« — J’ai quelqu’un avec moi, alors si vous voulez un repas, adressez-vous au notable du campement.
Il raconta : Il ne lui répondit pas, et cela se passait le soir. Le fils de cette femme arriva alors en traînant des chèvres. Elle dit : « Ô mon fils, emmène cette chèvre et le couteau auprès de ces deux hommes, et dis-leur : “Ma mère vous dit : ‘Abattez celle-ci, mangez-en et donnez-nous aussi à manger.’” »
Quand il vint auprès d’eux, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) lui dit : « Va chercher le couteau et apporte-moi le gobelet. » Le fils répondit : « Mais elle s’est éloignée du troupeau et elle n’a plus de lait », ce à quoi le Prophète répliqua : « Va. » Le garçon revint donc avec un gobelet, et le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) caressa le pis de la chèvre, puis il la trait jusqu’à remplir le récipient. Ensuite il dit : « Porte-le à ta mère. » Celle-ci but jusqu’à être rassasiée, puis le fils ramena le gobelet. Le Prophète lui dit alors : « Emmène celle-ci et apporte-m’en une autre. » Il procéda de même, puis fit boire Abou Bakr. Le garçon amena encore une autre chèvre, et il en alla de même. Puis le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) but à son tour. Nous passâmes ainsi la nuit, puis nous nous remîmes en route.
Depuis lors, cette femme l’appelait « al-Mubârak » (“le Béni”). Son troupeau se multiplia tellement qu’elle dut ensuite l’amener en convoi jusqu’à Médine. Un jour, Abou Bakr passa par là et reconnut son fils ; il dit : « Ô ma mère, voici l’homme qui était avec al-Mubârak. » Elle se leva et demanda : « Ô serviteur de Dieu, qui était donc cet homme avec toi ? » Il répondit : « Ne sais-tu pas qui il est ? » Elle répliqua : « Non. » Il lui dit : « C’est le Messager de Dieu. » Elle dit alors : « Fais-moi entrer auprès de lui. » Il la fit donc entrer, et le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) la nourrit et lui fit un présent. (Le fils d’Abdân ajoute dans sa version :) Elle dit : « Montre-moi où il est. » Elle partit donc avec moi et offrit au Messager de Dieu un peu de caillé et quelques maigres denrées bédouines. Le Prophète la vêtit et lui donna quelque chose. (Le narrateur ajoute) Je crois bien qu’il dit aussi qu’elle embrassa l’islam. La chaîne de transmission est jugée bonne.
Al-Bayhaqî déclare : « Ce récit ressemble à l’histoire d’Oumm Maʿbad ; il semble d’ailleurs qu’il s’agisse d’elle, et Dieu sait mieux. »
Al-Bayhaqî dit également (1) : « Abou ʿAbdallah al-Hâfiz et Abou Bakr Ahmad ibn al-Hassan al-Qâdî nous ont rapporté ; ils dirent : Abou al-ʿAbbâs al-Asamm nous a transmis ; al-Hassan (2) ibn Moukrim nous a transmis ; Abou Ahmad Bichr ibn Mouhammad as-Soukkarî m’a rapporté ; ʿAbd al-Malik ibn Wahb al-Madhhijî nous a rapporté ; al-Hurr ibn as-Sayyâh (3) a transmis de la part d’Abou Maʿbad al-Khouzâʿî que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) quitta La Mecque la nuit de son émigration vers Médine, accompagné d’Abou Bakr, dʿÂmir ibn Fuhayra (affranchi d’Abou Bakr), et de leur guide ʿAbdallah ibn Ourayqit al-Laythî. Ils passèrent par les deux tentes d’Oumm Maʿbad al-Khouzâʿiyya, qui était une femme visible (4), robuste, qui s’asseyait devant sa tente, genoux relevés. »