Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dit un jour : « Demain, untel tombera à cet endroit. » Alors il posa sa main sur le sol, ici et là. Aucun d’entre eux ne déplaça la main du Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) de là où il l’avait posée.

Ceci est rapporté par Muslim (1), d’après Abou Bakr, d’après ‘Affân, dans un récit similaire. Ibn Abî Hâtim, dans son « Tafsîr », et Ibn Mardawayh (2), selon la version de ce dernier, rapportent — par la chaîne de transmission remontant à ‘Abdallah ibn Lahî‘ah, d’après Yazîd ibn Abî Habîb, d’après Aslam, d’après Abou ‘Imrân — qu’il entendit Abou Ayyoub al-Ansârî dire : « Alors que nous étions à Médine, le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) nous dit : “On m’a informé que la caravane d’Abou Sufyân est en route. Seriez-vous prêts à sortir à sa rencontre pour qu’Allah nous l’accorde peut-être en guise de butin ?” Nous acceptâmes, puis après un ou deux jours de marche, il nous demanda : “Que pensez-vous de ces gens, puisqu’ils ont appris votre sortie ?” Nous répondîmes : “Par Allah, nous ne sommes pas capables de combattre ces gens. Ce que nous voulions, c’était seulement la caravane.” Il renouvela alors : “Que pensez-vous du combat contre eux ?” Nous lui répétâmes la même chose. C’est alors qu’al-Miqdâd ibn ‘Amr déclara : “Nous ne te dirons pas, ô Messager d’Allah, comme le peuple de Moïse l’a dit à Moïse : ‘Va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; quant à nous, nous restons ici assis.’”” » Abou Ayyoub poursuivit : « Nous, les Ansârs, nous aurions tellement souhaité avoir dit la même chose que ce qu’al-Miqdâd prononça ! Cela nous aurait été plus cher qu’un bien considérable… » C’est alors qu’Allah fit descendre ce verset à Son Messager (que la prière et la paix soient sur lui) : « De la même manière que ton Seigneur t’a fait sortir de ta demeure en toute vérité, alors qu’un groupe de croyants répugnaient (à cela). » [Al-Anfâl : 5] Il rapporta ensuite la suite du hadith.

Ibn Mardawayh relate également (3), par la chaîne de transmission passant par Muhammad ibn ‘Amr ibn ‘Alqamâ ibn Waqâs al-Laythî, d’après son père, d’après son grand-père, que le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) se mit en route vers Badr. Lorsqu’il fut à ar-Rawhâ’, il s’adressa alors aux gens : « Qu’en pensez-vous ? » Abou Bakr répondit : « Ô Messager d’Allah, nous avons entendu dire qu’ils sont nombreux. » Puis il s’adressa de nouveau à l’assemblée : « Qu’en pensez-vous ? » et ‘Oumar répéta ce qu’avait dit Abou Bakr. Lorsqu’il les interrogea une troisième fois : « Qu’en pensez-vous ? », Sa‘d ibn Mu‘âdh répliqua : « Ô Messager d’Allah, est-ce de nous que tu veux parler ? Par Celui qui t’a honoré et fait descendre sur toi le Livre, je n’ai jamais foulé ce chemin et n’ai aucune connaissance de ce genre de sentier. Mais si tu marches jusqu’à Birk al-Ghimâd, au fin fond du Yémen, nous te suivrons. Nous ne sommes pas comme ceux qui ont dit à Moïse : “Va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; quant à nous, nous restons ici assis.” Non, nous te disons au contraire : “Va, toi et ton Seigneur, et combattez ; nous sommes avec vous et nous vous obéirons.” Il se peut que tu sois sorti pour une raison précise et qu’Allah t’ait ordonné ensuite autre chose. Vois donc ce qu’Allah t’a commandé : suis les liens de qui tu veux, romps ceux de qui tu veux, déclare qui tu veux comme ennemi, établis la paix avec qui tu veux, et prends de nos biens ce que tu désires. » À sa déclaration, le Coran fut révélé sur la base des propos de Sa‘d : « De la même manière que ton Seigneur t’a fait sortir de ta demeure en toute vérité, alors qu’un groupe de croyants répugnaient (à cela) » [Al-Anfâl : 5], et la suite des versets.

