Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Mohammed (que la prière et la paix soient sur lui) ne saurait s’opposer (1) à la reprise d’un dû pour une blessure vengeresse ; et celui qui transgresse ne fait que se nuire à lui-même, hormis celui qui subit l’injustice. Dieu est garant (2) de cela. Les Juifs assumeront leurs propres dépenses, et les musulmans assumeront les leurs. Ils se porteront secours mutuellement contre quiconque déclare la guerre aux membres de cette convention. Ils se doivent le conseil sincère, l’assistance et la bienveillance, et nul ne porte la faute de son allié. Le soutien est en faveur de l’opprimé. [Et les Juifs participeront aux dépenses avec les croyants tant qu’ils seront en état de guerre.] Medina (Yathrib) est un sanctuaire (3) inviolable pour les membres de ce pacte, et le voisin y bénéficie du même statut que soi-même : il ne doit subir ni tort ni préjudice. Aucune inviolabilité ne peut être garantie sans l’autorisation de ceux qui en sont responsable. Si survient un incident ou un différend (4) suscitant la crainte d’un trouble, on devra le renvoyer à Dieu et à Mohammed, le Messager de Dieu. Dieu est le garant de ce qu’il y a de plus pieux et de plus juste dans cette convention. Nul ne doit protéger Quraysh ni quiconque les soutient. Les signataires se porteront ensemble au secours de la cité contre celui qui attaquerait Yathrib. S’ils sont appelés à une trêve ou à la conclusion d’un accord de paix, ils y adhéreront et y participeront. Et si on les invite à une démarche semblable, cela leur incombe en commun avec les croyants, sauf ceux qui luttent dans la religion. Chaque groupe (5) assume la part du côté qui lui revient. Nul ne peut se servir de ce document pour défendre un oppresseur ou un pécheur. Quiconque sort est en sécurité, et quiconque demeure est en sécurité dans la cité, à moins d’être coupable d’injustice ou de péché. Et Dieu garantit la protection de celui qui est bienveillant et pieux. »

C’est ainsi que l’a rapporté Ibn Ishâq, en des termes similaires. Abû ‘Ubayd al-Qâsim ibn Sallâm (que Dieu lui fasse miséricorde) en a débattu, ainsi que d’autres, dans son ouvrage intitulé « al-Gharîb », et en entreprendre le détail serait trop long.

Chapitre consacré à la fraternisation instituée par le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) entre les Émigrés (al-Muhâjirîn) et les Auxiliaires (al-Ansâr), afin que l’Émigré bénéficie du soutien de l’Auxiliaire, conformément aux paroles du Très-Haut :

« Et ceux qui se sont établis dans la demeure (Médine) et dans la foi avant (l’arrivée des Émigrés) aiment ceux qui émigrent vers eux ; ils ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce qui leur a été accordé, et ils les préfèrent même à eux-mêmes, eussent-ils à souffrir de la pauvreté. Quiconque se prémunit contre sa propre avidité, voilà ceux qui réussissent » [Al-Hashr : 9].

Et Il dit également :
« Et à ceux avec qui vous avez conclu un pacte (7), donnez leur part. Dieu est, en vérité, témoin de toute chose » [An-Nisâ’ : 33].

