J’ai dit : Ce poème est étrange et sous-entend qu’il l’a vu durant trois nuits avant d’en informer le Messager d’Allah (ﷺ). Et Allah sait mieux.
L’imam Aḥmad (1) l’a rapporté d’après le ḥadīth de Muḥammad ibn Isḥāq, qui a dit : « Az-Zuhrī a mentionné, d’après Saʿīd ibn al-Musayyib, d’après ʿAbd Allāh ibn Zayd, un récit semblable à ce qu’a rapporté Ibn Isḥāq d’après Muḥammad ibn Ibrāhīm at-Taymī, sans toutefois mentionner le poème. »
Ibn Mājah (2) a dit : « Muḥammad ibn Khālid ibn ʿAbd Allāh al-Wāsiṭī nous a rapporté, il nous transmet d’après son père, d’après ʿAbd ar-Raḥmān ibn Isḥāq, d’après Az-Zuhrī, d’après Sālim, d’après son père : Le Messager d’Allah (ﷺ) consulta les gens à propos de ce qui les préoccupait au sujet de la prière (3). Ils évoquèrent la trompe, mais il la détesta à cause des Juifs ; puis ils parlèrent de la cloche, mais il la détesta à cause des Chrétiens. Alors, cette nuit-là, l’appel fut montré en songe à un homme des Anṣār nommé ʿAbd Allāh ibn Zayd, ainsi qu’à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. L’Anṣārī vint trouver le Messager d’Allah (ﷺ) durant la nuit. Le Messager d’Allah (ﷺ) ordonna alors à Bilāl de faire l’adhān avec ces paroles. » Az-Zuhrī rapporta : « Bilāl ajouta à l’appel de la prière de l’aube : “La prière est meilleure que le sommeil” deux fois (4). » Le Messager d’Allah (ﷺ) valida cela. ʿUmar dit alors : « Ô Messager d’Allah, j’ai vu la même chose qu’il a vue, mais il m’a devancé. »
La clarification de ce passage figurera au chapitre de l’adhān dans le “Kitāb al-Aḥkām al-Kabīr”, si Allah le veut, c’est en Lui que nous plaçons notre confiance.
Quant au ḥadīth rapporté par As-Suhaylī selon sa chaîne de transmission (5), via al-Bazzār — « Muḥammad ibn ʿUthmān ibn Makhlad nous a rapporté, il transmet d’après son père, d’après Ziyād ibn al-Mundhir, d’après Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn, d’après son père, d’après son grand-père, d’après ʿAlī ibn Abī Ṭālib » —, il mentionne le récit de l’Isrā’. On y rapporte : « Un ange sortit de derrière le voile et fit cet adhān. Chaque fois qu’il prononçait une formule, Allah le confirmait. Puis l’ange prit la main de Muḥammad (ﷺ), l’avança pour diriger la prière des habitants du ciel, dont Ādam et Noé (6). »
Ensuite, As-Suhaylī dit : « Il est tout à fait plausible que ce ḥadīth soit authentique, car un autre ḥadīth de l’Isrā’ le corrobore et lui ressemble. » Pourtant, ce ḥadīth n’est pas comme l’a affirmé As-Suhaylī : il est jugé munkar (réprouvé). Il est l’apanage de Ziyād ibn al-Mundhir, Abū al-Jārūd, auquel est attribuée la secte al-Jārūdiyya ; c’est l’un des transmetteurs soupçonnés (7). Par ailleurs, si le Messager d’Allah (ﷺ) l’avait réellement entendu la nuit de l’Isrā’, il est probable qu’il l’aurait aussitôt ordonné après l’Hégire pour appeler à la prière. Et Allah sait mieux.