Younès rapporta, d’après Ibn Ishaq (1) : « Le Messager de Dieu (ﷺ) s’installa dans la tente d’Oum Maʽbad, [dont le nom est ‘Atika bint Khalaf ibn Maʽbad ibn Rabiʽa ibn Asram] (2). Ils voulaient être reçus avec hospitalité, mais elle dit : “Par Dieu, nous n’avons pas de nourriture, pas de bête qui nous donne du lait (3) et pas de brebis si ce n’est une bête tarie.” Le Messager de Dieu (ﷺ) demanda alors qu’on lui amène une partie de ses bêtes. Il caressa son pis de la main, invoqua Dieu et la trait, remplissant un récipient jusqu’à faire mousser le lait, puis dit : “Bois, ô Oum Maʽbad.” Elle répondit : “Bois, car tu en es plus digne.” Il le lui rendit, si bien qu’elle but. Puis il demanda qu’on lui amène une autre bête tarie, fit de même et but. Il en appela une troisième, fit de même et fit boire son guide, puis une quatrième pour en faire de même et fit boire ‘Amir. Ensuite, ils reprirent la route.
Les Quraychites étaient à la recherche du Messager de Dieu (ﷺ) et atteignirent la tente d’Oum Maʽbad. Ils l’interrogèrent : “As-tu vu Muhammad ? A-t-il telle ou telle caractéristique ?” Ils le lui décrivirent. Elle répondit : “Je ne sais pas ce que vous dites. Il y a bien un jeune homme qui est venu, et il a trait une bête tarie chez nous.” Les Quraychites répliquèrent : “C’est bien celui que nous cherchons.”
L’érudit Abou Bakr al-Bazzâr (4) rapporte : « Muhammad ibn Maʽmar nous raconta, d’après Yaʽqoub ibn Muhammad, d’après ʽAbd al-Rahman ibn ʽUqbah ibn ʽAbd al-Rahman ibn Jabir ibn ʽAbd Allah, dont le père tenait ce récit de son père, de Jabir. » Il dit : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) et Abou Bakr sortirent en tant que migrants, ils entrèrent dans la grotte. Dans celle-ci se trouvait un trou qu’Abou Bakr boucha avec son talon pendant la nuit, de peur qu’elle ne laisse passer quoi que ce fût qui nuise au Messager de Dieu (ﷺ). Ils restèrent trois nuits dans la grotte, puis se remirent en route jusqu’à arriver aux tentes d’Oum Maʽbad. » Oum Maʽbad envoya alors dire au Prophète : « Je vois là des visages beaux et nobles, mais mon clan est mieux à même de vous honorer que moi. » Quand le soir fut venu chez elle, elle dépêcha un de ses jeunes fils avec un couteau et une brebis. Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Rends-moi le couteau et apporte-nous un “farq” » — c’est-à-dire un récipient (5). Elle lui fit répondre : « Elle n’a ni lait ni petit. » Il reprit : « Apporte-nous un farq. » Elle lui en apporta un. Le Prophète (ﷺ) tapota son dos, la brebis fit remonter son lait et se mit à donner du lait. Il trait un plein récipient, en but et en donna à boire à Abou Bakr, puis en trait de nouveau pour l’envoyer à Oum Maʽbad.
Al-Bazzâr conclut : « Nous ne savons pas que ce récit, sous cette forme (par ces termes), nous soit parvenu autrement que par cette chaîne de transmission. ʽAbd al-Rahman ibn ʽUqbah, quant à lui, n’est connu que par Yaʽqoub ibn Muhammad, bien qu’il soit attesté dans la généalogie. »
L’érudit al-Bayhaqî (6) rapporta, d’après un hadith de Yahya ibn Zakariyya ibn Abî Za’ida : « Muhammad ibn ʽAbd al-Rahman ibn Abî Laylâ nous raconta, qui tenait de ʽAbd al-Rahman ibn al-Asbahânî, lequel disait avoir entendu ʽAbd al-Rahman ibn Abî Laylâ (relater) d’après Abou Bakr as-Siddîq : “Je suis sorti de La Mecque avec le Messager de Dieu (ﷺ). Nous arrivâmes auprès d’un campement d’Arabes où le Messager de Dieu (ﷺ) distingua une tente isolée et s’y rendit. Quand nous y parvînmes, il n’y avait qu’une femme. Elle dit : ‘Ô serviteur de Dieu, je ne suis qu’une simple femme, et il n’y a…” »