Puis, il vint de nuit pour l’accrocher (1) aux voiles de la Kaʿba, et ils les craignirent à cause de ce qui s’était produit entre eux.
Ibn Isḥāq (2) a dit : « Yazīd ibn Rumān m’a rapporté, de la part de ʿUrwa ibn al-Zubayr, qu’au moment où Quraych se prépara à partir, ils rappelèrent ce qui s’était passé entre eux et Banū Bakr, et cela faillit les dissuader. Alors Iblīs apparut à eux sous l’apparence de Surāqa [ibn Mālik] ibn Juʿshum al-Mudlijī, qui était l’un des notables de Banū Kināna, et il leur déclara : “Je vous garantis qu’aucun mal ne vous parviendra de la part de Kināna, en venant de derrière vous, qui vous serait pénible.” Ils partirent donc en hâte.
J’ai dit : Et c’est le sens de la parole du Très-Haut (3) : « Et ne soyez pas comme ceux qui sortirent de leurs demeures avec orgueil, pour être vus des hommes, et qui détournent du sentier de Dieu. Dieu cerne parfaitement ce qu’ils font (47). Et lorsque le Diable leur enjoliva leurs actions et dit : ‘Nul ne vous vaincra aujourd’hui, et je suis votre protecteur.’ Mais lorsque les deux troupes se firent face, il tourna les talons et dit : ‘Je me désavoue de vous, je vois ce que vous ne voyez pas ; je crains Dieu, et Dieu est dur en punition.’ » [Al-Anfāl : 47-48]. Il les abusa – que Dieu le maudisse – jusqu’à ce qu’ils se mirent en route, parcourant étape après étape en sa compagnie, avec ses armées et ses enseignes, comme l’ont dit plusieurs. Puis il les laissa se faire massacrer. Lorsque la situation devint sérieuse et que les anges descendirent pour accorder la victoire, ayant aperçu Jibrīl (Gabriel), il rebroussa chemin
et dit : “Je me désavoue de vous, je vois ce que vous ne voyez pas, je crains Dieu.” C’est là ce que signifie la parole [du Très-Haut] (4) : « Tel le Diable lorsqu’il dit à l’homme : ‘Sois impie.’ Puis lorsqu’il devint impie, il lui dit : ‘Je me désavoue de toi ; je crains Dieu, Seigneur de l’univers.’ » [Al-Ḥashr : 16].
Dieu (5) a aussi dit : « Dis : ‘La vérité est venue et l’erreur s’est dissipée. L’erreur est toujours destinée à s’évanouir.’ » [Al-Isrāʾ : 81]. Iblīs – que Dieu le maudisse – lorsqu’il vit, ce jour-là, les anges descendre pour donner la victoire, s’enfuit aussitôt ; il fut le premier à prendre la fuite ce jour-là, après avoir été celui qui les avait encouragés et leur avait promis assistance, tout comme il les avait trompés et leur avait fait miroiter des espoirs. Mais les promesses du Diable ne sont que mirage.
Yūnus (6) a rapporté, d’après Ibn Isḥāq : « Quraych partit, avec force ou avec facilité, au nombre de neuf cent cinquante combattants. Ils conduisaient deux cents chevaux, et parmi eux se trouvaient des ‘fayān’ qui frappaient du tambour et chantaient des satires contre les musulmans. » Il mentionna également ceux qui fournirent des repas à Quraych jour après jour.
Al-Umawī (7) a rapporté que le premier à leur offrir un sacrifice, lorsque les Quraych quittèrent La Mekke, fut Abū Jahl, qui leur offrit dix chameaux ; puis Umayya ibn Khalaf, à ʿUsfān, leur offrit neuf chameaux ; ensuite Suhayl ibn ʿAmr en immola dix à Qudayd. Ils se détournèrent ensuite de Qudayd pour se diriger vers des points d’eau plus éloignés