Il (1) a dit : « Lorsque les hommes s’installèrent, un groupe de Quraysh s’avança jusqu’au bassin du Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui), parmi lesquels se trouvait Ḥakīm ibn Ḥizām. Alors le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) déclara : “Laissez-les.” Or, ce jour-là, nul ne but de ce bassin sans être tué, à l’exception de Ḥakīm ibn Ḥizâm, qui ne fut pas tué. Il embrassa ensuite l’islam, et sa conversion fut excellente. Lorsque, plus tard, il prêtait serment avec insistance, il disait : “Non, par Celui qui m’a sauvé le jour de Badr.” »
J’ai dit : « Les compagnons du Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) étaient alors trois cent treize, comme nous l’exposerons dans un chapitre que nous consacrerons après le récit de la bataille, en y mentionnant leurs noms par ordre alphabétique, si Dieu le veut. »
Il est rapporté dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī (2), d’après al-Barāʾ, qui a dit : « Nous avions coutume de dire que les compagnons de Badr étaient trois cent et quelques, soit le même nombre que les compagnons de Ṭālūt qui traversèrent le fleuve avec lui. Et nul ne le traversa avec lui si ce n’est un croyant. »
Al-Bukhārī rapporte également (3), toujours d’après lui (al-Barāʾ) : « Ibn ʿUmar et moi avons été jugés trop jeunes (pour participer) le jour de Badr. Ce jour-là, les Muhājirūn (Émigrés) étaient plus de soixante, et les Anṣār (Auxiliaires) un peu plus de deux cent quarante. »
L’imam Aḥmad (4) rapporte, selon Naṣr ibn Bāb (5), d’après Ḥajjāj, d’après al-Ḥakam, d’après Miqsam, d’après Ibn ʿAbbās, qui a dit : « Les gens de Badr étaient trois cent treize. Les Muhājirūn étaient soixante-seize. La défaite des gens de Badr (côté ennemi) eut lieu le dix-sept du mois de Ramadan, un vendredi. »
Allah le Très-Haut a dit (6) : « (Rappelle-toi) quand Allah te les montra en rêve peu nombreux. Et s’Il te les avait montrés nombreux, vous auriez certainement perdu courage et vous vous seriez disputés à propos de l’ordre (reçu). Mais Allah vous en préserva… » [al-Anfāl : 43]. Cela se produisit dans son rêve cette nuit-là.
On a aussi dit qu’il (le Prophète) s’était assoupi dans l’abri (al-ʿarīsh) et avait ordonné aux gens de ne pas combattre avant qu’il ne leur en donne l’autorisation. Puis l’ennemi se rapprocha, et Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq le réveillait en disant : « Ô Messager d’Allah, ils sont tout près de nous. » Alors il se réveilla, après qu’Allah lui eut montré (en songe) qu’ils étaient peu nombreux. C’est ce qu’a rapporté al-Amawī (7), et c’est très étrange.
Allah, exalté soit-Il, a également dit (8) : « Et lorsque vous vous rencontrez, Il (Allah) vous les fit paraître peu nombreux à vos yeux, et vous fit paraître peu nombreux à leurs yeux, afin qu’Allah accomplît un ordre qui devait s’exécuter... » [al-Anfāl : 44]. Lorsque les deux groupes se firent face, Allah diminua chacun d’eux aux yeux de l’autre, pour que les uns osent affronter les autres, et vice versa, selon Sa sagesse parfaite. Cela ne contredit pas Sa parole… »