘yā ḥayyu yā qayyūm, yā ḥayyu yā qayyūm’ (Ô Vivant, Ô Subsistant), sans rien ajouter d’autre. Je retournai alors combattre. Puis je revins et le trouvai à nouveau prosterné, répétant les mêmes paroles. Je partis encore au combat, revins, et il était toujours prosterné, tenant le même propos jusqu’à ce que Dieu lui accorde la victoire.” »
An-Nassāʾī l’a également rapporté dans son recueil « Al-Yawm wal-Layla » (3), par l’intermédiaire de Bundār, qui le tenait de ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd al-Majīd Abū ʿAlī al-Ḥanafī.
Al-Aʿmash (4), d’après Abū Isḥāq, d’après Abū ʿUbayda, rapporte que ʿAbd Allāh ibn Masʿūd a dit : « Je n’ai jamais entendu un suppliant invoquer de manière plus intense que l’invocation de Muḥammad (ﷺ) le jour de Badr. Il répétait : “Ô Dieu, je Te réclame (l’accomplissement de) Ton engagement et de Ta promesse. Ô Dieu, si ce groupe est anéanti, Tu ne seras plus adoré.” Puis il se retourna, et c’était comme si la moitié de son visage était la lune. Et il dit : “C’est comme si je voyais dès à présent la place où ces gens-là tomberont ce soir.” » An-Nassāʾī le rapporte également par la chaîne de transmission d’al-Aʿmash (5). Il poursuit : « Lorsque nous nous affrontâmes le jour de Badr, le Messager de Dieu (ﷺ) se mit à prier. Je n’ai jamais vu quelqu’un réclamer plus ardemment un droit qui lui revient que ne le fit ce jour-là le Messager de Dieu (ﷺ). » Puis il en fit le récit.
Il est établi que le Prophète (ﷺ) a désigné les lieux où périraient les chefs des polythéistes le jour de Badr, comme le rapporte le « Ṣaḥīḥ Muslim » d’Anas ibn Mālik, ainsi qu’il a été mentionné (6). Cela se trouve également dans le « Ṣaḥīḥ Muslim » d’après ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb.
D’après le ḥadīth d’Ibn Masʿūd, il les en aurait informés le jour même du combat, et cela est plausible. D’autre part, selon les deux autres ḥadīths rapportés par Anas et ʿUmar, il en aurait fait mention la veille. Il n’y a aucune contradiction à admettre qu’il les en ait informés plus d’un jour auparavant, puis de nouveau le jour de la bataille, ne serait-ce qu’une heure avant l’affrontement. Dieu est plus Savant.