Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« — J’ai quelqu’un avec moi, alors si vous voulez un repas, adressez-vous au notable du campement.

Il raconta : Il ne lui répondit pas, et cela se passait le soir. Le fils de cette femme arriva alors en traînant des chèvres. Elle dit : « Ô mon fils, emmène cette chèvre et le couteau auprès de ces deux hommes, et dis-leur : “Ma mère vous dit : ‘Abattez celle-ci, mangez-en et donnez-nous aussi à manger.’” »

Quand il vint auprès d’eux, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) lui dit : « Va chercher le couteau et apporte-moi le gobelet. » Le fils répondit : « Mais elle s’est éloignée du troupeau et elle n’a plus de lait », ce à quoi le Prophète répliqua : « Va. » Le garçon revint donc avec un gobelet, et le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) caressa le pis de la chèvre, puis il la trait jusqu’à remplir le récipient. Ensuite il dit : « Porte-le à ta mère. » Celle-ci but jusqu’à être rassasiée, puis le fils ramena le gobelet. Le Prophète lui dit alors : « Emmène celle-ci et apporte-m’en une autre. » Il procéda de même, puis fit boire Abou Bakr. Le garçon amena encore une autre chèvre, et il en alla de même. Puis le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) but à son tour. Nous passâmes ainsi la nuit, puis nous nous remîmes en route.

Depuis lors, cette femme l’appelait « al-Mubârak » (“le Béni”). Son troupeau se multiplia tellement qu’elle dut ensuite l’amener en convoi jusqu’à Médine. Un jour, Abou Bakr passa par là et reconnut son fils ; il dit : « Ô ma mère, voici l’homme qui était avec al-Mubârak. » Elle se leva et demanda : « Ô serviteur de Dieu, qui était donc cet homme avec toi ? » Il répondit : « Ne sais-tu pas qui il est ? » Elle répliqua : « Non. » Il lui dit : « C’est le Messager de Dieu. » Elle dit alors : « Fais-moi entrer auprès de lui. » Il la fit donc entrer, et le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) la nourrit et lui fit un présent. (Le fils d’Abdân ajoute dans sa version :) Elle dit : « Montre-moi où il est. » Elle partit donc avec moi et offrit au Messager de Dieu un peu de caillé et quelques maigres denrées bédouines. Le Prophète la vêtit et lui donna quelque chose. (Le narrateur ajoute) Je crois bien qu’il dit aussi qu’elle embrassa l’islam. La chaîne de transmission est jugée bonne.

Al-Bayhaqî déclare : « Ce récit ressemble à l’histoire d’Oumm Maʿbad ; il semble d’ailleurs qu’il s’agisse d’elle, et Dieu sait mieux. »

Al-Bayhaqî dit également (1) : « Abou ʿAbdallah al-Hâfiz et Abou Bakr Ahmad ibn al-Hassan al-Qâdî nous ont rapporté ; ils dirent : Abou al-ʿAbbâs al-Asamm nous a transmis ; al-Hassan (2) ibn Moukrim nous a transmis ; Abou Ahmad Bichr ibn Mouhammad as-Soukkarî m’a rapporté ; ʿAbd al-Malik ibn Wahb al-Madhhijî nous a rapporté ; al-Hurr ibn as-Sayyâh (3) a transmis de la part d’Abou Maʿbad al-Khouzâʿî que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) quitta La Mecque la nuit de son émigration vers Médine, accompagné d’Abou Bakr, dʿÂmir ibn Fuhayra (affranchi d’Abou Bakr), et de leur guide ʿAbdallah ibn Ourayqit al-Laythî. Ils passèrent par les deux tentes d’Oumm Maʿbad al-Khouzâʿiyya, qui était une femme visible (4), robuste, qui s’asseyait devant sa tente, genoux relevés. »

