Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ali (qu’Allah l’agrée) déclara : « Je suis le serviteur de Dieu et le frère du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). » De son côté, ‘Ubeyda dit : « Je suis celui qui se tient parmi les alliés (al-ḥulafā’). » Chaque homme se porta alors vers son adversaire, ils combattirent et Dieu les anéantit.

À ce propos, Hind prononça ces vers (mètre al-mutaqārib) :
« Ô mes yeux, versez des larmes abondantes… sur le meilleur de Khandaf (1), qui ne revint jamais.
Au matin, ses proches se rallièrent à lui : les Banû Hâshim et les Banû al-Muṭṭalib.
Ils lui firent goûter la lame de leurs épées… puis l’achevèrent alors qu’il avait déjà succombé. »

C’est pour cette raison que Hind voua le vœu de manger du foie de Ḥamza.

Je (l’auteur) dis : ‘Ubeyda ici mentionné est ‘Ubeyda ibn al-Ḥârith ibn al-Muṭṭalib ibn ‘Abd Manâf. Lorsque ses compagnons l’amenèrent au Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), ils le couchèrent à proximité de la station du Prophète, et celui-ci (que la prière et la paix soient sur lui) plaça son pied béni sous lui (2). ‘Ubeyda appuya alors sa joue contre ce pied honorable et dit : « Ô Messager de Dieu, si Abû Ṭâlib m’avait vu, il saurait que je suis plus digne de son vers :

“Nous le protégerons jusqu’à ce que nous tombions autour de lui… et que nous oubliions nos enfants et nos épouses.” (3)(4)

Puis il décéda — qu’Allah lui accorde Sa satisfaction — et le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) affirma : « Je témoigne que tu es martyr. » Ce hadith est rapporté par ach-Châfi‘î (qu’Allah lui fasse miséricorde).

Le premier musulman tué durant le combat fut Mihja‘, affranchi de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, qui périt sous une flèche. Ibn Isḥâq (5) rapporte qu’il fut le premier à mourir ; vint ensuite la mort de Ḥâritha ibn Surâqa, l’un des Banû ‘Adiyy ibn an-Najjâr, atteint par une flèche au cou alors qu’il buvait à la citerne, et il mourut sur le coup.

Il est établi dans les deux Ṣaḥîḥ (6), d’après Anas, que Ḥâritha ibn Surâqa fut tué le jour de Badr. Il était du nombre de ceux qui n’étaient venus que pour observer (7) et une flèche perdue l’atteignit. Sa mère vint alors dire : « Ô Messager de Dieu, informe-moi au sujet de Ḥâritha. S’il est au Paradis, je saurais patienter ; sinon, que Dieu voie ce que je ferai », entendant par là qu’elle se livrerait à la lamentation, laquelle n’était pas encore interdite (8). Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) lui répondit : « Malheur à toi ! Es-tu devenue folle ? Il existe huit jardins (du Paradis), et ton fils a atteint le plus élevé d’entre eux : al-Firdaws al-A‘lā. »

Ibn Isḥâq (9) ajoute : « Ensuite, les deux armées avancèrent et se rapprochèrent l’une de l’autre. »

