Al-Bukhârî déclare dans le «Commencement de la Création» (1) : «Musaddad nous a rapporté : ‘Abd al-‘Azîz ibn al-Mukhtâr nous a rapporté : ‘Abd Allâh ad-Dânaj m’a rapporté, d’après Abû Salama, d’après Abû Hurayra, qu’il a entendu le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dire : “Le soleil et la lune seront roulés (mukawwarân) le Jour de la Résurrection.”» C’est un hadith rapporté uniquement par Al-Bukhârî.
Al-Hâfiẓ Abû Bakr al-Bazzâr en a donné une version plus détaillée. Il dit en effet : «Ibrâhîm ibn Ziyâd al-Baghdâdî nous a rapporté : Yûnus ibn Muḥammad nous a rapporté : ‘Abd al-‘Azîz ibn al-Mukhtâr nous a rapporté d’après ‘Abd Allâh ad-Dânaj : J’ai entendu Abû Salama ibn ‘Abd al-Raḥmân, à l’époque de Khâlid ibn ‘Abd Allâh al-Qasrî, dans cette mosquée – la mosquée de Kûfa – et Al-Ḥasan arriva et s’assit près de lui pour l’écouter (2). Il dit : “Abû Hurayra nous a rapporté que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : ‘En vérité, le soleil et la lune sont deux taureaux dans le Feu le Jour de la Résurrection’” (3).» Al-Ḥasan s’exclama : «Mais quel est donc leur péché ?» Il répondit : «Je te transmets la parole du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), et tu demandes : ‘Quel est leur péché ?’» Puis Al-Bazzâr ajouta : «Ceci n’est transmis d’Abû Hurayra que par cette unique chaîne ; et ‘Abd Allâh ad-Dânaj ne rapporte d’Abû Salama que ce seul hadith.»
Al-Hâfiẓ Abû Ya‘lâ al-Mawṣilî le rapporte également par la voie de Zayd ar-Riqâshî – qui est faible – d’après Anas. Celui-ci raconte que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : «Le soleil et la lune sont deux taureaux sacrifiés dans le Feu» (4).
Ibn Abî Ḥâtim rapporte : «Abû Sa‘îd al-Ashajj et ‘Umar ibn ‘Abd Allâh al-Awdî nous ont rapporté : Abû Usâma nous a rapporté, d’après Mujâlid, d’après un Shaykh de Bajîla, d’après Ibn ‘Abbâs, au sujet de la Parole : “Lorsque le soleil sera plié” [At-Takwîr, 1]. Il a dit : “Dieu pliera le soleil, la lune et les étoiles le Jour de la Résurrection, puis Il les jettera dans la mer ; ensuite, Dieu enverra un vent d’ouest qui les embrasera”» (5).
Ces témoignages indiquent que le soleil et la lune font partie des créatures de Dieu : Il les a créées (6) pour ce qu’Il a voulu, puis Il en dispose comme Il l’entend. C’est à Lui qu’appartient l’argument irréfutable et la sagesse infinie ; Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait, en raison de Sa science, de Sa sagesse, de Sa toute-puissance et de Sa volonté souveraine. Son décret ne peut être repoussé, contrecarré ou vaincu.
Combien est belle la citation qu’apporte l’imam Muḥammad ibn Isḥâq ibn Yasâr, au début de son livre “As-Sîra” (7), d’un poème attribué à Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl, décrivant la création des cieux et de la terre, du soleil et de la lune, et d’autres merveilles. Ibn Hishâm mentionne qu’il s’agit en fait de vers composés par Umayya ibn Abî aṣ-Ṣalt (dans la métrique at-Ṭawîl).