Sous ce palmier, il se mit ensuite en route avec les musulmans et s’arrêta à Quba la nuit. On rapporte qu’il appelait ce qui venait après le zénith « la nuit », parce que l’après-midi débute au zénith. Il se peut aussi que cela concerne le moment où il quitta Quba, comme nous le verrons, avant de partir, pour n’arriver chez Banî an-Najjâr qu’au moment de la prière du soir, ainsi que cela sera expliqué. Et Dieu est le plus Savant.
Al-Bukhârî (1) a rapporté, d’après az-Zuhrî, d’après ‘Urwa, que le Prophète (ﷺ) s’installa d’abord chez Banî ‘Amr ibn ‘Awf à Quba. Il y resta un certain nombre de nuits (une dizaine ou plus) et y fonda la mosquée de Quba durant ces jours. Puis il se mit en selle, accompagné des gens, jusqu’à ce que sa monture s’agenouillât à l’emplacement de sa future mosquée, qui était alors un enclos à dattes (mirbad) appartenant à deux orphelins, Sahl et Suhayl. Il l’acheta d’eux et en fit une mosquée. Cet endroit se trouvait dans le quartier de Banî an-Najjâr (– qu'Allah soit satisfait d'elle –).
Muhammad ibn Ishâq (2) a dit : « Muhammad ibn Ja‘far ibn az-Zubayr m’a rapporté, d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr, d’après ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Uwaym (3) ibn Sâ‘ida, que des hommes de sa tribu, parmi les Compagnons (4) du Prophète (ﷺ), ont dit : ‘Lorsque nous avons appris la sortie du Prophète (ﷺ) de La Mecque et que nous attendions son arrivée, nous nous rendions à l’aube juste après la prière du matin dans l’extérieur de notre région volcanique (al-harrah), afin d’observer son arrivée. Par Dieu, nous ne cessions de l’attendre que lorsque le soleil montait haut et que l’ombre disparaissait, si bien que nous rentrions chez nous, car c’était en des jours particulièrement chauds. C’est ainsi que, le jour même de l’arrivée du Messager de Dieu (ﷺ), nous étions déjà rentrés quand il arriva. Le premier à l’avoir vu fut un homme juif, [qui avait remarqué nos allées et venues dans l’attente du Messager (ﷺ)], et il s’écria à pleine voix : “Ô Banî Qaylah (5), voici votre notable qui arrive !” Nous nous précipitâmes vers le Messager de Dieu (ﷺ), et il se trouvait à l’ombre d’un palmier avec Abû Bakr, qui faisait à peu près son âge. La plupart d’entre nous n’avaient encore jamais vu le Prophète (ﷺ). Les gens l’entouraient, sans pouvoir le distinguer d’Abû Bakr, jusqu’à ce que l’ombre s’éloigne de lui ; alors Abû Bakr se leva pour l’ombrager de son manteau, et nous le reconnûmes ainsi.’ »
Un récit similaire est déjà mentionné dans la narration d’al-Bukhârî (6), et Mûsâ ibn ‘Uqbah le cite également dans ses Maghâzî.
L’imam Ahmad (7) a rapporté : « Hishâm nous a transmis, d’après Sulaymân, d’après Thâbit, d’après Anas ibn Mâlik, qui a dit : “Alors que je courais avec les enfants, ils s’exclamaient : ‘Voici Muhammad !’ Je courais donc, sans rien voir. Puis ils répétaient : ‘Voici Muhammad !’ Je courais à nouveau, sans apercevoir personne. Et ce, jusqu’à ce que le Messager de Dieu (ﷺ) arrive, accompagné d’Abû Bakr ; ils se dissimulèrent dans quelques-unes des ruelles rocheuses (harâr) (9) de Médine, puis…” »