Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Muhammad est le Messager de Dieu. Venez à la prière, venez à la prière, venez au salut (au succès), venez au salut (au succès), Dieu est plus Grand, Dieu est plus Grand, il n’y a de dieu que Dieu.

Lorsqu’on rapporta ces paroles au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), il déclara :
« C’est assurément un rêve véridique, si Dieu le veut. Lève-toi avec Bilal, enseigne-les-lui, qu’il lance l’appel à la prière (adhân) avec ces formules, car sa voix porte mieux que la tienne »(1).

Lorsque Bilal appela ainsi, ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb l’entendit depuis sa maison. Il se rendit chez le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), traînant son vêtement, tout en disant : « Ô Prophète de Dieu, par Celui qui t’a envoyé avec la Vérité, j’ai vu la même chose que ce qu’il a vu. » Le Messager de Dieu répondit : « Louange à Dieu. »

Ibn Isḥâq(2) dit : « Ce hadith m’a été transmis par Muḥammad ibn Ibrâhîm ibn al-Ḥârith, d’après Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn Zayd ibn Thaʿlabah ibn ʿAbd Rabbih, d’après son père. »

Ce hadith a également été rapporté, selon plusieurs chaînes de transmission remontant à Ibn Isḥâq, par Abû Dâwud, al-Tirmidhî, Ibn Mâjah et Ibn Khuzaymah(3), et a été jugé authentique par al-Tirmidhî, Ibn Khuzaymah et d’autres.

D’après Abû Dâwud, le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui enseigna aussi l’iqâmah, en disant :
« Ensuite, quand tu établis la prière, tu diras : “Dieu est plus Grand, Dieu est plus Grand ; j’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu ; j’atteste que Muhammad est le Messager de Dieu ; venez à la prière ; venez au salut (au succès) ; la prière est sur le point de commencer, la prière est sur le point de commencer ; Dieu est plus Grand, Dieu est plus Grand ; il n’y a de dieu que Dieu.” »

Ibn Mâjah(4) a rapporté ce même hadith d’après Abû ʿUbayd Muḥammad ibn ʿUbayd ibn Maymûn, d’après Muḥammad ibn Salamah al-Ḥarrânî, d’après Ibn Isḥâq, comme mentionné plus haut, puis il a ajouté(5) : « Abû ʿUbayd a dit : Abû Bakr al-Ḥakamî m’a informé que ʿAbd Allâh ibn Zayd al-Anṣârî en disait à ce sujet(6) :

[du mètre al-khafîf]

“Je loue Dieu, le Détenteur de Majesté et de Générosité,
d’une louange abondante pour l’appel à la prière.
Car la bonne annonce m’est venue de la part de Dieu :
quel augure béni pour moi !
Durant trois nuits successives cela me fut révélé ;
et chaque fois qu’il revenait, ma vénération augmentait.””

