La position prépondérante parmi les savants est que le statut de l’extension rejoint celui de la partie originelle. Ainsi, l’extension est régie par le même jugement que l’ensemble de la mosquée, notamment en ce qui concerne la multiplication de la récompense de la prière qui y est accomplie et l’autorisation de s’y rendre en voyage. Al-Walîd ibn ‘Abd al-Malik, constructeur de la mosquée de Damas, fut à l’origine d’une telle extension ; il en chargea ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz lorsqu’il était son gouverneur à Médine. Ce dernier inclut la chambre prophétique dans la mosquée, comme on l’expliquera en temps voulu. Par la suite, la mosquée fut agrandie à maintes reprises, notamment du côté de la qibla, si bien que la Rawda et le minbar se sont retrouvés derrière les premiers rangs, comme on peut le constater aujourd’hui.
Ibn Isḥâq (1) rapporte : « Le Messager de Dieu (ﷺ) s’établit chez Abû Ayyûb jusqu’à ce qu’il eût construit sa mosquée et ses logis. Le Messager de Dieu (ﷺ) participa lui-même à l’ouvrage afin d’encourager les musulmans à travailler. Ainsi, les Émigrés (Muhâjirûn) et les Auxiliaires (Anṣâr) se mirent tous à la tâche avec ardeur. » L’un des musulmans s’exclama alors :
[vers de rajjaz]
« Si nous restons assis alors que le Prophète travaille,
Ce serait assurément un acte de notre part qui nous induirait en erreur. »
Pendant qu’ils édifiaient la mosquée, les musulmans chantaient :
[vers de rajjaz]
« Il n’est de vie que la vie de l’au-delà !
Ô Seigneur, fais miséricorde aux Anṣâr et aux Muhâjirûn ! » (2)
Le Messager de Dieu (ﷺ) lui-même répétait : « Il n’est de vie que la vie de l’au-delà ! Ô Seigneur, fais miséricorde aux Muhâjirûn et aux Anṣâr ! »
Ibn Isḥâq poursuit : « ‘Ammâr ibn Yâsir arriva, chargé de briques à l’excès, et s’écria : “Ô Messager de Dieu, ils sont en train de me tuer ! Ils me chargent de ce qu’ils ne portent pas eux-mêmes.” » Umm Salamah raconta : « J’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) secouer la poussière de ses cheveux bouclés en disant : “Malheur au fils de Sumayyah ! Ce ne sont pas eux qui te tueront, mais c’est le groupe rebelle qui te tuera.” »
Ce récit est ici transmis de manière incomplète (munqaṭi‘) : il est même mu‘ḍal entre Muḥammad ibn Isḥâq et Umm Salamah. Toutefois, Muslim l’a rapporté dans son Ṣaḥîḥ (3) selon le hadith de Shu‘bah, d’après Khâlid al-Ḥadhdhâ’, d’après Sa‘îd et al-Ḥasan (les deux fils d’Abû al-Ḥasan al-Baṣrî), d’après leur mère Khayrah, affranchie d’Umm Salamah, qui la tenait de cette dernière : « Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Ce sera le groupe rebelle qui tuera ‘Ammâr.” »
D’autre part (4), selon un hadith transmis par Ibn ‘Ulayyah, d’après Ibn ‘Awn, d’après al-Ḥasan, d’après sa mère, d’après Umm Salamah, le Messager de Dieu (ﷺ) dit à ‘Ammâr alors qu’il transportait des pierres : « Malheur à toi, fils de Sumayyah ! C’est la faction rebelle qui te tuera. »