Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Avec son manteau, les gens reconnurent alors le Messager de Dieu (ﷺ). Il demeura chez les Banû ‘Amr ibn ‘Awf pendant environ une dizaine de nuits. C’est là que fut édifiée (1) la mosquée fondée sur la piété, où le Messager de Dieu (ﷺ) pria. Puis il enfourcha sa monture et se mit en route tandis que les gens l’accompagnaient à pied, jusqu’à ce que sa chamelle s’agenouillât à l’emplacement de la Mosquée du Messager de Dieu (ﷺ) à Médine. Ce jour-là, des hommes parmi les musulmans y priaient. Il s’agissait alors d’un enclos servant au séchage des dattes, appartenant à Suhayl et Sahl, deux orphelins sous la tutelle d’As‘ad ibn Zurârah.

Lorsque la monture s’y arrêta, le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : « Voici, si Dieu le veut, la demeure. » Il fit ensuite appeler les deux orphelins et négocia avec eux l’achat de cet enclos afin d’en faire une mosquée. Ils dirent : « Nous te l’offrons plutôt, ô Messager de Dieu. » Mais il refusa d’accepter leur don et préféra l’acheter. Il y construisit alors la mosquée. Le Messager de Dieu (ﷺ) se mit à transporter avec eux les briques pour l’édifier, et lorsqu’il portait les briques, il disait :

[Vers de rajaz]
« Voici la charge ; elle ne ressemble pas à celle de Khaybar ;
Elle est plus sincère et plus pure, ô notre Seigneur. » (2)

Et il ajoutait :

[Vers de rajaz]
« Ô Seigneur, la récompense véritable est celle de l’Au-delà ;
Accorde Ta miséricorde aux Anṣâr et aux Muhâjirîn. »

Il récita alors les vers d’un homme parmi les musulmans inconnu de mon informateur (3).

Ibn Shihâb a dit : « Il ne nous est pas parvenu, dans les récits, que le Messager de Dieu (ﷺ) ait récité un vers complet sinon ces quelques vers-là. »

Tels sont les termes rapportés par al-Bukhârî, qui se trouve seul à transmettre ce récit, bien qu’il possède d’autres attestations par diverses voies. Ce passage ne mentionne pas l’histoire d’Umm Ma‘bad al-Khuzâ‘iyya. Nous allons rapporter ici ce qui s’y rattache, de manière ordonnée, point par point.

L’imâm Aḥmad (4) a dit : « ‘Amr ibn Muḥammad Abû Sa‘îd al-‘Anqazî nous a rapporté, d’après Isrâ’îl, d’après Abû Isḥâq, selon al-Barâ’ ibn ‘Âzib : “Abû Bakr acheta à ‘Âzib une selle pour treize dirhams. Abû Bakr dit alors à ‘Âzib : ‘Ordonne donc à al-Barâ’ de la transporter chez moi.’ ‘Âzib répondit : ‘Non, pas avant que tu ne nous racontes ce que vous avez fait quand le Messager de Dieu (ﷺ) est sorti et que tu l’accompagnais.’ Abû Bakr raconta : ‘Nous partîmes en voyage de nuit et de jour, jusqu’à ce que nous fussions suffisamment avancés. Quand l’heure de la mi-journée arriva, je scrutai l’horizon pour trouver un endroit ombragé. J’aperçus un rocher, je m’en approchai et y trouvai le reste de son ombre. Je la préparai pour le Messager de Dieu (ﷺ), lui installai une fourrure et dis : “Allonge-toi, ô Messager de Dieu.” Il s’allongea, puis je partis voir si quelqu’un nous poursuivait. Et voilà que j’aperçus un berger…” (5)’ »