(1) Dans l'édition Ṭ : yansḥar. Avec la négation de la lettre nūn et wāw, et dans les sources al-Sīrah et al-Rawḍ : yanhaǧiz avec un zāy, confirmé par ḥ. Le sens, et Allah en sait plus : que le meurtre est pris en compte, que le coupable reçoit sa punition, et qu'il n'est pas possible de passer cela sous silence. En effet, dans al-Nihāyah (Ḥajar / 1/ 342) il est dit : « Lorsque sa blessure s’est cicatrisée, c’est-à-dire s’est réunie, refermée et que ses parties se sont rapprochées les unes des autres. » (2) De même dans ḥ, Ṭ et dans al-Sīrah et al-Rawḍ : ʿalā abarr hādhā, c’est-à-dire avec consentement. (3) Dans Ṭ : ḥarfuhā (sa lettre), dans ḥ : ḫawfuhā (sa crainte), confirmé par al-Sīrah, al-Rawḍ et al-Amwāl, et il en résulte : ḥaramǔ jawfuhā (son intérieur est interdit). (4) Dans ḥ : istaḥbār. Confirmé dans Ṭ, al-Sīrah et al-Rawḍ. (5) Dans ḥ : insān (humain). Confirmé dans Ṭ, al-Sīrah et al-Rawḍ. (6) Voir la vérification du hadith dans la note (3) p. 504. (7) Dans al-Uṣūl : « ʿāqidat », qui est la lecture de al-Bukhārī ; Ibn Kathīr, Nāfiʿ, Abū ʿAmr et Ibn ʿĀmir l’ont également lu ainsi, alors que ʿĀṣim, Ḥamzah et al-Kisāʾī ont lu « ʿaqadat » sans alif. Voir al-Sabʿah d’Ibn Mujāhid, p. 233, et al-Kashf d’al-Qaysī (1/ 388).
محمد [ ﷺ ] ، ولا يَتَحَجَّرُ (١) على ثأرٍ جُرْح، وإنه مَنْ فَتَكَ فبنفسه، إلا من ظُلم، وإن اللَّه على أثر (٢) هذا، وإن على اليهود نفقتهم وعلى المسلمين نفقتُهم، وإن بينهم النصرَ على من حارب أهلَ هذه الصحيفة، وإنَّ بينهم النصحَ والنَّصيحة والبرَّ دون الإثم، وإنَّه لم يأثم امرؤ بحَلِيفه، وإنَّ النصرَ للمظلوم، [وإن اليهود ينفقون مع المؤمنين ما داموا محاربين] وإنَّ يثرب حرام جَوْفُها (٣) لأهل هذه الصحيفة، وإن الجار كالنفس غير مضار ولا آثم، وإنه لا تجار حرمة إلا بإذن أهلها، وإنه ما كان بين أهل هذه الصحيفة من حَدَثٍ أو اشتجارٍ (٤) يُخاف فسادُه فإن مرَدَّه إلى اللَّه وإلى محمدٍ رسولِ اللَّه، وإن اللَّه على أتقى ما في هذه الصحيفة وأبرِّه، وإنه لا تُجارُ قريش ولا من نصرها، وإن بينهم النَّصْر على مَنْ دَهِم يثرب، وإذا دُعُوا إلى صلْح يصالحونه ويَلْبَسونه فإنهم يصالحونه وإنهم إذا دعوا إلى مثل ذلك فإنه لهم على المؤمنين إلا مَنْ حارب في الدين على كل أناس (٥) حصَّتهم من جانبهم الذي قِبَلهم، وإنه لا يحول هذا الكتاب دون ظالمٍ أو آثم، وإنه من خرج آمنٌ، ومن قعد آمنٌ بالمدينة إلا من ظَلَم أو أثم، وإنَّ اللَّه جارٌ لمن برَّ واتَّقى". كذا أوردهُ ابنُ إسحاق بنحوه. وقد تكلَّم عليه أبو عُبيد القاسمُ بن سلام (رحمه الله) في كتاب الغَريب وغيره (٦) بما يطول ذكره. فصل في مؤاخاة النبيِّ ﷺ بين المهاجرين والأنصار ليرتفق المهاجريُّ بالأنصاريّ كما قال تعالى: ﴿وَالَّذِينَ تَبَوَّءُوا الدَّارَ وَالْإِيمَانَ مِنْ قَبْلِهِمْ يُحِبُّونَ مَنْ هَاجَرَ إِلَيْهِمْ وَلَا يَجِدُونَ فِي صُدُورِهِمْ حَاجَةً مِمَّا أُوتُوا وَيُؤْثِرُونَ عَلَى أَنْفُسِهِمْ وَلَوْ كَانَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ وَمَنْ يُوقَ شُحَّ نَفْسِهِ فَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ﴾ [الحشر: ٩] وقال تعالى: ﴿وَالَّذِينَ عَقَدَتْ (٧) أَيْمَانُكُمْ فَآتُوهُمْ نَصِيبَهُمْ إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ شَهِيدًا﴾ [النساء: ٣٣] .
(١) في ط: ينحجر. بالنون والواو المهملة وفي السيرة والروض: ينحجز بالزاي، والمثبت من ح، والمعنى واللَّه أعلم: أن القتيل يؤخذ بحقه، وأن القاتل يلقى جزاءه ولا يمكن السكوت عنه. فقد جاء في النهاية (حجر/ ١/ ٣٤٢): "لما تحجَّر جُرْحُه، أي اجتمع والتأم وقرب بعضه من بعض". (٢) كذا في ح، ط وفي السيرة والروض: على أبرِّ هذا. أي على الرضا. (٣) في ط: حرفها، وفي ح: خوفها، والمثبت من السيرة والروض والأموال، وفيه: حرَمٌ جَوْفها. (٤) في ح: استحبار. والمثبت من ط والسيرة والروض. (٥) في ح: إنسان. والمثبت من ط والسيرة والروض. (٦) انظر تخريج الخبر في الحاشية (٣) ص (٥٠٤). (٧) في الأصول ﴿عاقدَتْ﴾، وهي رواية البخاري؛ وبها قرأ ابن كثير ونافع وأبو عمرو وابن عامر، وقرأ عاصم وحمزة والكسائي ﴿عَقَدَتْ﴾ بغير ألف. انظر السبعة لابن مجاهد ص (٢٣٣) والكشف للقيسي (١/ ٣٨٨).

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