Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans la direction du visage du Prophète (ﷺ), elle le couvrait, et il est dit que Dieu envoya l’araignée qui tissa ce qu’il y avait entre eux, masquant ainsi le visage du Messager de Dieu (ﷺ). Puis Dieu ordonna à deux colombes sauvages (1) de s’approcher en battant des ailes jusqu’à ce qu’elles se posent entre la toile d’araignée et l’arbre. Les jeunes gens de Quraysh arrivèrent alors, un homme de chaque clan, munis de leurs bâtons, arcs et gourdins. Lorsqu’ils furent à environ deux cents coudées du Messager de Dieu (ﷺ), leur guide – Suraqa ibn Malik ibn Juʿshum al-Mudliji – leur montra un rocher, puis déclara qu’il ne savait plus où avait pu se poser le pied du Prophète.

Les jeunes gens dirent : « Tu ne t’es pas trompé de la nuit, jusqu’à ce que nous soyons au matin. » Il répondit : « Regardez dans la grotte. » Ils s’élancèrent donc, et lorsqu’ils furent à une cinquantaine de coudées du Prophète (ﷺ), ils aperçurent les deux colombes sauvages à l’entrée de la grotte et rebroussèrent chemin. Ils lui demandèrent : « Qu’est-ce qui t’a fait renoncer à regarder dans la grotte ? » Il expliqua : « J’ai vu deux colombes sauvages à l’entrée de la grotte, j’ai su alors qu’il n’y avait personne à l’intérieur. » Le Prophète (ﷺ) entendit ces propos et comprit que Dieu, par ces deux colombes, avait détourné d’eux le danger. Il pria alors pour elles (2) – c’est-à-dire qu’il les bénit – et Dieu les emmena (3) vers le sanctuaire ; elles y firent leur nid, comme vous pouvez le constater.

Ce hadith est extrêmement rare dans cette chaîne de transmission. Al-Hafiz Abu Nuʿaym (4) l’a rapporté d’après Muslim ibn Ibrahim et d’autres, par le biais de ʿAwn ibn ʿAmr – surnommé ʿUwayn – avec la même chaîne de transmission. Il y est aussi mentionné que tous les pigeons de La Mecque descendent de ces deux colombes. Dans ce hadith, il est dit que l’homme qui suivit la trace du Prophète pour Quraysh est Suraqa ibn Malik al-Mudliji. Al-Waqidi rapporte, quant à lui, de Moussa ibn Muhammad ibn Ibrahim, selon son père, que celui qui leur suivit la trace était Kurz ibn ʿAlqama. Je dis qu’il est possible que tous deux aient suivi la piste (5). Dieu sait mieux.

Dieu – exalté soit-Il – a dit : « S’ils ne vous portent pas secours, Dieu l’a déjà secouru lorsque ceux qui ont rejeté la foi l’ont contraint à partir, alors qu’il n’était que le deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte, il dit à son compagnon : “Ne t’afflige pas, car Dieu est avec nous.” Dieu fit alors descendre Sa sérénité sur lui et le renforça par des troupes que vous ne vîtes pas, et Il abaissa la parole de ceux qui avaient rejeté la foi, tandis que la parole de Dieu demeure la plus haute, et Dieu est Puissant et Sage » (Sourate At-Tawbah, 9 : 40).

Dieu s’adresse ici en reproche à ceux qui ne s’étaient pas joints au combat aux côtés du Messager : « S’ils ne vous portent pas secours… » – c’est-à-dire que le secours de Dieu suffit, tout comme Il l’avait déjà aidé « lorsque ceux qui ont rejeté la foi l’ont contraint à partir », c’est-à-dire les polythéistes mecquois, le forçant à fuir, n’étant accompagné que de son seul compagnon et ami Abou Bakr. C’est pour cela que Dieu dit : « le deuxième de deux, quand ils étaient dans la grotte », signifiant qu’ils y trouvèrent refuge et y demeurèrent trois jours pour que la traque se calme. En effet, lorsque les polythéistes ne le retrouvèrent plus, ils menèrent des recherches dans toutes les directions et promirent une récompense de cent chamelles à qui ramènerait le Prophète ou son compagnon. Ils suivirent leurs traces, puis celles-ci se mêlèrent, et celui qui menait l’enquête pour Quraysh n’était autre que Suraqa ibn Malik ibn

