«… exaucé.» [Al-Anfâl : 42]. Dieu envoya alors la pluie, et la vallée était recouverte de sable tassé(1). Le Messager de Dieu (ﷺ) et ses compagnons purent en tirer de l’eau, laquelle aplanit pour eux le sol(2) sans les empêcher d’avancer, tandis que Qouraych reçut une telle quantité d’eau qu’ils ne purent se mettre en route.
J’ai dit : C’est à ce propos que Dieu dit(3) : «Et Il fait descendre sur vous de l’eau du ciel, afin de vous purifier par elle, de dissiper la souillure du démon qui pèse sur vous, de fortifier vos cœurs et d’affermir vos pas.» [Al-Anfâl : 11]. Il y est mentionné qu’Il les purifia intérieurement et extérieurement, qu’Il raffermit leurs pas, fortifia leurs cœurs, et dissipa la démobilisation que le démon insinuait dans les âmes et ses suggestions dans les esprits. Il s’agit donc là d’un raffermissement tant intérieur qu’extérieur. Puis Il fit descendre la victoire sur eux d’en haut, en Sa parole(4) : «(Et rappelle-toi) quand ton Seigneur inspira aux Anges : “Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui ont cru. Je jetterai l’effroi dans le cœur de ceux qui ont mécru. Frappez-les donc au-dessus des cous…”». C’est-à-dire à la tête : «… et frappez-les sur chacune de leurs phalanges.» Ceci afin qu’ils ne puissent plus saisir leurs armes. «Cela, parce qu’ils se sont dressés contre Dieu et Son Messager. Quiconque se dresse contre Dieu et Son Messager… Dieu est certes dur en châtiment (13). Voilà (ce qui vous attend) : goûtez-en donc (les conséquences). Les mécréants auront certes le châtiment du Feu.» [Al-Anfâl : 12-14].
Ibn Jarîr(5) rapporte : «Hârûn ibn Isḥâq m’a raconté — Muṣ‘ab ibn al-Muqaddâm nous a transmis — Israïl nous a rapporté — d’après Abû Isḥâq — d’après Ḥâritha, d’après ‘Alî ibn Abî Tâlib, qui dit : “Cette nuit-là, avant le matin de la bataille de Badr, nous fûmes atteints par une légère pluie(6). Nous nous réfugiâmes alors sous les arbres et les boucliers afin de nous abriter de la pluie, tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) veilla debout à prier(7), et il nous incita au combat.”»
L’imam Aḥmad(8) rapporte : «‘Abd al-Raḥmân ibn Mahdî nous a dit — d’après Shu‘bah — d’après Abû Isḥâq — d’après Ḥâritha ibn Muḍarri b — d’après ‘Alî, qui déclara : “Il n’y avait parmi nous pas un seul cavalier le jour de Badr, à l’exception de al-Miqdâd. Je nous ai vus, tous endormis, sauf le Messager de Dieu (ﷺ) qui priait sous un arbre et pleurait jusqu’à l’aube.”» Ce hadith sera cité plus longuement. An-Nasâ’î(9) le rapporte également, d’après Bundâr, d’après Ghandar, d’après Shu‘bah.