(1) Rapporté par Muslim (1779). (2) Mentionné par al-Suyūṭī dans "al-Durr al-Manthūr" (3/163), qu'il attribue à Ibn Abī Ḥātim et Ibn Mardawayh. Voir également "Tafsīr Ibn Kathīr" (3/555) ; dans la chaîne de transmission figure Ibn Luhayʿa, ce qui comporte une discussion. (3) Rapporté par Ibn Abī Shayba dans "al-Muṣannaf" (18507) par la voie de Muḥammad ibn ʿAmr ibn ʿAlqama Bah, et mentionné par al-Muṣannaf dans "at-Tafsīr" (3/555) avec une chaîne d’Ibn Mardawayh. Al-Suyūṭī dans "al-Durr al-Manthūr" (3/163) l’attribue à Ibn Abī Shayba et Ibn Mardawayh, avec une chaîne comprenant Muḥammad ibn ʿAmr ibn ʿAlqama ibn Waqāṣ al-Laythī, qui est un homme véridique (ṣaduq) selon lui, et doté d’un ḥadīth ḥasan, tandis que son père ʿAmr ibn ʿAlqama est inconnu, comme expliqué dans "Taḥrīr at-Taqrīb".
رسول اللَّه ﷺ : "هذا مصرع فلان غدًا" . يضعَ يده على الأرض هاهنا وهاهنا. فما أماط أحدهم عن موضع يد رسول اللَّه ﷺ . ورواه مسلمٌ (١) ، عن أبي بكرٍ، عن عفّان به نحوه. وقد روى ابن أبي حاتمٍ في "تفسيره" ، وابن مردويه (٢) ، واللفظ له، من طريق عبد اللَّه بن لهيعة، عن يزيد بن أبي حبيبٍ، عن أسلم، عن أبي عمران، أنّه سمع أبا أيوب الأنصاريّ يقول: قال رسول اللَّه ﷺ ونحن بالمدينة: "إنّي أخبرت عن عير أبي سفيان أنّها مقبلةٌ، فهل لكم أن نخرج قِبَل هذه العير، لعلّ اللَّه يغنمناها؟ " . فقلنا: نعم. فخرج وخرجنا، فلمّا سرنا يومًا أو يومين، قال لنا: "ما ترون في القوم، فإنّهم قد أخبروا بمخرجكم؟ " . فقلنا: لا واللَّه، ما لنا طاقةٌ بقتال القوم، ولكنّا أردنا العير. ثم قال: "ما ترون في قتال القوم؟ " . فقلنا مثل ذلك. فقال المقداد بن عمروٍ: إذًا لا نقول لك يا رسول اللَّه كما قال قوم موسى لموسى: اذهب أنت وربّك فقاتلا إنا هاهنا قاعدون. قال: فتمنّينا معشر الأنصار لو أنّا قلنا مثل ما قال المقداد، أحبّ إلينا من أن يكون لنا مالٌ عظيمٌ. قال: فأنزل اللَّه، – Exalté soit-Il – ، على رسوله: ﴿كَمَا أَخْرَجَكَ رَبُّكَ مِنْ بَيْتِكَ بِالْحَقِّ وَإِنَّ فَرِيقًا مِنَ الْمُؤْمِنِينَ لَكَارِهُونَ﴾ [الأنفال: ٥] . وذكر تمام الحديث. وروى ابن مردويه أيضًا (٣) ، من طريق محمد بن عمروٍ بن علقمة بن وقّاصٍ اللّيثيّ، عن أبيه، عن جدّه، قال: خرج رسول اللَّه ﷺ إلى بدرٍ، حتى إذا كان بالرّوحاء، خطب الناس فقال: "كيف ترون؟ " . فقال أبو بكرٍ: يا رسول اللَّه، بلغنا أنّهم بكذا وكذا. قال: ثم خطب الناس فقال: "كيف ترون؟ " . فقال عمر مثل قول أبي بكرٍ، ثم خطب الناس فقال: "كيف ترون؟ " . فقال سعد بن معاذٍ: يا رسول اللَّه، إيّانا تريد، فوالّذي أكرمك وأنزل عليك الكتاب ما سلكتها قطّ، ولا لي بها علمٌ، ولئن سرت حتى تأتي بِرك الغماد من ذي يمنٍ، لنسيرنّ معك، ولا نكون كالذين قالوا لموسى: اذهب أنت وربّك فقاتلا إنا هاهنا قاعدون، ولكن اذهب أنت وربّك فقاتلا إنّا معكم متّبعون، ولعلّك أن تكون خرجت لأمرٍ وأحدث اللَّه إليك غيره، فانظر الذي أحدث اللَّه إليك فامض له، فصل حبال من شئت، واقطع حبال من شئت، وعاد من شئت، وسالم من شئت، وخذ من أموالنا ما شئت. فنزل القرآن على قول سعدٍ: ﴿كَمَا أَخْرَجَكَ رَبُّكَ مِنْ بَيْتِكَ بِالْحَقِّ وَإِنَّ فَرِيقًا مِنَ الْمُؤْمِنِينَ لَكَارِهُونَ﴾ الآيات.
(١) رواه مسلم (١٧٧٩). (٢) ذكره السيوطي في "الدر المنثور" (٣/ ١٦٣)، وعزاه لابن أبي حاتم، وابن مردويه. وانظر "تفسير ابن كثير" (٣/ ٥٥٥) وفي سنده ابن لهيعة، وفيه كلام. (٣) وأخرجه ابن أبي شيبة في "المصنف" (١٨٥٠٧)، من طريق محمد بن عمرو بن علقمة به، وذكره المصنف في "التفسير" (٣/ ٥٥٥) بسند ابن مردويه. والسيوطي في "الدر المنثور" (٣/ ١٦٣)، وعزاه إلى ابن أبي شيبة وابن مردويه، وفي سنده محمد بن عمرو بن علقمة بن وقاص الليثي، وهو صدوق له حسن الحديث، على أن والده عمرو بن علقمة مجهول، كما هو مبين في "تحرير التقريب".

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