Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Juʿshum, comme cela a déjà été mentionné, monta avec ses compagnons sur la montagne où se trouvaient tous deux. Ils passaient devant l’entrée de la grotte, si bien que leurs pieds étaient exactement à hauteur de cette entrée sans cependant les voir, par la préservation de Dieu en leur faveur. Comme l’a rapporté l’imam Aḥmad (1) : « ʿAffān nous a rapporté, Hemmam nous a rapporté, il nous a informés de Thābit, d’après Anas ibn Mālik, qu’Abou Bakr lui a dit : “J’ai dit au Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) alors que nous nous trouvions dans la grotte : ‘Si l’un d’entre eux jetait seulement un regard vers ses pieds, il nous verrait sous ses propres pieds.’ Le Prophète répondit : ‘Ô Abou Bakr, que penses-tu de deux hommes dont Dieu est le troisième ?’” » Al-Boukhârî et Mouslim l’ont également cité dans leurs recueils authentiques (2) d’après le récit de Hemmam.

Certains spécialistes de la Sîra (biographie prophétique) rapportent que, lorsque Abou Bakr dit ces mots, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) répondit : « S’ils nous trouvaient de ce côté, nous nous échapperions de l’autre. » Le Véridique (As-Siddîq, c’est-à-dire Abou Bakr) regarda alors la grotte, la voyant s’ouvrir de l’autre côté, et il constata que la mer s’y joignait, avec un bateau amarré à proximité. Du point de vue de la toute-puissance de Dieu, cela n’a rien d’impossible. Toutefois, aucun témoignage (isnâd) solide, ni même faible, ne l’a confirmé. Nous n’affirmons rien de nous-mêmes : nous nous en tenons à ce qui est authentique ou dont la chaîne de transmission (sanad) est jugée bonne. Et Dieu sait mieux.

Le hâfiẓ Abou Bakr Al-Bazzâr (3) a déclaré : « Al-Faḍl ibn Sahl nous a rapporté : “Khalaf ibn Tamîm nous a rapporté : ‘Moussa ibn Muṭayr Al-Qourachî, d’après son père, d’après Abou Hourayra, a rapporté qu’Abou Bakr avait dit à son fils : Ô mon fils, s’il survenait un trouble parmi les gens, rends-toi à la grotte où tu m’as vu me cacher avec le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Reste-y, car ta subsistance y viendra matin et soir.’” (4) » Puis Al-Bazzâr ajouta : « Nous ne savons pas que quelqu’un d’autre que Khalaf ibn Tamîm transmette ce récit. » J’ai moi-même dit : « Quant à Moussa ibn Muṭayr, il est faible (daʿîf), abandonné (matrûk), et Yahyâ ibn Maʿîn l’a traité de menteur, ce qui rend son témoignage irrecevable. Dieu sait mieux. »

Younous ibn Boukayr a rapporté, au nom de Mohammed ibn Isḥâq, qu’Abou Bakr aurait composé des vers au sujet de leur entrée dans la grotte, de leur voyage ultérieur et de l’histoire de Sourâqa qui suivit. Une partie de ce poème dit :

[du mètre al-basîṭ]
« Le Prophète me parla — et je ne fus pas effrayé —, me rassurant
Alors que nous étions plongés dans l’obscurité de la grotte.
Ne crains rien : Dieu est le troisième de notre duo,
Et Il m’a promis Son soutien pour nous faire triompher. »

Abou Nuʿaym a rapporté ce poème par la voie de Ziyâd, d’après Mohammed ibn Isḥâq, et il l’a cité en une forme très longue, mentionnant aussi un autre poème (6). Et Dieu sait mieux.

