Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On déduit cela de la parole du Très-Haut : « Et Nous avons certes embelli le ciel le plus proche de lampes et Nous en avons fait des projectiles pour les démons » [Al-Mulk : 5], et de Sa parole : « Il les établit en sept cieux en deux jours, et révéla à chaque ciel sa fonction. Et Nous avons embelli le ciel le plus proche de lampes, et [l’avons sécurisé]. Telle est la détermination du Puissant, de l’Omniscient » [Fussilat : 12]. Il a donc réservé au ciel le plus proche, parmi les autres, l’ornement des astres ; si cela prouve qu’ils y sont sertis comme des bijoux, ainsi soit-il. Sinon, rien n’empêche ce qu’ont avancé d’autres, et Dieu est plus savant.

Selon eux, les sept cieux ou plutôt huit cieux (aflāk) tournent, avec les astres fixes et errants qu’ils contiennent, en un tour complet d’est en ouest au cours du jour et de la nuit. Et, toujours selon eux, chacun des astres errants se déplace à l’encontre de sa sphère, d’ouest en est : la lune achève son parcours en un mois, et le soleil achève le sien – qui est le quatrième – en une année. Ainsi, si ces deux mouvements ne présentent pas de différence et que leurs trajectoires sont voisines, la dimension du quatrième ciel est alors douze fois celle du ciel le plus proche. Quant à Saturne, il accomplit sa révolution – la septième – en trente ans ; selon ce principe, sa dimension équivaut à trois cent soixante fois celle du ciel le plus proche.

Ils ont traité de la mesure des corps de ces astres, de leur parcours et de leurs mouvements, et ils se sont tellement étendus sur cette question (2) qu’ils ont débordé sur ce qu’ils appellent « la science des jugements », à savoir les conséquences de ces mouvements sur les événements terrestres, alors même que beaucoup d’entre eux n’en ont qu’une connaissance limitée. Les Grecs qui habitaient le Levant bien avant l’époque du Christ (que la paix soit sur lui) ont beaucoup parlé de cela, à tel point qu’il serait trop long d’en exposer tous les détails. Ce sont eux qui ont construit la ville de Damas en lui donnant sept portes, au-dessus de chacune se trouvait un temple orné à l’effigie de l’une des sept planètes ; ils adoraient chacune dans son temple. De nombreux historiens (3) rapportent leurs prières particulières à ces astres.

L’auteur du livre « Le Secret caché dans l’interpellation du soleil, de la lune et des étoiles » (4) les mentionne également, de même que d’autres savants ḥarrāniens (5), philosophes de Harran dans les temps anciens. Ceux-ci étaient des idolâtres qui adoraient les sept astres et formaient une branche des Sabéens. C’est en ce sens que Dieu, exalté soit-Il, dit : « Parmi Ses signes, il y a la nuit et le jour, le soleil et la lune. Ne vous prosternez ni devant le soleil, ni devant la lune ; mais prosternez-vous devant Dieu, qui les a créés, si c’est Lui que vous adorez » [Fussilat : 37].

Par ailleurs, Dieu – rendant compte de la parole de la huppe à l’attention de Salomon (que la paix soit sur lui), au sujet de Balkis, reine de Saba dans le Yémen – dit : « En vérité, j’ai trouvé une femme qui les gouverne ; elle a reçu de tout, et elle possède un trône immense. Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil au lieu de Dieu ; le Diable leur a embelli leurs actions et les a détournés du droit chemin, si bien qu’ils ne sont point guidés ; [ne se prosternent-ils pas] devant Dieu, qui fait sortir ce qui est caché dans les cieux… » [d’après An-Naml : 23-24].

