Et il a été rapporté par at-Tabarânî, d’après Aḥmad ibn Khulayd al-Ḥalabî, d’après al-Ḥumaydî, d’après ad-Darâwardî (1), d’après le neveu de az-Zuhrî, d’après az-Zuhrî, d’après Muḥammad ibn Jubayr ibn Muṭ‘im, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Adiyy ibn al-Ḥamrâ’ avec la même chaîne de transmission. Telles sont les différentes voies de ce ḥadith, et la plus sûre est celle mentionnée précédemment. Et Dieu est plus savant.
Mention de ce qui s’est produit au cours de la première année de l’Hégire prophétique, en termes d’événements et d’incidents majeurs (2) :
Les Compagnons (qu’Allâh les agrée) furent unanimes, en l’an seize – et il est aussi dit : en l’an dix-sept ou dix-huit – sous le califat de ‘Umar (qu’Allâh l’agrée), pour fixer le début du calendrier islamique à partir de l’année de l’Hégire. En effet, un contrat (c’est-à-dire une reconnaissance de dette) fut soumis à l’Amir des Croyants ‘Umar, portant qu’il serait exigible « en sha‘bân ». ‘Umar demanda alors : « De quel sha‘bân s’agit-il : celui de l’année présente, de la précédente ou de la suivante ? » Il rassembla donc les Compagnons et prit leur avis afin d’établir une ère permettant de repérer les échéances de dettes et autres obligations.
Certains proposèrent de prendre pour référence l’ère des Perses, mais l’idée fut rejetée, car les Perses dataient chaque nouveau cycle d’un roi qui succédait à un autre. D’autres suggérèrent d’adopter l’ère des Romains, laquelle remontait au règne d’Alexandre fils de Philippos de Macédoine (Iskandar ibn Filbus), mais il s’y refusa également. D’autres encore proposèrent de dater à partir de la naissance du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix), ou à partir de sa mission prophétique, ou bien encore à partir de son décès (que Dieu lui accorde Sa miséricorde). Finalement, ‘Umar (qu’Allâh l’agrée) pencha pour une datation à partir de l’Hégire, en raison de son caractère manifeste et de sa large notoriété. Tous s’accordèrent avec lui sur ce point.
Al-Bukhârî rapporte dans son “Ṣaḥîḥ” (3), au sujet de la chronologie et de la date d’introduction du calendrier : ‘Abd Allâh ibn Maslamah (4) nous a rapporté d’après ‘Abd al-‘Azîz, d’après son père, d’après Sahl ibn Sa‘d, qui a dit : « Ils n’ont pas compté à partir de la mission prophétique, ni de la mort du Prophète (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix), mais uniquement à partir de son arrivée à Médine. »
Al-Wâqidî dit : Ibn Abî az-Zinâd nous a rapporté, d’après son père, que ‘Umar consulta à propos de la fixation d’un calendrier, et tous s’accordèrent sur la date de l’Hégire.
Abû Dâwud aṭ-Ṭayâlisî relate, d’après Qurrah ibn Khâlid as-Sadûsî (5), d’après Muḥammad ibn Sîrîn, qu’un homme se leva devant ‘Umar et dit : « Fixez un calendrier ! » ‘Umar répondit : « Qu’est-ce qu’un calendrier ? » L’homme répliqua : « C’est une chose que pratiquent les non-Arabes : ils écrivent “au mois de tel, de l’an tel”. »