Parmi les Juifs de Banî Hâritha se trouvait Kinâna ibn Sûriyâ. Parmi les Juifs de Banî ʿAmr ibn ʿAwf se trouvait Qardam ibn ʿAmr. Et parmi les Juifs de Banî an-Najjâr, Salsila ibn Barhâm.
Ibn Isḥâq a dit (1) : « Voilà les rabbins juifs, gens de mal et d’hostilité envers le Messager de Dieu (ﷺ) et ses compagnons, et ceux qui l’interrogeaient fréquemment, par pur esprit de défi, d’obstination et de mécréance. » Il ajouta : « Ils s’employaient également à dresser des embûches pour éteindre l’essor de l’islam, à l’exception de ʿAbd Allâh ibn Salâm et de Mukhayrîq. »
Il mentionna ensuite la conversion à l’islam de ʿAbd Allâh ibn Salâm, suivie de celle de sa tante Khâlida (3), comme nous l’avons déjà rapporté. Il évoqua également la conversion de Mukhayrîq le jour de la bataille d’Uḥud (4), comme nous le verrons plus loin. Ce dernier dit alors à son peuple, le jour du sabbat : « Ô communauté juive ! Par Dieu, vous savez que secourir Muḥammad est certainement la vérité. » Ils lui répondirent : « Mais aujourd’hui est un jour de sabbat. » Il répliqua : « Vous n’avez pas de sabbat ! » Puis il prit ses armes et sortit (5) rejoindre le Messager de Dieu (ﷺ). Il avait auparavant confié à son entourage : « Si je suis tué aujourd’hui, que mes biens reviennent à Muḥammad, et qu’il en dispose selon ce que Dieu lui inspire (6). » Il possédait alors une grande fortune. Ensuite, il combattit aux côtés du Messager de Dieu (ﷺ) jusqu’à ce qu’il fût tué (– qu'Allah soit satisfait de lui –). Selon ce qui nous est parvenu, le Messager de Dieu (ﷺ) disait de lui : « Mukhayrîq est le meilleur des Juifs » (7).
[Chapitre]
Ibn Isḥâq rapporta ensuite (8) que certains, parmi les hypocrites des Aws et des Khazraj, s’allièrent à ces adversaires juifs. Parmi les Aws, il cita Zuwiyy ibn al-Ḥârith et Jullâs ibn Suwayd ibn aṣ-Ṣâmit al-Anṣârî. Au sujet de ce dernier, Dieu révéla : « Ils jurent par Dieu qu’ils n’ont pas proféré [cette parole], alors qu’ils l’ont bel et bien prononcée : une parole de mécréance, et ils ont mécru après [leur] islam » (at-Tawba, 74). En effet, après s’être abstenu de participer à l’expédition de Tabûk, il déclara : « Si cet homme dit vrai, alors nous sommes plus vils que les ânes » (9). Son beau-fils, ʿUmayr ibn Saʿd, rapporta ses propos.