(1) Le texte est pris de Sahih al-Bukhari. (2) « al-Ḥammāl » : ce qui est porté par le lait. « Abrur » : auprès de Dieu, signifie « plus durable » comme le trésor provenant des hamal de Khaibar, c'est-à-dire ceux qui servent à transporter les dattes, le raisin sec, etc. Ibn Hajar a dit : dans certaines copies du récit d’al-Mustamli, il est écrit « al-Jamāl » (avec un « jîm » ouvert), et son expression « Rabbana » est un apostrophe annexé. Voir Fath al-Bari (7/246). (3) Ibn Hajar a dit : d’après d’autres que al-Zuhri, le poème mentionné serait attribué à ‘Abd Allah ibn Rawaha, mais il semblerait qu’il ne le connaissait pas. Ce qui est dans le Sahih est plus authentique, à savoir : un poème d’un homme musulman. Dans le hadith, il est permis de dire des poèmes et leurs types, en particulier le rajaz en temps de guerre et la collaboration dans l’accomplissement d’autres œuvres pénibles. Voir Fath al-Bari. (4) Dans son Musnad (1/3), ainsi que ce qui est mentionné entre crochets. (5) Dans le Musnad, il est indiqué : « basrī » (ébdomadaire ou relatif à Basra).
بردائه، فعرف الناسُ رسولَ اللَّه ﷺ عند ذلك، فلبثَ رسولُ اللَّه ﷺ في بني عمرو بن عوف بضعَ عشرةَ ليلة، وأُسِّسَ (١) المسجدُ الذي أُسِّسَ على التقوى، وصلَّى فيه رسولُ اللَّه ﷺ ، ثم ركب راحلته، وسار يمشي معه الناسُ حتى بركَتْ عند مسجد رسولِ اللَّه ﷺ بالمدينة، وهو يصلِّي فيه يومئذٍ رجالٌ من المسلمين، وكان مِرْبدًا للتمر، لسُهيلٍ وسهل، غلامَيْن يتيمين في حَجْر أسعد بن زُرَارة، فقال رسولُ اللَّه ﷺ حين بركَتْ به راحلته: "هذا إنْ شاء اللَّه المنزل" ، ثم دعا رسولُ اللَّه ﷺ الغلامَيْن فساوَمَهُما بالمِرْبَدِ ليتَّخِذَهُ مسجدًا، فقالا: بل نهَبُه لكَ يا رسول اللَّه، فأبى رسولُ اللَّه ﷺ أنْ يقبلَهُ منهما هِبَةً حتى ابتاعه منهما، ثم بناه مسجدًا. فطفِق رسولُ اللَّه ﷺ ينْقُلُ معهم اللَّبنَ في بُنْيانه، وهو يقول حين ينقلُ اللَّبِنَ: [من الرجز] هذا الحِمالُ لا حِمالَ خَيْبَرْ … هذا أبرُّ رَبَّنا وأطْهَرْ (٢) ويقول: [من الرجز] لا هُمَّ إنَّ الأجرَ أجرُ الآخرَهْ … فارْحَم الأنصارَ والمُهاجرَهْ فتمثل بشعرِ رجلٍ من المسلمين لم يُسَمَّ لي (٣) . قال ابن شهاب: ولم يبلُغْنا في الأحاديث أنَّ رسولَ اللَّه ﷺ تمثل ببيتِ شعرٍ تامّ غير هذه الأبيات. هذا لفظُ البخاري وقد تفرَّد بروايتِهِ دونَ مسلم، وله شواهد من وجوهٍ أُخَر، وليس فِيه قصةُ أمِّ معبد الخزاعيَّة، ولنذكر هنا ما يناسب ذلك مرتبًا أوَّلًا فأوَّلًا. قال الإمامُ أحمد (٤) : حدَّثنا عمرو بن محمد أبو سعيد العَنْقَزَي، حدثنا إسرائيل عن أبي إسحاق، عن البَرَاء بن عازب، قال: اشترى أبو بكر من عازب سَرْجًا بثلاثةَ عشرَ درهمًا، فقال أبو بكر لعازب: مُرِ البراءَ فلْيحملْهُ إلى منزلي. فقال: لا، حتى تحدِّثنا كيف صنعتَ حين خرجَ رسولُ اللَّه ﷺ وأنت معه؟ فقال أبو بكر: خرجنا فأدْلجنا فأحْثَثْنا يومنا وليلتَنا حتى أظهرنا، وقام قائمُ الظهيرة، فضربتُ بصري (٥) هل أرى ظِلًّا ناوي إليه، فإذا أنا بصخرةٍ فأهويتُ إليها فإذا بقيةُ ظِلِّها، فسوَّيْتُه لرسولِ اللَّه ﷺ وفرشتُ له فروةً وقلت: اضْطَجِعْ يا رسولَ اللَّه فاضطجع، ثم خرجتُ أنظر هل أرى أحدًا من الطلب، فإذا أنا براعي
(١) الضبط من صحيح البخاري. (٢) "الحِمال": المحمول من اللَّبن. أبرُّ: عند اللَّه أي أبقى ذُخْرًا من حمال خيبر، أي التي يحمل منها التمر والزبيب ونحو ذلك. قال ابن حجر: ووقع في بعض النسخ في رواية المستملي: الجمال بفتح الجيم، وقوله: ربنا. منادى مضاف. اهـ فتح (٧/ ٢٤٦). (٣) قال ابن حجر: قال غير الزهري: إن الشعر المذكور لعبد اللَّه بن رواحة فكأنه لم يبلغه. وما في الصحيح أصح وهو قوله: شعر رجل من المسلمين، وفي الحديث جواز قول الشعر وأنواعه خصوصًا الرجز في الحرب والتعاون على سائر الأعمال الشاقة اهـ. (٤) في مسنده (١/ ٣) وما يأتي بين معقوفين منه. (٥) في المسند: ببصري.

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