(1) Une partie entre deux crochets a été omise dans l'édition. (2) Dans la lettre B : "à propos de ces choses". (3) Voir le "Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq" (Histoire abrégée de Damas) d'Ibn Manẓūr (vol. 1, p. 46). (4) Le livre a été attribué à al-Fakhr al-Rāzī, mais il a été dit qu'il ne lui appartenait pas, ce qui a suscité des réfutations à ce sujet. Voir "Kashf al-Ẓunūn" (vol. 2, p. 989). (5) Les Ḥarnānīyūn : pluriel de Ḥarnānī, relatif à Ḥarrān — de manière non analogique — qui est une ville dans la région de l'« al-Jazīrah al-Furatīyah » (la région mésopotamienne près de l'Euphrate), située à deux jours de marche de Raqquah. Yāqūt a dit : c'était le lieu d'habitat des Sabéens, qui sont les Ḥarnānīyūn, que les auteurs des ouvrages sur les sectes et doctrines détestent. Voir "Muʿjam al-Buldān" (vol. 2, pp. 235‑236) et le "Fihrist" d'Ibn al-Nadīm (p. 383).
يُستدلُّ على هذا بقوله تعالى: ﴿وَلَقَدْ زَيَّنَّا السَّمَاءَ الدُّنْيَا بِمَصَابِيحَ وَجَعَلْنَاهَا رُجُومًا لِلشَّيَاطِينِ﴾ [الملك: ٥] . وبقوله: ﴿فَقَضَاهُنَّ سَبْعَ سَمَاوَاتٍ فِي يَوْمَيْنِ وَأَوْحَى فِي كُلِّ سَمَاءٍ أَمْرَهَا وَزَيَّنَّا السَّمَاءَ الدُّنْيَا بِمَصَابِيحَ وَحِفْظًا ذَلِكَ تَقْدِيرُ الْعَزِيزِ الْعَلِيمِ﴾ [فصلت: ١٢] فخصَّ سماءَ الدنيا من بينهنَّ بزينةِ الكواكب، فإنْ دلَّ هذا على كونها مرصَّعةً فيها فذاك، وإلا فلا مانعَ مما قاله الآخرون، واللَّه أعلم. وعندهم أنَّ الأفلاك السبعةَ، بل الثمانية، تدورُ بما فيها من الكواكب الثوابت والسيَّارات [في اليوم والليلة دورة كليَّة من الشرق إلى الغرب، وعندهم أن كل واحد من الكواكب السيَّارات] (١) يدورُ على خلاف فلكهِ من الغرب إلى الشرق، فالقمرُ يقطع فلكه في شهر، والشمس تقطع فلكها -وهو الرابع- في سنة. فإذا كان السيران ليس بينهما تفاوتٌ، وحركاتُهما متقاربةٌ، كان قدرُ السماء الرابعة بقدر السماء الدُّنيا ثنتيْ عشرة مرةً، وزُحلُ يقطعُ فلكه -وهو السابع- في ثلاثين سنةً، فعلى هذا يكون بقدر السماء الدنيا ثلئمئة وستين مرة. وقد تكلَّموا على مقادير أجرام هذه الكواكب وسيرها وحركاتها، وتوسَّعوا في ذلك (٢) حتَّى تعدَّوا إلى علم الأحكام، وما يترتَّبُ على ذلك من الحوادث الأرضيَّة، بما لا علمَ لكثيرٍ منهم به. وقد كان اليونانيون الذين كانوا يسكنونَ الشام قبل زمنِ المسيح (عليه السلام) بدهور لهم في هذا كلامٌ كثير يطولُ بَسْطُه، وهم الذين بنوا مدينةَ دمشق، وجعلوا لها أبوابًا سبعةً، وجعلوا على رأسِ كلِّ بابٍ هيكلًا على صفة الكواكب السَّبْعة، يعبدونَ كلَّ واحدٍ في هيكلِه، ويدعونه بدعاءٍ يأثره عنهم غيرُ واحد من أهلِ التواريخ (٣) وغيرهم. وذكره صاحبُ كتاب "السر المكتوم في مخاطبة الشمس والقمر والنجوم" (٤) وغيره من علماء الحرنانيين (٥) -فلاسفة حرَّان في قديم الزمان- وقد كانوا مشركين يعبدونَ الكواكبَ السبعة، وهم طائفة من الصابئين، ولهذا قال الّه تعالى: ﴿وَمِنْ آيَاتِهِ اللَّيْلُ وَالنَّهَارُ وَالشَّمْسُ وَالْقَمَرُ لَا تَسْجُدُوا لِلشَّمْسِ وَلَا لِلْقَمَرِ وَاسْجُدُوا لِلَّهِ الَّذِي خَلَقَهُنَّ إِنْ كُنْتُمْ إِيَّاهُ تَعْبُدُونَ﴾ [فصلت: ٣٧] وقال تعالى إخبارًا عن الهُدْهُدِ أنَّه قال لسليمان (عليه السلام) ، مخبرًا عن بلقيسَ وجنودِها، ملكة سبأ في اليمن وما والاها: ﴿إِنِّي وَجَدْتُ امْرَأَةً تَمْلِكُهُمْ وَأُوتِيَتْ مِنْ كُلِّ شَيْءٍ وَلَهَا عَرْشٌ عَظِيمٌ (٢٣) وَجَدْتُهَا وَقَوْمَهَا يَسْجُدُونَ لِلشَّمْسِ مِنْ دُونِ اللَّهِ وَزَيَّنَ لَهُمُ الشَّيْطَانُ أَعْمَالَهُمْ فَصَدَّهُمْ عَنِ السَّبِيلِ فَهُمْ لَا يَهْتَدُونَ (٢٤) أَلَّا يَسْجُدُوا لِلَّهِ الَّذِي يُخْرِجُ الْخَبْءَ فِي السَّمَاوَاتِ
(١) ما بين حاصرتين سقط من المطبوع. (٢) في ب: في هذه الأشياء. (٣) انظر مختصر تاريخ دمشق؛ لابن منظور (١/ ٤٦). (٤) نُسب الكتاب إلى الفخر الرازي، وقيل: ليس له، وعليه ردود. انظر كشف الظنون (٢/ ٩٨٩). (٥) الحرنانيون: جمع حرنانيّ؛ نسبة إلى حرَّان -على غير القياس- وهي مدينة في الجزيرة الفراتية، بينها وبين الرقة يومان. قال ياقوت: وكانت منازل الصابئة، وهم الحرَّانيون الذين يكرههم أصحاب كتب الملل والنحل. انظر معجم البلدان (٢/ ٢٣٥ - ٢٣٦) والفهرست؛ لابن النديم (ص ٣٨٣).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies