C’est ainsi que les éclipses indiquent et impliquent certaines choses. Lorsqu’elle y pénètre jusqu’à en atteindre le milieu – ce qui correspond, par exemple, au moment de minuit lorsque la durée du jour et de la nuit est équilibrée, et qu’elle se situe alors entre les deux pôles, le sud et le nord –, elle est à la plus grande distance possible du Trône, car celui-ci est surélevé du côté de la face du monde. C’est là l’endroit où elle se prosterne, comme cela lui convient, tout comme elle est au plus proche du Trône au moment du zénith, de notre point de vue. Ainsi, quand elle se trouve au lieu de sa prosternation, elle demande la permission au Seigneur – exalté soit-Il – de se lever à l’est (1). Il lui est alors permis, et elle paraît depuis l’est. En même temps, elle répugne à se lever face aux pécheurs parmi les fils d’Adam. C’est à ce propos qu’Oumayya (2) ibn Abî al-Salt a dit (mètre al-kâmil) :
« Elle refuse, alors elle n’apparaît pour nous qu’à contretemps… sauf si elle est châtiée ou bien fouettée. »
Lorsque vient le moment où Dieu veut qu’elle se lève depuis l’ouest, elle se prosterne selon son habitude et demande à nouveau la permission de se lever, mais elle ne l’obtient pas. Il est rapporté qu’elle se prosterne encore, puis demande la permission à nouveau, sans l’obtenir. Cette nuit s’allonge – comme nous l’avons mentionné dans le « Tafsîr » (3). Elle dit alors : « Ô mon Seigneur, l’aube est proche et la distance est grande ! » Il lui est répondu : « Retourne d’où tu es venue », puis elle se lève depuis l’ouest. Quand les gens la voient, ils croient tous. C’est ce que signifie la parole d’Allah :
« Le jour où la foi d’aucune âme ne lui servira plus à rien si elle n’avait pas cru auparavant ou n’avait rien acquis de bien dans sa foi. » [Al-An‘âm, 6 : 158]
Ils ont également expliqué par cela la parole d’Allah : « Et le soleil court vers un gîte qui lui est assigné. » On a dit : il s’agit du moment où on lui ordonne de se lever à l’ouest. On a dit aussi que ce « gîte » est l’endroit où elle se prosterne sous le Trône. On a dit encore qu’il s’agit de l’extrémité de sa course, c’est-à-dire de la fin du monde.
Ibn ‘Abbâs a rapporté (4) qu’il lisait : « Et le soleil court, il n’a point de repos. » Autrement dit, il ne s’arrête pas : il se prosterne donc en mouvement.
C’est pourquoi Allah – exalté soit-Il – dit : « Il n’appartient ni au soleil de rattraper la lune ni à la nuit de devancer le jour. Et tous nagent dans une orbite. » [Yâ-Sîn, 36 : 40] Il signifie par là que le soleil ne rattrape pas la lune pour se lever sous son empire et sa souveraineté, pas plus que la nuit n’est antérieure au jour, c’est-à-dire qu’elle ne le précède pas d’une distance qui le retarderait. Quand la nuit s’en va, le jour vient aussitôt après, et quand le jour s’en va, la nuit le suit de même immédiatement. Comme Il le dit dans un autre verset : « Il enveloppe le jour de la nuit qui le poursuit avec hâte ; et le soleil, la lune et les étoiles sont assujettis à Son ordre. N’est-ce pas à Lui qu’appartiennent la création et l’ordre ? Béni soit Allah, Seigneur de l’univers ! » [Al-A‘râf, 7 : 54]
Il – exalté soit-Il – dit aussi : « C’est Lui qui a fait de la nuit et du jour une succession pour quiconque veut se rappeler ou veut être reconnaissant. » [Al-Furqân, 25 : 62] C’est-à-dire que l’un succède à l’autre et inversement, comme l’a dit l’Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) : « Lorsque la nuit vient de ce côté et que le soleil se couche… »