Dieu – Exalté soit-Il – déclare dans la sourate « Al ‘Imrân » (1) : « Certes, vous avez eu un signe dans ces deux groupes qui s’affrontèrent : l’un combattait dans le sentier de Dieu, et l’autre était mécréant. Ils les voyaient, de visu, deux fois plus nombreux qu’eux. Et Dieu assiste de Sa victoire qui Il veut. » Selon l’explication la plus juste, le sens de ce passage est que, lors des affrontements et du combat rapproché, le groupe mécréant voyait le groupe croyant en nombre deux fois plus grand que celui des mécréants — c’est également l’interprétation correcte. Cela s’explique par la crainte et la faiblesse que Dieu a instillées dans le cœur de ceux qui ne croyaient pas : Il les a tout d’abord entraînés en leur faisant voir le nombre des croyants comme peu élevé lors du premier face-à-face, puis Il a soutenu les croyants par Sa victoire, si bien que, dans le regard des mécréants, ils paraissaient deux fois plus nombreux, ce qui a semé la faiblesse et la défaite chez leurs adversaires. C’est pourquoi Il dit : « Et Dieu assiste de Sa victoire qui Il veut. Il y a bien là un exemple pour les doués de clairvoyance. »
Israël (3) rapporte d’après Abou Ishaq, lui-même d’après Abou ‘Ubaydah (4), d’après Abdallah : « Ils nous ont paru peu nombreux, le jour de Badr, au point que je disais à l’homme à mon côté : “Les vois-tu être soixante-dix ?” Il répondait : “Je les vois plutôt une centaine.” »
Ibn Ishaq (5) raconte : « Mon père, Ishaq ibn Yassâr, et d’autres parmi les gens de savoir, m’ont informé au sujet de certains anciens des Ansâr, qui dirent : Lorsque les deux camps se furent installés, ils envoyèrent ‘Umayr ibn Wahb al-Jumahî afin qu’il évalue les compagnons de Muhammad. ‘Umayr parcourut à cheval le périmètre de l’armée, puis revint et déclara : “Ils sont environ trois cents hommes, peut-être un peu plus ou un peu moins. Mais laissez-moi vérifier s’il y a des embuscades ou des renforts.” Alors il inspecta la vallée quelque temps, puis, ne voyant rien, il revint vers eux et dit : “Je n’ai rien remarqué, mais, ô gens de Quraych, j’ai vu des êtres prêts à l’épreuve, porteurs de mort. Les bêtes de Yathrib transportent en elles une mort virulente. Ces gens n’ont ni protection ni refuge en dehors de leurs épées. Par Dieu, je ne pense pas qu’un seul d’entre eux soit tué sans qu’il n’ait tué l’un des vôtres. S’ils vous infligent une perte équivalente à leur nombre, à quoi bon survivre après cela ? Réfléchissez donc à la situation.” »
Lorsque Hakîm ibn Hizâm entendit ces propos, il circula parmi les rangs et alla voir ‘Utbah ibn Rabî‘ah. Il lui dit : « Ô Abou al-Walîd, tu es le notable et le chef de Quraych, obéi de tous. Ne veux-tu pas demeurer pour toujours dans leur mémoire en bien ? » ‘Utbah demanda : « Qu’y a-t-il, ô Hakîm ? » Il répondit : « Fais rebrousser chemin à tout le monde et prends en charge l’affaire de ton allié ‘Amr ibn al-Hadramî. » ‘Utbah lui dit : « C’est fait, je m’en charge. Il est mon allié, et j’assumerai sa compensation et ce qui a été atteint de ses biens. Va vers le fils de la Hanzhaliyyah (8) – voulant dire Abou Jahl –, car je ne crains que lui pour contrarier la décision des gens. »
Ensuite, ‘Utbah se leva pour s’adresser à eux et déclara : « Ô gens de Quraych, par Dieu, vous ne retirez rien à affronter Muhammad et ses compagnons. Par Dieu, même si vous le tuez, il ne se passera pas un instant sans que quelqu’un ne soit contraint de regarder le visage d’une personne dont il abhorre la vue, parce qu’elle a tué… »