[Section]
Ibn Jarîr (1) a dit : « Au cours de cette année – c’est-à-dire la première année de l’Hégire – on aurait, selon certains, ajouté deux rak‘ates à la prière en résidence (salât al-ḥaḍar). En effet, la prière en résidence et en voyage se composait alors de deux rak‘ates. Cela survint un mois après l’arrivée du Prophète ﷺ à Médine, au mois de Rabî‘ al-Âkhir, douze nuits déjà écoulées (2). » Et il dit (4) : « Al-Wâqidî prétend qu’il n’existe aucune divergence à ce sujet parmi les gens du Ḥijâz. »
J’ajoute : le hadith déjà mentionné (3), rapporté par al-Bukhârî via Ma‘mar, d’après az-Zuhrî, d’après ‘Urwa, d’après ‘Â’isha, indique : « Lorsque la prière fut prescrite pour la première fois, elle consista en deux rak‘ates. Puis la prière de voyage fut maintenue ainsi, et celle en résidence augmentée. » On rapporte aussi ce récit par la voie de ash-Sha‘bî, d’après Masrûq, d’après ‘Â’isha.
Par ailleurs, al-Bayhaqî (4) cite d’après al-Ḥasan al-Baṣrî que la prière en résidence, dès le départ, aurait été prescrite en quatre rak‘ates. Et Dieu sait mieux.
Nous avons abordé ce point dans l’exégèse de la sourate an-Nisâ, à propos de la parole du Très-Haut : « Et lorsque vous voyagez sur la terre, il n’y a pas de péché à raccourcir la prière » (an-Nisâ, 4 :101).
[Section sur l’adhân et sa législation à l’arrivée du Prophète ﷺ dans la cité prophétique de Médine]
Ibn Isḥâq (5) a dit : « Quand le Messager d’Allah ﷺ fut établi à Médine, que ses frères émigrés (muhâjirûn) l’y rejoignirent et que les Anṣâr y étaient déjà, la cause de l’Islam se raffermit. La prière fut alors établie, la zakât et le jeûne furent prescrits, on instaura les peines légales, le licite et l’illicite furent définis, et l’Islam prit place parmi eux. C’est ce groupe d’Anṣâr qui s’étaient installés dans la cité et avaient embrassé la foi. Au moment où le Messager d’Allah ﷺ arriva, les gens se réunissaient auprès de lui pour la prière à l’heure convenue, sans aucun appel. Le Prophète ﷺ projeta d’utiliser une trompe (bûq) à la manière des Juifs pour convoquer à la prière, mais il y renonça, puis il ordonna de tailler une cloche (nâqûs) pour appeler les musulmans à prier.
Pendant que l’on s’occupait de cela, ‘Abd Allâh ibn Zayd ibn Thâlaba ibn ‘Abd Rabbih, le frère de Bal-Ḥârith ibn al-Khazraj, eut la vision de l’appel (an-nidâ’). Il se rendit alors chez le Messager d’Allah ﷺ et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Cette nuit, un être est venu à moi. Un homme portant deux habits verts est passé près de moi, tenant une cloche dans la main. Je lui ai demandé : “Ô ‘Abd Allâh, vendrais-tu cette cloche ?” Il a répondu : “Qu’en ferais-tu ?” J’ai répliqué : “Nous nous en servirions pour appeler à la prière.” Il a dit : “Ne veux-tu pas que je te montre mieux que cela ?” J’ai demandé : “De quoi s’agit-il ?” Il a dit : “Tu diras : Allâhu akbar Allâhu akbar, Allâhu akbar Allâhu akbar, ash-hadu an lâ ilâha illâ Allâh, ash-hadu an lâ ilâha illâ Allâh, ash-hadu anna Muḥammadan Rasûl Allâh, ash-hadu anna…” »