(1) Khindaf : surnom de Laila bint Imran ibn al-Haf ibn Quda'a, dont certaines tribus arabes, parmi lesquelles les Quraysh, tirent leur origine. Voir « Jumhurat Ansāb al-‘Arab » d’Ibn Hazm, pp. 10, 11, 479-480. (2) Dans les éditions (A) et (T) : « fa’ashraffahu » ; la lecture confirmée en marge de l’édition (T) est rapportée d’après « As-Sīrah al-Halabīyah » et est la plus correcte. (3) C’est-à-dire « et nous ne le remettons pas ». (4) Pluriel de ḥalīlah, signifiant l’épouse. (5) Voir « As-Sīrah an-Nabawīyah » d’Ibn Hishām, vol. 1, p. 627. (6) Rapporté par al-Bukhārī (2809, 3982, 6550, 6567) ; ce hadith ne figure pas dans « Ṣaḥīḥ Muslim ». (7) L’expression « wakāna fī an-niẓārah » n’est pas dans al-Bukhārī ; elle se trouve chez Ahmad dans le « Musnad » (vol. 3, p. 124). (8) C’est-à-dire le dirge funèbre. (9) Voir « As-Sīrah an-Nabawīyah » d’Ibn Hishām, vol. 1, p. 625.
وقال عليٌّ: أنا عبد اللَّه، وأخو رسول اللَّه ﷺ . وقال عبيدة: أنا الذي في الحلفاء. فقام كلّ رجلٍ إلى رجلٍ، فقاتَلوهم فقتلهم اللَّه. فقالت هند في ذلك: [من المتقارب] أعينيّ جودا بدمعٍ سَرِبْ … على خير خِندفَ (١) لم ينقلبْ تداعى له رهطه غدوة … بنو هاشمٍ وبنو المطّلبْ يذيقونه حدّ أسيافهم … يَعُلّونه بعد ما قد عطِبْ ولهذا نذرت هند أن تأكل من كبد حمزة. قلت: وعبيدة هذا، هو ابن الحارث بن المطلب بن عبد منافٍ، ولمّا جاؤوا به إلى رسول اللَّه ﷺ أضجعوه إلى جانب موقف رسول اللَّه ﷺ ، فأفرشه (٢) رسول اللَّه ﷺ قدمه، فوضع خدّه على قدمه الشريفة وقال: يا رسول اللَّه، لو رآني أبو طالبٍ، لعلم أنّي أحقّ بقوله: [من الطويل] ونُسلِمه (٣) حتى نُصرّعَ حوله … ونذهلَ عن أبنائنا والحلائل (٤) ثم مات، (رضي الله عنه) ، فقال رسول اللَّه ﷺ : "أشهد أنّك شهيدٌ" . رواه الشافعيّ، (رحمه الله) . وكان أوّل قتيلٍ من المسلمين في المعركة، مِهجعٌ مولى عمر بن الخطاب؛ رمي بسهمٍ فقتله. قال ابن إسحاق (٥) : فكان أوّل من قتل، ثم رمي بعده حارثة بن سراقة، أحد بني عديِّ بن النّجّار، وهو يشرب من الحوض، بسهمٍ فأصاب نحره فمات. وثبت في "الصحيحين" (٦) عن أنسٍ، أنّ حارثة بن سراقة قتل يوم بدرٍ، وكان في النّظّارة (٧) ، أصابه سهمٌ غربٌ فقتله، فجاءت أمّه فقالت: يا رسول اللَّه، أخبرني عن حارثة، فإن كان في الجنَّة صبرت، وإلّا فليرينّ اللَّه ما أصنع. يعني من النّياح، وكانت لم تحرَّم بعد (٨) . فقال لها رسول اللَّه ﷺ : "ويحك، أهبلت، إنها جنانٌ ثمانٍ، وإنّ ابنك أصاب الفردوس الأعلى" . قال ابن إسحاق (٩) : ثم تزاحف الناس، ودنا بعضهم من بعضٍ.
(١) خندف: لقب ليلى بنت عمران بن الحاف بن قضاعة نسب إليها بعض قبائل العرب، ومنهم قريش. انظر "جمهرة أنساب العرب" لابن حزم ص (١٠ - ١١ - ٤٧٩ - ٤٨٠). (٢) في (أ) و (ط): "فأشرفه" والمثبت من هامش (ط) نقلًا عن "السيرة الحلبية" وهو أصحُّ. (٣) أي ولا نسلمه. (٤) جمع حليلة وهي الزوجة. (٥) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٢٧). (٦) رواه البخاري (٢٨٠٩ و ٣٩٨٢ و ٦٥٥٠ و ٦٥٦٧) ليس الحديث في "صحيح مسلم". (٧) عبارة "وكان في النظارة" ليست في البخاري، وهي عند أحمد في "المسند" (٣/ ١٢٤). (٨) أي النياحة. (٩) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (١/ ٦٢٥).

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