(1) Cette transmission a été omise dans « Dalāʾil al-Nubuwwa » imprimé d'al-Bayhaqī, et son éditeur (2/494) s'est empressé dans la note de bas de page en affirmant qu'al-Bayhaqī n'a pas abordé le récit de Oum Muʿabid. Or, s'il avait examiné attentivement le texte principal et ce qui y est établi, il n'aurait pas dit cela. Al-Bayhaqī dit dans (2/493) : « Il est possible que ce soit en premier lieu, c’est-à-dire celle à la tente cassée, comme nous l'avons rapporté dans le hadith d'Oum Muʿabid, puis son fils est revenu avec un bouc, comme nous l'avons rapporté dans le hadith d'Ibn Abī Laylā, puis quand son mari est arrivé, elle le lui a décrit – et Allah sait mieux ». Cela indique qu'al-Bayhaqī a rapporté le hadith d'Oum Muʿabid avant celui d'Ibn Abī Laylā, et si l'on avait cherché ce dernier avant, on ne l'aurait pas trouvé, ce qui signifie que cela a été omis dans les manuscrits qu'il a utilisés pour sa vérification, et Allah sait mieux. Al-Hākim a enchaîné la chaîne de transmission de ce hadith dans « Al-Mustadrak » (3/11). (2) Dans « Al-Mustadrak » : Al-Husayn ibn Makrām. Une erreur typographique, sa biographie se trouve dans « Tārīkh Baghdād » (7/432) et « Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ » (13/192). (3) Dans l'édition : Abjar ibn al-Ṣabāḥ, et dans celle de al-Hākim : al-Ḥirr ibn al-Ṣabāḥ. De même dans « Al-Mustadrak », tous sont des erreurs typographiques. La forme correcte de sa biographie est dans « Tahdhīb al-Kamāl » (5/514) et « Al-Ikmāl » (5/161). (4) « Al-Barza » : la femme d'âge mûr qui ne se voile pas contre le regard furtif, et qui néanmoins est chaste, sensée, assise devant les gens et leur parle. Extrait de « Al-Nihāya » d'Ibn al-Athīr (1/117).
معي أحد، فعليكما بعظيم الحيِّ إنْ أردتم القِرَى. قال: فلم يُجِبْها وذلك عند المساء، فجاء ابنٌ لها بأعْنُزٍ يسوقُها، فقالت: يا بني انطلقْ بهذه العَنْز والشَّفْرَة إلى هذين الرجلين فقل لهما تقول لكما أمِّي اذْبَحَا هذه وكُلا وأطعمانا فلما جاء قال له النبيُّ ﷺ : "انطلق بالشفرة وجئني بالقَدَح" قال: إنها قد عزَبَتْ وليس بها لبن، قال انطلق، فجاء بقدح فمسح النبيُّ ﷺ ضَرْعَها، ثم حلب حتى مَلأ القدَح، ثم قال: "انطلقْ به إلى أمّك" فشربت حتى رويَتْ، ثم جاء به فقال: "انطلقْ بهذه وجئْني بأخرى" ففعل بها كذلك، ثم سَقَى أبا بكر، ثم جاء بأخرى ففعل بها كذلك، ثم شرب النبيُّ ﷺ فبتنا ليلتنا، ثم انطلقنا. فكانت تسمِّيه المُبَارَك. وكَثُرَتْ غنمُها حتى جلبَتْ جَلْبًا إلى المدينة، فمرَّ أبو بكرٍ فرأى ابنَها فعرَفَه فقال: يا أُمَّهْ، هذا الرجل الذي كان مع المُبَارك. فقامت إليه فقالت: يا عبد اللَّه، من الرجلُ الذي كان معك؟ قال: أو ما تدرين من هو؟ قالت: لا، قال: هو نبىُّ اللَّه. قالت: فادخلني عليه. قال: فأدخَلَها، فأطعمها رسولُ اللَّه ﷺ وأعطاها - زاد ابنُ عبدان في روايته: - قالت: فدُلَّني عليه، فانطلقتْ معي وأهدَتْ لرسولِ اللَّه شيئًا من أقِطِ ومتاعِ الأعراب. قال: فكساها وأعطاها. قال: ولا أعلمه إلا قال وأسلمَتْ. إسنادٌ حسن. وقال البيهقي: هذه القصة شبيهةٌ بقصةِ أُمِّ معبد، والظاهر أنها هي واللَّه أعلم. وقال البيهقي (١) : أخبرنا أبو عبد اللَّه الحافظ وأبو بكر أحمد بن الحسن القاضي، قالا: حدثنا أبو العباس الأصم، حدَّثنا الحسن (٢) بن مُكرم، حدَّثني أبو أحمد بشر بن محمد السُّكَّري، حدثنا عبد الملك بن وهب المَذْحِجي، حدثنا الحُرُّ بن الصَّيَّاح (٣) عن أبي مَعْبَد الخُزَاعي أنَّ رسولَ اللَّه ﷺ خرج ليلةَ هاجر من مكة إلى المدينة، هو وأبو بكرٍ وعامر بن فُهيرة مولى أبي بكر، ودليلُهم عبد اللَّه بن أُرَيْقِط اللَّيثي، فمرُّوا بخيمتي أمِّ معبد الخزاعيَّة، وكانت أمُّ معبد امرأةً بَرْزَة (٤) جَلْدَة تحتبي وتجلس بفناء الخيمة
(١) سقطت هذه الرواية من دلائل النبوة المطبوع للبيهقي وقد تسرَّع محققه (٢/ ٤٩٤) في الحاشية فذكر أن البيهقي لم يعرج على قصة أم معبد، ولو أنه أمعن النظر في المتن وما هو مثبت هنا لما قال ذلك. قال البيهقي في (٢/ ٤٩٣): فيحتمل أن يكون أولًا أي التي في كِسْر الخيمة، كما روينا في حديث أم معبد، ثم رجع ابنها بأعنز، كما روينا في حديث ابن أبي ليلى، ثم لما أتى زوجها وصفته له واللَّه أعلم. فدل هذا على أن البيهقي روى حديث أم معبد قبل رواية ابن أبي ليلى ولو فتشت عنه قبلها لما وجدته وهذا يعني أنه سقط من النسخ التي اعتمدها في التحقيق واللَّه أعلم. وقد ساق الحاكم إسناد هذه الرواية في المستدرك (٣/ ١١). (٢) في المستدرك: الحسين بن مكرم. تصحيف، ترجمته في تاريخ بغداد (٧/ ٤٣٢) وسير أعلام النبلاء (١٣/ ١٩٢). (٣) في ط: أبجر بن الصباح، وفي ح: الحر بن الصباح. وكذا في المستدرك وكله تصحيف والمثبت من ترجمته في تهذيب الكمال (٥/ ٥١٤) والإكمال (٥/ ١٦١). (٤) "البَرْزَة": الكَهْلَة التي لا تحتجب احتجاب الوابّ، وهي مع ذلك عفيفة عاقلة تجلس للناس وتحدثهم. النهاية لابن الأثير (١/ ١١٧).

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