‘Abd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl, qui était le chef des hypocrites – et le dirigeant des Khazraj et des Aws également –, avait été désigné par ces deux tribus, à l’époque préislamique, pour devenir leur roi. Or, lorsque Dieu les guida vers l’islam avant même son intronisation, ce maudit s’étrangla de rage (1) et en fut profondément exaspéré. C’est lui qui déclara : « Si nous rentrons à Médine, le plus puissant en chassera assurément le plus faible » [Coran, Les Hypocrites (63:8)] (2).
De nombreux versets furent révélés à son sujet. C’est à lui, ainsi qu’à Wadi‘ah – un homme des Banū ‘Awf –, Mālik ibn Abī Qawqal, Suwayd et Dā‘is, tous issus de son clan, que s’appliquent les paroles divines : « Même s’ils étaient chassés, ils ne sortiraient pas avec eux » [Coran, L’Exode (59:12)] (3). Cela survint quand ils penchèrent intérieurement en faveur des Banū al-Naḍīr.
[Section]
Ibn Isḥāq (4) mentionne ensuite ceux d’entre les rabbins juifs qui embrassèrent l’islam par dissimulation, tout en restant non-croyants dans leur for intérieur ; il les inclut parmi les hypocrites, qui comptaient alors parmi les pires. On y trouve Sa‘d ibn Ḥunayf et Zayd ibn al-Laṣīt, lequel, lorsque la chamelle du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) s’égara, déclara : « Muḥammad prétend recevoir la révélation du ciel, alors qu’il ne sait même pas où est sa chamelle ! » Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) répondit : « Par Dieu, je ne sais que ce que Dieu m’a enseigné. Et Il m’a indiqué où elle se trouve : elle est dans cette vallée, retenue par son licou à un arbre. » Des musulmans s’y rendirent et la retrouvèrent ainsi (5).
Il y avait également Nu‘mān ibn Awf, ‘Uthmān ibn Awf et Rāfi‘ ibn Ḥuraymila, à propos duquel le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) aurait dit, le jour de sa mort : « Aujourd’hui est mort un éminent personnage parmi les grands hypocrites. » Figurait encore Rifā‘ah ibn Zayd ibn al-Tābūt, dont la mort coïncida avec le retour du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) de Tabūk. Ce jour-là, un vent violent s’était levé, et il déclara : « Ce vent s’est levé pour la mort d’un grand parmi les grands négateurs de la foi. » Lorsqu’ils arrivèrent à Médine, ils constatèrent que Rifā‘ah était effectivement mort ce jour-là (6).
Il y avait aussi Silsila ibn Birhām, Kināna et Ibn Ṣuriyā. Ce sont là ceux qui, issus des rangs juifs, se convertirent en restant hypocrites. (7) L’on raconte enfin que ces hypocrites se rendaient à la mosquée, écoutaient les propos des musulmans et s’en moquaient.