Et Al-Bukhârî l’a rapporté dans d’autres endroits, de même que Muslim (1), selon la transmission d’Abou ‘Abd as-Samad et ‘Abd al-Wârith ibn Sa‘îd.
Il est également rapporté dans le Sahîh d’Al-Bukhârî (2), d’après az-Zuhrî, qui le tenait d ‘Urwah, que cette mosquée se trouvait sur un mirbad (zone de séchage de dattes). Elle appartenait à deux orphelins placés sous la tutelle d’As‘ad ibn Zurârah, et tous deux s’appelaient Sahl et Suhayl. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) voulut alors l’acheter à ces deux orphelins, et ils dirent : « Non, nous te l’offrons, ô Messager de Dieu ! » Il refusa néanmoins, l’acheta auprès d’eux et en fit une mosquée.
Puis il est rapporté qu’en même temps qu’il transportait la terre avec eux, le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) récitait :
[vers de rajaz]
« hâdhâ al-ḥimâlu lâ ḥimâla Khaybar… hâdhâ abarru rabbanâ wa-aṭhar »
(c’est-à-dire : « Voici le fardeau, qui n’est pas celui de Khaybar… Cela est plus vertueux et plus pur aux yeux de notre Seigneur »),
et il disait aussi :
[vers de rajaz]
« lâ humma inna al-ajra ajra al-âkhirah… farḥam al-Anṣâr wa-al-Muhâjirah »
(c’est-à-dire : « Ô Seigneur, la vraie récompense est celle de l’au-delà… Fais miséricorde aux Anṣâr et aux Émigrés »).
Mûsâ ibn ‘Uqbah a rapporté qu’As‘ad ibn Zurârah leur avait offert en contrepartie des palmiers qu’il possédait chez les Banû Bayâdah. Il a également été dit que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) l’avait acheté directement auprès d’eux.
Quant à moi (l’auteur), j’ajoute que Muḥammad ibn Isḥâq (3) a mentionné que ce mirbad appartenait à deux orphelins sous la tutelle de Mu‘âdh ibn ‘Afra’, et qu’ils se nommaient Sahl et Suhayl, fils de ‘Amr. Et Dieu sait mieux.
Al-Bayhaqî (4) a rapporté, par la chaîne d’Abou Bakr ibn Abî ad-Dunyâ, d’après al-Hasan ibn Ḥammâd aḍ-Ḍabbî, qui le tenait de ‘Abd ar-Raḥîm ibn Sulaymân, d’après Ismâ‘îl ibn Muslim, d’après al-Ḥasan, que lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) bâtit la mosquée, ses Compagnons l’aidèrent et il transportait lui-même les briques avec eux, au point que sa poitrine fut couverte de poussière. Il déclara alors : « Bâtissez-la comme l’abri (arîsh) de Moïse. » J’ai demandé à al-Ḥasan : « Qu’est-ce que l’abri de Moïse ? » Il répondit : « Quand il levait les mains, elles atteignaient le toit » — c’est-à-dire le plafond. Et ce hadith est transmis de façon incomplète.
Par ailleurs (5), il est rapporté qu’Hammâd ibn Salamah, d’après Abou Sinân, d’après Ya‘lâ ibn Shaddâd ibn Aws, d’après ‘Ubâdah, raconta que les Anṣâr réunirent une somme d’argent et la présentèrent au Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) en disant : « Ô Messager de Dieu, construis et embellis cette mosquée, combien de temps allons-nous encore prier sous ce toit de palmes ? » Il répondit : « Je ne désire pas plus que mon frère Moïse : un abri semblable à celui de Moïse. »