Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) se mit alors en marche avec les personnes qui l’accompagnaient, et ils avancèrent jusqu’à atteindre la source d’eau la plus proche du camp adverse. Ils y firent halte, puis il ordonna que le puits fût obstrué. Il fit construire un bassin au-dessus du puits où ils s’étaient arrêtés, le remplit d’eau, et ils y versèrent leurs récipients.
Certains rapportent que, lorsque al-Habâb ibn al-Mundhir conseilla le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) à ce sujet, un ange descendit du ciel pendant que Jibrîl (Gabriel) se trouvait auprès du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue). L’ange dit alors : « Ô Muhammad, ton Seigneur te salue et te dit : “L’avis à suivre est celui d’al-Habâb.” » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) regarda Jibrîl et déclara : « Je ne connais pas tous les anges, mais celui-ci est bel et bien un ange et non un démon. » Al-Umawî rapporte qu’ils parvinrent à la moitié de la nuit près du puits adjacent aux polythéistes, y descendirent, puis y puisèrent de l’eau avant de remplir les réservoirs ; ainsi, au matin, ils en étaient pleins, ne laissant rien aux polythéistes.
Ibn Ishâq (1) indique que ‘Abd Allah ibn Abî Bakr lui raconta avoir entendu dire que Sa‘d ibn Mu‘âdh déclara : « Ô Prophète de Dieu, ne voudrais-tu pas que nous te construisions un abri où tu pourrais te tenir, et où nous disposerions tes montures près de toi ? Ensuite, nous affronterons notre ennemi. Si Dieu nous renforce et nous accorde la victoire sur eux, c’est ce que nous souhaitons. Si c’était l’autre éventualité qui devait se produire, tu monterais sur tes montures et rejoindrais les tiens qui sont derrière nous (2). Il y a des gens qui, même si nous ne les surpassons pas en amour pour toi, n’ont pas pu prendre part au combat ; s’ils avaient su que tu allais faire la guerre, ils ne t’auraient pas abandonné. Dieu te protégera grâce à eux, ils te soutiendront et combattront à tes côtés. » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) l’en félicita et invoqua de bonnes choses pour lui. Puis, on construisit un abri dans lequel le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) demeura.
Ibn Ishâq rapporte ensuite (3) que, lorsque le matin arriva, Quraysh se mit en route et avança. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) les vit dévaler la pente d’al-‘Aqanqal – la dune par laquelle ils étaient descendus dans la vallée –, il s’écria : « Ô mon Dieu, voilà Quraysh qui approche avec toute son arrogance et sa fierté, te défiant et traitant de menteur ton Messager. Ô mon Dieu, accorde-moi la victoire que tu m’as promise. Ô mon Dieu, anéantis-les ce matin ! » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) vit aussi ‘Utba ibn Rabî‘a parmi eux, sur un chameau roux, et dit : « S’il y a un homme de bien parmi ce peuple, c’est bien le propriétaire du chameau roux. S’ils l’écoutent, ils seront bien guidés. »
On rapporte (6) que Khafâf ibn Imâ’ ibn Rahda, ou son père Imâ’ ibn Rahda al-Ghifârî, avait envoyé l’un de ses fils auprès de Quraysh avec des chamelles (7) qu’il leur offrit. Il leur dit : « Si vous le voulez, nous pouvons aussi vous fournir des armes et des hommes. » Ils lui répondirent, par l’intermédiaire de son fils : « Que tes liens de parenté soient préservés, tu as accompli ton devoir. Par ma vie, si nous ne faisions que combattre d’autres hommes, nous ne serions pas trop faibles pour eux ; mais si nous combattons Dieu, comme le prétend Muhammad, nul ne saurait alors tenir tête à Dieu. »