(1) Dans son Musnad (1/4), n° 11. (2) Fath al-Bari (3653), Chapitre sur les mérites des compagnons, section des qualités des émigrés et de leur mérite ; et Sahih Muslim (1 - 2381), Chapitre sur les mérites des compagnons, section des mérites d’Abû Bakr. (3) Musnad al-Bazzâr (102). (4) Rapporté dans la chaîne : matin et soir. (5) Dans Dalāʾil an-Nubuwwa d’Abû Nu‘aym (2/432), à la rubrique « les gardiens ». (6) Également d’Abû Bakr et l’introduction est : =
جُعْشُم كما تقدَّم، فصعَّدوا [في] الجبل الذي هما فيه وجعلوا يمرُّون على باب الغار، فتُحاذي أرجلُهم لبابِ الغار ولا يرَوْنَهما، حفظًا من اللَّه لهما كما قال الإمامُ أحمد (١) : حدَّثنا عفَّان، حدَّثنا همام، أخبرنا ثابت، عن أنس بن مالك، أنَّ أبا بكرٍ حدَّثه، قال: قلتُ للنبي ﷺ ونحن في الغار: لو أنَّ أحدَهم نظر إلى قدَمَيْه لأبصَرَنا تحت قدميه فقال: "يا أبا بكر، ما ظنُّك باثْنَيْن اللَّهُ ثالثُهما" . وأخرجَهُ البخاري ومسلم في صحيحَيْهما (٢) من حديث همَّام به. وقد ذكر بعض أهلِ السِّير أن أبا بكرٍ لما قال ذلك، قال النبيُّ ﷺ : "لو جاؤنا من هاهنا لذهبنا من هاهنا" فنظر الصدِّيق إلى الغار قد انفرج من الجانب الآخر، وإذا البحر قد اتصَل به. وسفينةٌ مشدودة إلى جانبه. وهذا ليس بمنكَرٍ من حيثُ القدرة العظيمة، ولكنْ لم يردْ ذلك بإسنادٍ قويٍّ ولا ضعيف، ولسنا نُثْبِتُ شيئًا من تِلْقاءِ أنفسنا، ولكن ما صحَّ أو حَسُنَ سنَدُه قُلْنا به. واللَّه أعلم. وقد قال الحافظ أبو بكر البزَّار (٣) : حدَّثنا الفضلُ بن سهل، حدثنا خلف بن تميم، حدثنا موسى بن مُطَير القُرشي، عن أبيه، عن أبي هريرة أنَّ أبا بكرٍ قال لابنه: يا بني، إنْ حدَث في الناس حَدثٌ فأتِ الغار الذي رأيتني اختبأتُ فيه أنا ورسولُ اللَّه ﷺ فكُنْ فيه، فإنَّه سيأتيك فيه رزقك غدوة وعشية (٤) . ثم قال البزَّار: لا نعلم يرويه غير خلف بن تميم. قلت: وموسى بن مُطَير هذا ضعيفٌ متروك، وكذَّبه يحيى بن معين فلا يُقْبَلُ حديثه واللَّه أعلم. وقد ذكر يونس بن بُكير عن محمد بن إسحاق أنَّ الصدِّيق قال في دخولهما الغار، وسَيْرهما بعد ذلك وما كان من قصة سُرَاقة كما سيأتي شعرًا فمنه قوله: [من البسيط] قال النبيُّ -ولم أجزَعْ- يوقِّرني … ونحنُ في سُدُفٍ (٥) من ظُلمة الغارِ لا تخشَ شيئًا فإنَّ اللَّه ثالثُنا … وقد توكَّل لي منهُ بإظهار وقد روى أبو نعيم هذه القصيدة من طريق زياد عن محمد بن إسحاق فذكرها مطوَّلةً جدًّا، وذكر معها قصيدة أخرى (٦) واللَّه أعلم.
(١) في مسنده (١/ ٤) رقم (١١). (٢) فتح الباري (٣٦٥٣) فضائل الصحابة باب مناقب المهاجرين وفضلهم؛ وصحيح مسلم (١ - ٢٣٨١) فضائل الصحابة باب من فضائل أبي بكر. (٣) مسند البزار (١٠٢). (٤) في ح: بكرة وعشيا. (٥) في دلائل النبوة لأبي نعيم (٢/ ٤٣٢) في سدنة. (٦) لأبي بكر أيضًا ومطلعها: =

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