Il est établi que ce hadith est rapporté dans les deux Sahîh (al-Bukhârî et Muslim) d’après Ibn ‘Abbâs. Et Allah – Exalté soit-Il – a dit : « Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous soyez pieux (183) pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque parmi vous est malade ou en voyage, qu’il jeûne alors un nombre égal d’autres jours. Et pour ceux qui ne peuvent le supporter qu’avec grande difficulté, il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si l’on donne davantage de son plein gré, c’est mieux pour soi. Mais il est préférable pour vous de jeûner, si vous saviez ! (184) Le mois de Ramadan, au cours duquel le Coran a été révélé comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Celui d’entre vous qui est présent en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. » (Sourate al-Baqara, v. 183-185)
Nous nous sommes déjà exprimés sur ce sujet dans le “Tafsîr”, en y rapportant de manière suffisante les hadiths qui s’y rattachent, ainsi que les traditions transmises et les règles qu’on en déduit. Louange à Allah pour cela.
L’imam Ahmad (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Nous a rapporté Abû an-Nadr, qui a dit : “Nous a rapporté al-Masʿûdî, qui a dit : ‘Nous a rapporté ʿAmr ibn Murra, d’après ʿAbd ar-Rahmân ibn Abî Laylâ, d’après Muʿâdh ibn Jabal’.” » Muʿâdh a dit : « La prière a connu trois phases, et le jeûne a connu trois phases. » Il mentionna ensuite les différentes phases de la prière, puis déclara : « Quant aux phases du jeûne, lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) arriva à Médine, il jeûnait trois jours de chaque mois et jeûnait le jour de ‘Âshûrâ’. Puis Allah – Exalté soit-Il – lui prescrivit le jeûne et fit descendre : “Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés…” jusqu’à Sa parole : “…et pour ceux qui ne peuvent le supporter qu’avec grande difficulté, il y a une compensation : nourrir un pauvre.” Ainsi, celui qui le voulait jeûnait, et celui qui le voulait offrait la nourriture à un pauvre, ce qui lui suffisait.
Ensuite, Allah – Exalté soit-Il – a fait descendre l’autre verset : “Le mois de Ramadan, au cours duquel le Coran a été révélé.” Il établit donc l’obligation de jeûner pour celui qui est résident et en bonne santé, allégea la charge pour le malade et le voyageur, et maintint la possibilité d’offrir à manger pour la personne âgée qui ne peut pas jeûner. Voilà les deux premières phases.
Muʿâdh poursuivit : “Au début, on pouvait manger, boire et avoir des rapports avec ses épouses tant qu’on ne s’était pas endormi. Une fois endormi, on devait s’abstenir jusqu’au soir suivant. Un homme des Anṣâr, appelé Ṣirma, travaillait en jeûnant jusqu’au crépuscule. À son retour chez lui, il fit la prière de nuit puis s’endormit sans avoir rien mangé ni bu, et se réveilla le matin au jeûne, si bien qu’il en souffrit énormément. Le Messager d’Allah (ﷺ), en le voyant dans un état de grande difficulté, lui demanda : ‘Qu’as-tu donc ? Je te vois très éprouvé.’ L’homme l’informa de la situation.
Par ailleurs, ʿUmar avait eu des rapports avec son épouse après s’être endormi, et il vint en informer le Messager d’Allah (ﷺ). C’est alors qu’Allah – Exalté soit-Il – fit descendre : “Il vous est permis, la nuit du jeûne, d’avoir des rapports avec vos femmes…” jusqu’à Sa parole : “…puis accomplissez le jeûne jusqu’à la nuit.” (Sourate al-Baqara, v. 187). »
Ce hadith a également été rapporté par Abû Dâwud dans ses Sunan, et par al-Hâkim dans son Mustadrak, selon le même récit d’al-Masʿûdî.