(1) Dans le manuscrit H et le résumé d'Ibn Manẓūr : «Ils se dirigèrent pour enterrer jusqu'à ce qu'ils tombèrent», et ce qui est confirmé dans le manuscrit Ṭ est «ils enterrèrent» ; cela signifie qu'ils agitaient leurs ailes. (2) Dans S : «elle nomma avec le sīn», les deux formes sont correctes ; et Ibn al-ʿAthīr a dit : «l'orthographié avec la lettre ʿajamiyya est la plus haute», ce qui relève d'une invocation de bien et de bénédiction suprême (2/397 et 499). (3) Dans le résumé d'Ibn Manẓūr : «il les prit». (4) Dans Dalāʾil al-Nubuwwa, vol. 2, p. 419. (5) Dans H : «ils adoptèrent la mesure précise».
في وَجْهِ النبيِّ ﷺ تسترُه، وأنَّ اللَّه بعث العنكبوتَ فنسجَتْ ما بينهما، فسترَتْ وجه رسولِ اللَّه ﷺ ، وأمرَ اللَّهُ حمامتَيْن وحشيَّتَيْن فأقبلتا (١) تدِفَّان حتى وقعتا بين العنكبوت وبين الشجرة، وأقبلَ فتيانُ قريش من كلِّ بطنٍ منهم رجل، معهم عِصِيُّهم وقِسِيُّهم وهراواتُهم، حتى إذا كانوا من رسولِ اللَّه ﷺ قَدْرَ مئتي ذراع قال الدليل -وهو سُرَاقةُ بن مالك بن جُعْشُم المُدْلجي-: هذا الحَجَر ثم لا أدري أين وضع رجله. فقال الفتيان: أنت لم تخطئ منذ الليلة، حتى إذا أصبحنا. قال: انظروا في الغار. فاستبقه القومُ حتى إذا كانوا من النبيِّ ﷺ قَدْرَ خمسين ذراعًا، فإذا الحمامتان، فرَجَعَ. فقالوا: ما ردَّكَ أن تنظر في الغار؟ قال: رأيتُ حمامتين وحشيتين بفم الغار، فعرفتُ أنْ ليس فيه أحد. فسمعَها النبيُّ ﷺ فعرف أنَّ اللَّه قد دَرَأ عنهما بهما، فشمَّت (٢) عليهما -أي برَّك عليهما- وأحْدَرهما (٣) اللَّه إلى الحرم فأفرخا كما ترى. وهذا حديث غريبٌ جدًّا من هذا الوجه. قد رواه الحافظ أبو نُعيم (٤) من حديث مسلم بن إبراهيم وغيره، عن عَوْن بن عمرو -وهو الملقَّب بِعُوَين- بإسناده مثله. وفيه أن جميعَ حمام مكة من نسل تيك الحمامتَيْن. وفي هذا الحديث أنَّ القائف الذي اقتفى لهم الأثر سراقةُ بن مالك المُدْلجي. وقد روى الواقدي عن موسى بن محمد بن إبراهيم، عن أبيه، أنَّ الذي اقتفى لهم الأثر كُرْز بن علقمة. قلت: ويحتمل أن يكونا جميعًا اقتفيا (٥) الأثر واللَّه أعلم. وقد قال اللَّه تعالى: ﴿إِلَّا تَنْصُرُوهُ فَقَدْ نَصَرَهُ اللَّهُ إِذْ أَخْرَجَهُ الَّذِينَ كَفَرُوا ثَانِيَ اثْنَيْنِ إِذْ هُمَا فِي الْغَارِ إِذْ يَقُولُ لِصَاحِبِهِ لَا تَحْزَنْ إِنَّ اللَّهَ مَعَنَا فَأَنْزَلَ اللَّهُ سَكِينَتَهُ عَلَيْهِ وَأَيَّدَهُ بِجُنُودٍ لَمْ تَرَوْهَا وَجَعَلَ كَلِمَةَ الَّذِينَ كَفَرُوا السُّفْلَى وَكَلِمَةُ اللَّهِ هِيَ الْعُلْيَا وَاللَّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌ﴾ [التوبة: ٤٠] ، يقول تعالى مُؤَنِّبًا لمنْ تخلَّف عن الجهاد مع الرسول: ﴿إِلَّا تَنْصُرُوهُ﴾ أنتم فإنَّ اللَّه ناصِرُه ومؤيِّدُه ومظفِّره كما نصَرَهُ ﴿إِذْ أَخْرَجَهُ الَّذِينَ كَفَرُوا﴾ من أهلِ مكة هاربًا ليس معه غيرُ صاحبه وصديقِه أبي بكر، ليس معه غيره، ولهذا قال: ﴿ثَانِيَ اثْنَيْنِ إِذْ هُمَا فِي الْغَارِ﴾ أي: وقد لجأ إلى الغارِ فأقاما فيه ثلاثةَ أيام ليسْكُنَ الطلبُ عنهما، وذلك لأنَّ المشركين حين فقدوهما كما تقدَّم ذهبوا في طلبهما كلَّ مذهب من سائر الجهات، وجعلوا لمن ردَّهما -أو أحدَهما- مئةً من الإبل، واقتصُّوا آثارهما حتى اختلط عليهم، وكان الذي يقتصُّ الأثر لِقُرَيش سُرَاقة بن مالك بن
(١) في ح: ومختصر ابن منظور: فأقبلا يدفَّان حتى وقعا، والمثبت من ط وتدفان: تحركان أجنحتهما. (٢) في س: فسمَّت. بالسين وكلاهما صحيح، وقال ابن الأثير: والمعجمة أعلاهما وهو من الدعاء بالخير والبركة النهاية (٢/ ٣٩٧ و ٤٩٩). (٣) في مختصر ابن منظور: فأخذهما. (٤) في دلائل النبوة (٢/ ٤١٩). (٥) في ح: اقتصّا.

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