Zayd ibn Hâritha et Abû Râfi‘ reçurent pour mission d’aller chercher leurs familles ainsi que celles d’Abû Bakr. Ils arrivèrent donc avec elles, à la suite de l’émigration (hijra) du Prophète ﷺ. Quant à Asmâ’, elle était alors sur le point d’accoucher, c’est-à-dire qu’elle en était à un stade avancé de sa grossesse, si bien que la naissance de son enfant était imminente. Lorsqu’elle mit l’enfant au monde, les musulmans firent une grande acclamation (takbîr) pour exprimer leur joie de cette naissance, parce qu’il leur était parvenu, de la part des Juifs, qu’ils avaient ensorcelé les musulmans pour les empêcher d’avoir des enfants après leur émigration. Dieu réduisit à néant l’affirmation des Juifs.
Chapitre : Le Messager de Dieu ﷺ consomma son mariage avec ‘Â’isha au mois de Shawwâl de cette même année.
L’imam Ahmad (1) rapporta : « Waki‘ nous a raconté — Sufyân nous a raconté, d’après Ismâ‘îl ibn Umayya, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Urwa, d’après son père, que ‘Â’isha a dit : “Le Messager de Dieu ﷺ m’a épousée en Shawwâl et il a aussi consommé notre mariage en Shawwâl. Parmi les femmes du Messager de Dieu ﷺ, laquelle a été plus favorisée auprès de lui que moi ?” Et ‘Â’isha aimait que l’on fasse entrer ses femmes (en mariage) durant le mois de Shawwâl.” »
Ce hadith est également rapporté par Muslim, al-Tirmidhî, al-Nasâ’î et Ibn Mâjah par diverses chaînes se rattachant à Sufyân al-Thawrî (2). Al-Tirmidhî dit à ce propos : « C’est un hadith bon et authentique (ḥasan ṣaḥîḥ), que nous ne connaissons que par la transmission de Sufyân al-Thawrî. »
Ainsi, l’entrée du Prophète ﷺ auprès de ‘Â’isha eut lieu sept ou huit mois après l’hégire, comme l’ont rapporté certains dont Ibn Jarîr (3). Il a déjà été évoqué, lors de la mention de son mariage avec Sawda, la manière dont celui-ci se déroula ainsi que la consommation du mariage avec ‘Â’isha une fois qu’ils furent arrivés à Médine, précisant que cela eut lieu à as-Sunḥ, en plein jour (4). Cet usage diffère de ce qui est courant de nos jours. De même, le fait qu’il ait consommé son mariage avec elle pendant Shawwâl réfute la croyance qu’il serait déconseillé de se marier entre les deux fêtes (du ‘Îd) par crainte d’une séparation ultérieure entre les époux.
Cela n’a aucun fondement, et ‘Â’isha répondit elle-même à ceux qui le croyaient alors : « Il m’a épousée en Shawwâl et il a consommé notre mariage en Shawwâl. Parmi ses épouses, laquelle a été plus favorisée auprès de lui que moi ? » Elle en déduisit qu’elle était la plus aimée de ses femmes, et sa déduction est juste, comme l’indiquent de nombreuses preuves évidentes. Il suffit pour le confirmer de mentionner le hadith authentique rapporté par al-Bukhârî (5) d’après ‘Amr ibn al-‘Âṣ, qui raconta : « J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, quelle est la personne que tu aimes le plus ?” Il répondit : “‘Â’isha.” Et j’ai demandé : “Et parmi les hommes ?” Il répondit : “Son père.” »