Puis il cita ensuite chaque clan parmi les Anṣār, ainsi que les habitants des demeures des Banū Sāʿida, des Banū Jušam, des Banū an-Naǧǧār, des Banū ʿAmr ibn ʿAwf et des Banū an-Nabīt, jusqu’à ce qu’il dise :
« Les croyants ne laissent pas parmi eux quiconque est lourdement endetté (1) sans l’aider de manière convenable pour son rachat ou le paiement du prix du sang (2). Aucun croyant ne peut nouer d’alliance avec le protégé (mawlā) d’un autre croyant sans son approbation. Les croyants pieux se liguent contre celui d’entre eux qui commettrait un acte d’injustice, de péché, d’agression ou de corruption au détriment des croyants ; ils se dressent tous contre lui, fût-il le propre fils de l’un d’eux.
Nul croyant ne doit tuer un croyant en faveur d’un mécréant, ni soutenir un mécréant contre un croyant. Le pacte (ḏimma) de Dieu est un seul ; la protection accordée par le moindre d’entre eux engage l’ensemble. Les croyants sont alliés les uns des autres, à l’exclusion des autres gens. Quant à ceux parmi les Juifs qui nous suivent, ils ont droit à l’assistance et à une égalité de traitement, sans subir d’injustice ni se voir liguer autrui contre eux.
La paix conclue par les croyants est une : aucun croyant ne peut faire la paix, à l’insu d’un autre croyant, lors d’un combat dans le chemin de Dieu, si ce n’est sur une base égale et juste entre eux. Toute troupe qui part en expédition avec nous doit se relayer dans cet effort. Les croyants assument ensemble la responsabilité du sang versé dans le chemin de Dieu. Les croyants pieux observent la meilleure et la plus droite des voies.
Nul polythéiste ne saurait accorder protection ou refuge, en biens ou en personnes, aux Qurayš, ni soustraire quelqu’un à un croyant. Quiconque tue sciemment (ʿitibāṭ) un croyant sur preuve formelle s’expose aux représailles, à moins que le tuteur de la victime ne soit satisfait. Tous les croyants s’unissent alors contre lui, et il ne leur est loisible que de se dresser contre lui. Il n’est pas permis à un croyant qui reconnaît ce qui est énoncé dans ce document et qui croit en Dieu et au Jour dernier de soutenir un fauteur de trouble ni de l’héberger. Quiconque le soutient ou l’héberge s’expose à la malédiction de Dieu et à Sa colère le Jour de la Résurrection, et nul paiement ni compensation ne sera accepté de lui.
Toutes les fois que vous divergez en quelque chose, vous devez en référer à Dieu – Exalté soit-Il – et à Muḥammad – paix et bénédiction sur lui. Les Juifs conviennent de s’allier aux croyants aussi longtemps qu’ils seront en situation de combat. Les Juifs des Banū ʿAwf forment une seule communauté avec les croyants : aux Juifs leur religion, et aux musulmans la leur, ainsi qu’à leurs alliés et à leur propre personne. Sauf celui qui commet une injustice ou un péché : il ne nuira alors qu’à lui-même et à sa famille.
De même, les Juifs des Banū an-Naǧǧār, des Banū al-Ḥāriṯ, des Banū Sāʿida, des Banū Jušam, des Banū al-Aws, des Banū Ṯaʿlaba, de Ǧafna et des Banū aš-Šaṭna bénéficient des mêmes droits que ceux des Banū ʿAwf. Les proches soutiens (baṭāna) des Juifs sont considérés comme eux-mêmes. Nul d’entre eux ne peut sortir sans autorisation. »