(1) « Andā » : plus élevé, plus haut et plus éloigné. Il a été dit aussi : le meilleur et le plus doux. Al-Nihāya d'Ibn al-ʿEthīr (Nadī). (2) Dans la Sīra d'Ibn Hichām (1/509) et al-Rawḍ (2/253). (3) Sunan Abī Dāwūd (n°499), chapitre « Comment est l’adhān » ; Jāmiʿ al-Tirmidhī (n°189), chapitre « Ce qui a été rapporté sur le début de l’adhān » ; Sunan Ibn Mājah (n°706), chapitre « Le début de l’adhān » ; Ṣaḥīḥ Ibn Ḫuzayma (n°363), regroupant les chapitres sur l’adhān et l’iqāma, chapitre mentionnant la preuve que celui dont la voix est plus haute et plus forte a plus droit à l’adhān. (4) Ce hadith est reporté tardivement dans la chaîne de transmission (ḥadīth ḥ) au-delà de la parole de l’auteur : « Et Allah sait mieux », dans son commentaire sur le hadith de l’Isra’ rapporté par al-Suhaylī. (5) Sunan Ibn Mājah (706), et c’est un hadith sahīḥ comme l’a dit al-Tirmidhī. En effet, Ibn Isḥāq a explicitement mentionné avoir entendu, ce qui dissipe tout soupçon de fabrication. Il a été authentifié par plusieurs imams, en plus d’al-Tirmidhī : al-Bukhārī, al-Nawawī et al-Dhahabī. Quant à ce qu’a rapporté Abū ʿUbaid d’un poème d’al-Ḥakami après le hadith, sa chaîne est interrompue, comme il paraît évident, et donc sa transmission n’est pas correcte (Bashār). (6) La narration de l’al-Bayt dans ḥadīth, édition Ṭā, ainsi : « Al-ḥamdu lillāh dhī al-jalāl wa dhī al-ikrām » [« Louange à Allah, le Détenteur de la Majesté et de la Générosité »] Ce vers ne respecte pas la métrique, ce qui est confirmé par Sunan Ibn Mājah, y compris les points de diacritiques : beaucoup dans ce vers et dans le ḥadīth.
محمدًا رسول اللَّه، حيَّ على الصلاة، حيَّ على الصلاة، حيَّ على الفلاح، حيَّ على الفلاح، اللَّه أكبر اللَّه أكبر، لا إله إلا اللَّه. فلما أخبر بها رسول اللَّه ﷺ قال: "إنها لرؤيا حق إنْ شاء اللَّه، فقمْ مع بلال فألقِها عليه فليؤذِّن بها، فإنه أنْدَى صوتًا منك" (١) . فلما أذَّن بها بلال سمعه عمر بن الخطاب وهو في بيته، فخرج إلى رسولِ اللَّه ﷺ وهو يجرُّ رداءَه وهو يقول: يا نبيَّ اللَّه، والذي بعثك بالحق لقد رأيتُ مثلَ الذي رأى. فقال رسولُ اللَّه: فلله الحمد. قال ابنُ إسحاق (٢) : حدثني بهذا الحديث محمد بن إبراهيم بن الحارث، عن محمد بن عبد اللَّه بن زيد بن ثعلبة بن عبد ربه، عن أبيه. وقد روى هذا الحديث أبو داود والترمذي وابن ماجَهْ وابنُ خزيمة (٣) من طرق عن محمد بن إسحاق به. وصحَّحه الترمذي وابنُ خزيمة وغيرُهما. وعند أبي داود أنه علمه الإقامة قال: ثم تقول إذا أقمت الصلاة: اللَّه أكبر اللَّه أكبر، أشهدُ أن لا إله إلا اللَّه، أشهد أنَّ محمدًا رسول اللَّه، حيَّ على الصلاة، حيَّ على الفلاح، قد قامتِ الصلاةُ قد قامتِ الصلاة، اللَّه أكبر اللَّه أكبر، لا إله إلا اللَّه. وقد (٤) روى ابنُ ماجَهْ هذا الحديث عن أبي عُبيد محمد بن عُبيد بن ميمون عن محمد بن سَلَمة الحرَّاني عن ابنِ إسحاق كما تقدَّم، ثم قال (٥) : قال أبو عُبيد: وأخبرني أبو بكر الحَكَميّ أنَّ عبد اللَّه بن زيد الأنصاري قال في ذلك: [من الخفيف] أحمدُ اللَّه ذا الجلالِ وذا الإكْـ … ـرام حَمْدًا على الأذانِ كثيرا (٦) إذْ أتاني به البشيرُ من اللَّهِ … فأَكرِمْ به لديَّ بَشيرا في ليالٍ والَى بهنَّ ثلاثٍ … كلَّما جاء زادني توقيرا
(١) "أندى": أرفع وأعلى وأبعد. وقيل: أحسن وأعذب. النهاية لابن الأثير (ندي). (٢) في سيرة ابن هشام (١/ ٥٠٩) والروض (٢/ ٢٥٣). (٣) سنن أبي داود (٤٩٩) الصلاة باب كيف الأذان. وجامع الترمذي (١٨٩) الصلاة باب ما جاء في بدء الأذان. وسنن ابن ماجه (٧٠٦) الأذان باب بدء الأذان. وصحيح ابن خزيمة (٣٦٣) جماع أبواب الأذان والإقامة باب ذكر الدليل على أن من كان أرفع صوتًا وأجهر كان أحق بالأذان. (٤) تأخر هذا الحديث في ح إلى ما بعد قول المصنف: واللَّه أعلم. في تعليقه على حديث الإسراء الذي رواه السهيلي. (٥) سنن ابن ماجه (٧٠٦) وهو حديث صحيح كما قال الترمذي، فإن ابن إسحاق قد صرح بالسماع فانتفت شبهة تدليسه، وقد صححه جماعة من الأئمة إضافة الترمذي منهم: البخاري والنووي والذهبي. أما ما ساقه أبو عبيد من الشعر عن الحكمي بعد الحديث فإسناده منقطع، كما هو ظاهر، فلا يصح سنده (بشار). (٦) رواية البيت في ح، ط هكذا: الحمد للَّه ذي الجلال وذي الإكرام ولا يستقيم به الوزن، والمثبت من سنن ابن ماجه، وإعجام: كثيرًا منه ومن ح.

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