Lorsque la question fut portée devant l’Envoyé de Dieu (ﷺ), al-Jallās en contesta la véracité et jura qu’il n’avait rien dit de tel. C’est alors que fut révélé un verset à son sujet. (1) On rapporte qu’il se repentit et que son repentir fut sincère, au point que l’on reconnut chez lui un engagement réel dans l’islam et de bonnes œuvres.
Il ajouta que son frère, al-Ḥārith ibn Suwayd, était celui qui avait tué al-Mujadhdhar ibn Diyād al-Balawī et Qays ibn Zayd, l’un des Banū Ḍabīʿah, le jour de Uḥud. Bien qu’il fût parti au combat avec les musulmans, il était en réalité un hypocrite. Lorsque les deux armées s’affrontèrent, il se jeta sur ces deux hommes et les tua, avant de s’enfuir pour rejoindre Qurayš. Ibn Hishām (2) expliqua qu’al-Mujadhdhar avait auparavant tué le père d’al-Ḥārith, Suwayd ibn aṣ-Ṣāmit, lors de certaines guerres de la Jāhiliyyah, et qu’ainsi le fils avait assouvi sa vengeance le jour de Uḥud.
Ibn Isḥāq mentionna que celui qui avait effectivement tué Suwayd ibn aṣ-Ṣāmit était plutôt Muʿādh ibn ʿAfrāʾ, qui l’aurait abattu [par subterfuge], en dehors de tout affrontement, avant le jour de Buʿāth, en lui décochant une flèche mortelle. Ibn Hishām démentit qu’al-Ḥārith eût tué Qays ibn Zayd, affirmant que, selon Ibn Isḥāq, ce nom ne figurait pas dans la liste des victimes de la bataille de Uḥud.
Ibn Isḥāq précisa également que l’Envoyé de Dieu (ﷺ) avait ordonné à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb de tuer al-Ḥārith s’il le capturait. Al-Ḥārith envoya toutefois un message à son frère al-Jallās pour solliciter son intercession et obtenir le pardon, afin de revenir vivre parmi son peuple. C’est alors que Dieu fit descendre, d’après ce qui nous est parvenu d’Ibn ʿAbbās : « Comment Dieu guiderait-Il un peuple qui a renié après avoir cru et après avoir attesté que le Messager est véridique, alors que les preuves leur étaient venues ? Dieu ne guide pas les gens injustes » [Āl ʿImrān : 86] (3), et ce jusqu’à la fin de l’histoire.
Il dit ensuite : « Quant à Bijād ibn ʿUthmān ibn ʿĀmir et Nabtal ibn al-Ḥārith, ce dernier est celui au sujet duquel l’Envoyé de Dieu (ﷺ) a déclaré : “Celui qui veut regarder un diable, qu’il regarde cet homme.” (4) Il était d’une forte carrure, au teint sombre, aux cheveux hirsutes, aux yeux rougis et aux joues foncées. Il écoutait les propos du Messager de Dieu (ﷺ), puis il s’en allait les rapporter aux hypocrites. C’est lui qui a dit : “Muḥammad n’est qu’une oreille : celui qui lui rapporte quelque chose, il le croit aussitôt.” » Dieu révéla alors à son sujet : « Et parmi eux, il en est qui offensent le Prophète et disent : “Il est tout oreille.” » [at-Tawbah : 61] (6).
Il poursuivit : « Également Abū Ḥabībah ibn al-Azʿar, qui compte parmi ceux qui ont construit la mosquée de ḍirār, tout comme Thaʿlabah ibn Ḥāṭib et Muʿattib ibn Qušayr. Ces deux derniers avaient fait alliance avec Dieu en disant : “Si Dieu nous donne de Sa grâce, nous ferons l’aumône” [at-Tawbah : 75] (7). Mais ils rompirent leur engagement, et ce verset fut alors révélé à leur sujet. Muʿattib est d’ailleurs celui qui déclara le jour de Uḥud : “Si nous avions eu notre mot à dire, nous n’aurions pas été tués ici.” [Āl ʿImrān : 154]. Et un verset fut révélé à son propos. »